DES AC­TEURS EN­CORE SUR LE PIED DE GUERRE

Rares sont les films is­sus d’Hol­ly­wood, mecque de la jeu­nesse éter­nelle où l’âge moyen des ac­teurs est d’à peu près 65 ans. En­core moins quand il s’agit d’un film d’ac­tion. Avec Willis, Mir­ren, Mal­ko­vich, Drey­fus et Mor­gan comme têtes d’af­fiche, le film R

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Marie-Joëlle Pa­rent

« Est-ce que la dis­tri­bu­tion vous a im­pres­sion­né? », dit d’em­blée Mor­gan Free­man, 73 ans. « Moi aus­si », ré­pond-t-il fiè­re­ment. Le cas­ting de RED (acro­nyme pour

re­ti­red and ex­tre­me­ly dan­ge­rous), en salles le 15 oc­tobre, rap­pelle la for­mule d’O

cean’s Ele­ven ou plus ré­cem­ment de Les sa­cri­fiés. Sum­mit En­ter­tain­ment a réus­si à ras­sem­bler une bro­chette d’ac­teurs de re­nom pour cette comédie d’ac­tion : Bruce Willis, Mor­gan Free­man, Ma­ry-Louise Par­ker, He­len Mir­ren, John Mal­ko­vich, Karl Ur­ban, Brian Cox, Ri­chard Drey­fuss, sans ou­blier Er­nest Bor­gnine qui tra­vaille tou­jours à 93 ans. Ils jouent des agents de la CIA à la re­traite.

Pour ces ac­teurs d’âge mûr, il n’est pas ques­tion pour l’ins­tant de fer­mer bou­tique. « Vous me de­man­dez, une fois que j’au­rai 90 ans et que je n’au­rai pas de bou­lot, ce que je fe­rai? », de­mande Mor­gan Free­man dont la main gauche est en­core pa­ra­ly­sée par le vilain ac­ci­dent de voi­ture qu’il a su­bi au Mis­sis­sip­pi, en août 2008.

« Je suis comme George Burns, je m’at­tends à tra­vailler pas­sé 90 ans. On trou­ve­ra tou­jours un moyen de me faire jouer, même si c’est pour in­ter­pré­ter un ca­dav- re.re. Les gens qui ont hâte à la re­traite n’ont sû­re­ment pas au­tant de plai­sir que j’en ai », dit-il.

« Jouer pour moi n’a ja­mais été un tra­vail », ré­pond un Bruce Willis fraî­che­ment­ment dé­bar­qué d’un tour­nage en Es­pagne et clai­re­ment af­fec­té par le dé­ca­lage ho­raire. « Nous vieillis­sons tous. Au­tant en ti­rer le meilleur », ajoute-t-il. Et pour John Mal­ko­vich? « Me voyez-vous vrai­ment jouer au golf? » Le mes­sage est clair.

RÉ­FLEXION SUR­LA RE­TRAITE

RED, film adap­té de la bande des­si­née culte du même nom (DC Comics, 2003), se veut une ré­flexion sur ces aî­nés que l’on force à la re­traite et que l’on ou­blie, même s’ils ont ren­du ser­vice à leur pa­trie au pé­ril de leur vie. Ce film se veut aus­si un pied de nez aux agents de la CIA de la nou­velle gé­né­ra­tion dé­pen­dant des tech­no­lo­gies.

Ce long-mé­trage ra­conte l’his­toire de Frank Moses (Willis), un an­cien agent se­cret qui coule des jours pai­sibles après une illustre car­rière. Il tombe amou­reux au té­lé­phone d’une fonc­tion­naire du gou­ver­ne­ment,ver­ne­ment, Sa­rah (Ma­ry-Louise Par­ker). Chaque mois, il dé­chire son chèque de pen­sion, un pré­texte pour l’ap­pe­ler.

Le rôle sem­blait fait sur me­sure pour Bruce Willis. La res­sem­blance avec l’illustration de la BD est fla­grante. Dans une scène du film, le per­son­nage de Ma­ry-Louise Par­ker lui ba­lance même : « J’es­pé­rais que tu aies des che­veux. »

La re­traite de Moses est cham­bou­lée quand on tente de l’as­sas­si­ner chez lui. Comme il est sur écoute, il craint aus­si pour la sé­cu­ri­té de Sa­rah et c’est pour­quoi il dé­cide de la kid­nap­per. Il ras­semble son équipe des vieux jours pour dé­cou­vrir pour­quoi on cherche à l’éli­mi­ner. On y trouve Joe (Mor­gan Free­man), confi­né dans une mai­son de re­traite, Mar­vin (John Mal­ko­vich), de­ve­nu pa­ra­noïaque après s’être fait ad­mi­nis­trer par

la CIA une dose quo­ti­dienne de LSD pen­dant 11 ans, Ivan (Brian Cox), le vieil es­pion russe, et Vic­to­ria (He­len Mir­ren), ex­perte des armes qui gère un Bed and Break­fast.

Leur aven­ture les mè­ne­ra au siège so­cial de la CIA pour y dé­cou­vrir l’im­pli­ca­tion dans un scan­dale du vice-pré­sident qui res­semble beau­coup à Dick Che­ney, le bras droit de George Bush.

Le réa­li­sa­teur Robert Sch­wentke et le pro­duc­teur Lo­ren­zo di Bo­na­ven­tu­ra ne s’en cachent pas : « C’était clair de­puis le dé­but que Ri­chard Drey­fruss s’ins­pi­re­rait de Dick Che­ney. »

LASURPRISEMIRREN

He­len Mir­ren est pro­ba­ble­ment la plus grande sur­prise de la dis­tri­bu­tion. On la voit ma­nier des mi­trailleuses de ca­libre 50 en robe blanche du soir et en ta­lons hauts. « Le plus dif­fi­cile a été de ca­cher mon dé­goût alors que je ti­rais avec les armes à feu », dit Mir­ren, en avouant au pas­sage qu’elle s’est ins­pi­rée de Mar­tha Ste­wart pour com­po­ser son per­son­nage.

« C’est tou­jours bien d’avoir une source d’ins­pi­ra­tion pour bâ­tir un per­son­nage. Sou­dai­ne­ment, j’ai eu cet éclair : j’ai dé­ci­dé de tout ba­ser sur Mar­tha Ste­wart, ses che­veux, ses vê­te­ments. Je trouve qu’elle com­bine par­fai­te­ment gé­né­ro­si­té et gen­tillesse avec une in­croyable ef­fi­ca­ci­té et qu’elle a aus­si beau­coup d’ha­bi­le­té à se concen­trer pour s’as­su­rer que le tra­vail est bien fait », confie Mir­ren.

Ce rôle pour Mir­ren est une fa­çon de prou­ver qu’elle peut jouer autre chose que des reines : elle a in­ter­pré­té les deux reines Elizabeth. « On conquiert ses an­goisses en se pla­çant dans des si­tua­tions ri­di­cules. J’en avais as­sez qu’on me dise que j’étais une ac­trice confi­née aux rôles royaux. »

John Mal­ko­vich, Mor­gan Free­man et Bruce Willis sont les hé­ros mas­cu­lins de ce film d’ac­tion.

La sur­prise de la dis­tri­bu­tion est sans au­cun doute He­len Mir­ren.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.