Un dé­sastre, tout sim­ple­ment

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Jim Slotek Agence QMI

Film de Greg Ber­lan­ti met­tant en ve­dette Ka­the­rine Hei­gl, Josh Du­ha­mel, Josh Lu­cas, Ch­ris­ti­na Hen­dricks, An­dy Bu­ck­ley, Me­lis­sa McCar­thy et Reg­gie Lee. À l’af­fiche. TO­RON­TO | En al­lant voir le film La vie, tout sim­ple­ment, une comédie ro­man­tique sur fond de merde de bé­bés, j’ai es­sayé d’ou­blier le fait que les pro­ta­go­nistes de ce film, Ka­the­rine Hei­gl et Josh Du­ha­mel, ont joué dans les deux pires co­mé­dies ro­man­tiques de l’an der­nier (La vé­ri­té toute crue et C’était à Rome). Je pense que tout le monde a droit à un nou­veau dé­part, non? No­nobs­tant la merde de bé­bés.

Pour ceux qui au­raient re­mar­qué des si­mi­li­tudes entre les pré­misses des co­mé­dies ro­man­tiques des der­nières an­nées, voi­ci quelques-uns des cli­chés sur les­quels

La vie, tout sim­ple­ment s’ap­puie. Et les bé­quilles sont nom­breuses.

Les per­son­nages in­ter­pré­tés par Hei­gl et Du­ha­mel se sont d’abord dé­tes­tés avant de for­mer un couple – je veux dire VRAI­MENT dé­tes­té.

Le point culmi­nant du film se dé­roule dans un aé­ro­port, alors qu’un des pro­ta­go­nistes dé­joue la sé­cu­ri­té pour ten­ter d’em­pê­cher l’avion dans le­quel se trouve l’amour de sa vie de dé­col­ler. J’ai même en­ten­du des gens sou­pi­rer d’exas­pé­ra­tion lors de la pro­jec­tion.

Entre les deux, on re­cense une longue liste de lieux com­muns de co­mé­dies ro­man­tiques, par­mi les­quels, et non le moindre, ce­lui vou­lant que les per­sonnes les plus seules au monde soient de su­perbes femmes cé­li­ba­taires. Dans vos rêves!

L’in­trigue? Pe­ter et Al­li­son sont les heu­reux pa­rents de la pe­tite Sophie. Leurs meilleurs amis res­pec­tifs, Mes­ser (Du­ha­mel) et Hol­ly (Hei­gl) ont dé­jà eu en­semble un ren­dez-vous ga­lant, qui a la­men­ta­ble­ment foi­ré. Même s’ils se mé­prisent mu­tuel­le­ment, ils sont for­cés de s’en­du­rer afin de main­te­nir leurs ami­tiés res­pec­tives avec Pe­ter et Al­li­son (et pour gâ­ter Sophie).

C’est alors que l’im­pen­sable se pro­duit. Leurs amis Pe­ter et Al­li­son les dé­si­gnent tous les deux comme étant les gar­diens de Sophie, ceux qui se­ront res­pon­sables d’elle ad­ve­nant qu’un mal­heur sur­vienne. Dans un tel cas, l’en­tente sti­pule qu’ils doivent re­non­cer à leur do­mi­cile et dé­mé­na­ger en ban­lieue, et ce, en­semble tous les deux. Ils doivent ap­prendre à chan­ger des couches (la merde semble d’ailleurs être le seul su­jet co­mique sur le­quel les scé­na­ristes sont ca­pables d’écrire dans un film por­tant sur des bé­bés. Ça et le vo­mi).

Tout ce­la fait du moins bien rire Mes­ser, dé­peint comme étant le di­rec­teur d'un ré­seau de sports pro­met­teur. Pen­dant ce temps, Hol­ly tente de cour­ti­ser un mé­de­cin, un pé­diatre nom­mé Sam (Josh Lu­cas). Avec qui Hol­ly ter­mi­ne­ra-t-elle? Mes­ser ou Sam? Mon Dieu, le sus­pense me tue.

Ce n’est pas les co­mé­dies ro­man­tiques sur fond de bé­bés ne sont pas un genre ci­né­ma­to­gra­phique lé­gi­time de­vant un gros bol de pop-corn. Mais ce film en­dor­mant sur une vie fa­mi­liale pré­fa­bri­quée fait presque pa­raître pour de l’art le film de 1989 De quoi je me mêle?

Le réa­li­sa­teur Greg Ber­lan­ti ne semble pas plus sa­voir quoi faire avec les bé­bés que les scé­na­ristes. Les en­fants sont mi­gnons, certes, mais la pe­tite Sophie (jouée par des tri­plettes, en fonc­tion de leur ho­raire de siestes) ne de­vient pas la co­que­luche du film comme la pré­misse le laisse en­tendre. En fait, je ne pense pas avoir vu un film de bé­bés souf­frant à ce point d’un manque de mo­ments at­ten­dris­sants ou de ré­ac­tions im­promp­tues, propres aux tout-pe­tits. Le film s’en tient plu­tôt au ca­ca et au vo­mi, ce qui est à mon avis le signe d’une réa­li­sa­tion hé­si­tante, qui ne fait pas place aux mo­ments amu­sants et char­mants qui ponc­tuent le quo­ti­dien d’un bé­bé et de ses pa­rents dans La vie, tout

sim­ple­ment.

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