Un jeu qui rend ac­cro

Des jeux comme Ci­vi­li­za­tion V de­vraient être ac­com­pa­gnés d’un aver­tis­se­ment. Pas du genre émis par le En­ter­tain­ment Soft­ware Ra­ting Board pour pré­ve­nir les pa­rents de conte­nu pour adultes dans des jeux vi­déo, mais plu­tôt comme les aver­tis­se­ments af­fi­chés

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA -

Cin­quième mou­ture d’une sé­rie de jeux de stra­té­gie qui a consom­mé des mil­liers d’heures-hommes de­puis son lan­ce­ment en 1991, Ci­vi­li­za­tion V est sans conteste le meilleur du lot. Les as­pects fon­da­men­taux du jeu de­meurent in­tacts, de nou­veaux concepts in­té­res­sants font leur ap­pa­ri­tion et l’on a fait dis­pa­raître ce qui ne fonc­tion­nait pas tout à fait dans Ci­vi­li­za­tion IV (2005).

Es­sen­tiel­le­ment, il s’agit du même bon jeu Ci­vi­li­za­tion au­quel nous sommes fa­mi­liers. Le joueur dé­bute avec un co­lon sur une carte du monde obs­cur­cie par le brouillard, l’ob­jec­tif étant d’éta­blir une ville, d’en ac­croître la po­pu­la­tion, de gé­né­rer des éclai­reurs et plus de co­lons, d’ex­plo­rer, de fon­der de nou­velles villes, de dé­ve­lop­per des in­dus­tries, de faire avan­cer la tech­no­lo­gie, d’éta­blir des re­la­tions avec d’autres ci­vi­li­sa­tions et de conqué­rir le monde en quelques mil­lé­naires. En­fan­tin.

Voi­là en fait l’ac­com­plis­se­ment prin­ci­pal de cette ver­sion : mal­gré la com­plexi­té de tous ses sys­tèmes en­tre­mê­lés, il n’est pas dif­fi­cile de s’y re­trou­ver dans Ci­vi­li­za­tion V. On peut bien sûr éle­ver le ni­veau de dif­fi­cul­té du jeu pour af­fron­ter d’im­pi­toyables ad­ver­saires in­for­ma­tiques (ou hu­mains) et gé­rer son em­pire dans le moindre dé­tail. Le jeu peut être aus­si com­plexe que sou­hai­té.

Outre la ri­chesse de son vi­suel et de sa trame so­nore, Ci­vi­li­za­tion V offre une ex- pé­rience plus ac­ces­sible que ses pré­dé­ces­seurs, in­tro­dui­sant entre autres de nou­veaux concepts qui per­met­tront aux joueurs moins dé­diés de sai­sir la mé­ca­nique du jeu sans se sen­tir dé­pas­sés. L’in­ter­face s’avère fort in­tui­tive, ce qui sur­prend avec la quan­ti­té d’in­for­ma­tion à trai­ter.

LE JOUEUR DÉ­CIDE

Le joueur dé­cide de l’angle du jeu. Il peut par exemple ef­fec­tuer des re­cherches en tech­no­lo­gie mi­li­taire par époque et ac­cé­der à une pa­no­plie d’armes et de sol­dats, des ar­chers et guer­riers ar­més de pieux du pas­sé aux bombes nu­cléaires et ro­bots meur­triers ac­tuels, pour do­mi­ner le monde par la force. Il peut aus­si for­ger des re­la­tions avec des chefs mon­diaux comme la reine Éli­sa­beth, Na­po­léon et Cé­sar et mettre sur pied une as­sem­blée pa­ci­fique des Na­tions unies. Ou en­core, lan­cer un vais­seau stel­laire vers Al­pha du Centaure, rem­por­ter une vic­toire cultu­relle par le biais de po­li­tiques so- ciales avant-gar­distes, etc. Peu de jeux s’adaptent à la per­son­na­li­té du joueur comme le font les titres Ci­vi­li­za­tions.

Cer­tains pu­ristes de la sé­rie s’of­fus­que­ront des chan­ge­ments ap­por­tés par Ci­vi­li­za­tion V, comme l’im­pos­si­bi­li­té nou­velle d’ac­cu­mu­ler des uni­tés mi­li­taires dans un même en­droit. Il ne faut pas y prê­ter trop d’at­ten­tion. Voi­ci un jeu Ci­vi­li­za­tion qui trouve un juste équi­libre entre se faire ac­ces­sible aux joueurs oc­ca­sion­nels et of­frir aux am­bi­tieux la pos­si­bi­li­té de per­son­na­li­ser le jeu à son gré et de par­ta­ger en ligne les va­riantes créées.

Nous vous sou­hai­tons donc de joyeuses conquêtes dans ces mondes si­mu­lés. Faites gaffe, vous ris­quez tou­te­fois de ne pas re­ve­nir au monde réel…

VER­DICT

De la pro­fon­deur, du plai­sir et un ré­gal vi­suel : la plus ré­cente ver­sion de cette po­pu­laire sé­rie de jeux de stra­té­gie dis­pose de tous les atouts pour plaire à une grande va­rié­té de joueurs.

CI­VI­LI­ZA­TION V

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