Ma­ry-Louise Par­ker, sans fausse pu­deur

Elle est pour la lé­ga­li­sa­tion de la ma­ri­jua­na aux États-Unis. Elle ap­puie une école se­con­daire pour gais, les­biennes, bi­sexuels et trans­genres à New York. Elle n’hé­site pas à se dé­vê­tir pour la ca­mé­ra à 46 ans. Elle avoue avoir du mal à conci­lier tra­vail

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Marie-Joëlle Pa­rent Agence QMI

« Bon­jour, com­ment al­lez-vous? » Pre­mière sur­prise, Ma­ry-Louise Par­ker parle quelques mots de fran­çais. Son père étant dans l’ar­mée amé­ri­caine, elle a pas­sé son en­fance entre la France, l’Allemagne et la Thaï­lande.

« J’aime beau­coup Mon­tréal, pour­suit-elle en an­glais. J’y ai tour­né Les chro­niques de Spi­der­wick. J’aime le froid. J’ai trou­vé la ville sombre, sexy et eu­ro­péenne. Je ne suis ja­mais al­lée à Prague, mais c’est comme ce­la que je l’ima­gine. »

Par­ker n’est pas is­sue du même moule que l’ac­trice hol­ly­woo­dienne ty­pique. Elle s’ex­prime de fa­çon conte­nue, sans grands dé­bor­de­ments ex­pres­sifs, mais sur­tout sans filtre, ce qui est plu­tôt ra­fraî­chis­sant, sur­tout quand vient le mo­ment de dis­cu­ter sub­stances illi­cites. Elle est lu­na­tique et a un sens de l’hu­mour à la Da­vid Let­ter­man. Bref, 25 ans pas­sés à New York ont lais­sé une marque.

« C’est pour­quoi je suis bien à New York. Les per­sonnes po­pu­laires dans les écoles d’art dra­ma­tique s’en vont toutes en Ca­li­for­nie. Je n’étais pas le genre à faire des pu­bli­ci­tés et je vou­lais tel­le­ment faire du théâtre, qu’al­ler à Los An­geles n’était pas une op­tion », dit celle qui a fait ses dé­buts sur Broad­way et qui a ga­gné un Em­my et un Gol­den Globe pour sa per­for­mance dans An­gels In Ame­ri­ca.

Le per­son­nage qui l’a réel­le­ment pro­je­tée à l’avant-scène est ce­lui de Nan­cy Bot­win dans la sé­rie Weeds, qui vient de com­men­cer sa sixième sai­son. Par­ker y in­carne une mère de fa­mille mo­no­pa­ren­tale qui se met à vendre du pot après la mort de son ma­ri pour faire vivre sa fa­mille.

Ce per­son­nage lui colle à la peau dans la vie quo­ti­dienne. Par­ker ne passe pas une jour­née sans qu’on ne l’ap­proche pour lui don­ner de la ma­ri­jua­na. « Ça m’est ar­ri­vée hier alors que j’étais au res­tau­rant avec les en­fants. »

Nor­ma­le­ment, elle re­file tous les pe­tits sa­chets à des amis. Par­ker avoue ne pas fu­mer la ma­ri­jua­na. Elle conserve ce­pen­dant les su­cettes de can­na­bis, au cas où.

Par­ker l’a dé­jà dit et le re­dit en­core : « Je suis en fa­veur de la lé­ga­li­sa­tion du pot. On peut faire beau­coup plus de dom­mages en condui­sant une voi­ture après avoir pris deux verres d’al­cool. Il y au­rait beau­coup moins d’ac­ti­vi­tés illé­gales et c’est un pro­duit plus sain. »

Par­ker fait preuve de can­deur quand je lui de­mande com­ment elle jongle avec une car­rière sous les pro­jec­teurs et son rôle de mère. « Com­ment je jongle? Pas très bien. J’ai­me­rais dire le contraire, mais je ne le peux pas. Au­jourd’hui par exemple, j’étais en re­tard parce que mon fils était ma­lade. Je me sen­tais vrai­ment mal de ve­nir ici, ce ma­tin. Je me sens vrai­ment cou­pable cer­taines fois, mais je n’ar­rive ja­mais à me dé­ta­cher même si j’ai de l’aide. »

Et com­ment ex­plique-t-elle à ses en­fants pour­quoi tout le monde veut lui re­fi­ler des sub­stances illi­cites dans la rue? « Ma fille est trop jeune. Mais mon fils sait que je joue une vi­laine femme, mais il pense qu’il s’agit d’une émis­sion sur le jar­di­nage. »

ET DANS RED

Pour en ve­nir au su­jet de notre ren­contre, le film RED, Par­ker y in­carne Sa­rah, une femme à la vie pla­to­nique qui rêve de voyages, as­sise à son bu­reau de fonc­tion­naire. Elle s’évade grâce aux ro­mans Har­le­quin et aux ap­pels d’un cer­tain Frank Moses (Bruce Willis), un re­trai­té qui la contacte chaque mois pour lui dire qu’il n’a pas re­çu son chèque de pen­sion. Mais ce n’est qu’un pré­texte pour lui faire la cour. Moses étant un an­cien agent de la CIA pour­chas­sé, elle se re­trouve im­pli­quée dans une ro­cam­bo­lesque his­toire d’es­pion.

« Ha­bi­tuel­le­ment, ce n’est pas le genre de film dans le­quel je joue », dit d’em­blée Par­ker. Dans une des scènes, elle dé­boule une col­line. « Je pré­fé­re­rais lire un mo­no­logue de dix pages plu­tôt que de faire ce­la, mais je me suis amu­sée. Je me suis mise dans la tête qu’il s’agis­sait d’une comédie lou­foque sem­blable à celles des an­nées 30 ou 40 et d’une his­toire d’amour à l’an­cienne où les re­la­tions se tissent au­tour des vul­né­ra­bi­li­tés des per­son­nages plu­tôt que de leur at­ti­rance phy­sique. » Elle est pro­ba­ble­ment le seul per­son­nage du film à ne pas ma­nier une arme. « Je re­fuse de me trou­ver dans une pièce où il y a une arme. »

Ma­ry-Louise Par­ker.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.