EN­QUÊTE dans les Can­tons-de-l’Est

Th­ree Pines, dans les Can­tons-de-l’Est, est un pe­tit coin de pa­ra­dis. Jus­qu’à ce que Jane Neal, en­sei­gnante à la re­traite, soit re­trou­vée morte dans les bois, le coeur trans­per­cé. Que s’est-il pas­sé? Qui te­nait l’arme?

Le Journal de Quebec - Weekend - - LIVRES - Louise Pen­ny Marie-France Bor­nais Le Jour­nal de Québec

C’est l’énigme que de­vra ré­soudre l’en­quê­teur Ar­mand Ga­mache, per­son­nage fé­tiche de la sé­rie de ro­mans po­li­ciers me­nés de main de maître par la Qué­bé­coise d’adop­tion Louise Pen­ny, qui a tra­vaillé comme jour­na­liste à la ra­dio an­glaise de Ra­dio-Ca­na­da avant de se lan­cer dans l’écri­ture.

Les dé­buts d’En plein coeur, un suc­cès de li­brai­rie ac­cla­mé sur la scène in­ter­na­tio­nale, n’ont pas été fa­ciles et il nous a fal­lu pa­tien­ter cinq ans avant de lire la ver­sion fran­çaise de Still

Life. « Trois an­nées se sont écou­lées entre la fin de l’écri­ture du ro­man et mon pre­mier contrat, car per­sonne n’en vou­lait », se sou­vient l’écri­vaine de Sut­ton, née à To­ron­to et ma­riée à un An­glo-Qué­bé­cois. Éton­nam­ment, Still Life a été tra­duit en ja­po­nais, en turc et en es­to­nien avant d’ar­ri­ver chez nous.

Heu­reu­se­ment, c’est main­te­nant chose faite et le livre – en ré­im­pres­sion - se re­trouve au som­met des pal­ma­rès. « Sim­ple­ment que le livre soit of­fert ici, c’est pour moi une grande joie. J’étais vrai­ment bou­le­ver­sée de voir que mes livres n’étaient pas of­ferts dans la culture où j’ai choi­si de vivre. Mes voi­sins, mes amis, tous les lecteurs d’ici ne pou­vaient pas le lire! »

En plein coeur, ré­com­pen­sé des plus pres­ti­gieux prix de lit­té­ra­ture po­li­cière, est le tout pre­mier ro­man de Louise Pen­ny. Elle s’est d’abord mise à l’écri­ture d’une sa­ga his­to­rique avant de consta­ter qu’elle se pas­sion­nait vé­ri­ta­ble­ment pour les ro­mans po­li­ciers. « J’es­sayais d’écrire pour les autres, au lieu

d’écrire pour moi. Quand j’ai écrit Still Life, j’étais à peu près cer­taine de n’être pas pu­bliée. J’avais en­vie d’un livre qui se­rait écrit et lu – par moi – dans la plus grande joie. Toutes les dé­ci­sions étaient pu­re­ment égoïstes. Et c’est ce qui a don

né En plein coeur. »

Louise Pen­ny a mis en­vi­ron deux ans pour écrire son ro­man, qu’elle fai­sait lire à un cercle d’amies cha­pitre après cha­pitre, pour s’en­cou­ra­ger. « Le pre­mier jet n’était pas fa­meux. En fait, il était hor­rible. Mais étant jour­na­liste de for­ma­tion, j’adore l’édi­tion et je sa­vais qu’en étant ca­pable de re­ve­nir sur mon texte et d’édi­ter, j’ar­ri­ve­rais à quelque chose. Pour moi, bien écrire, c’est sa­voir bien édi­ter. »

Elle a mis en scène son crime pen­dant le week-end de l’Ac­tion de grâce, en Es­trie. On y re­trouve les odeurs fa­mi­lières, les sa­veurs dé­li­cieuses, les pay­sages flam­boyants – tout ce qui ma­gni­fie le mois d’oc­tobre.

L’au­teure consi­dère d’ailleurs l’am­biance comme un per­son­nage à part en­tière. « Je vou­lais, si j’avais la chance d’être pu­bliée, que les lecteurs du monde en­tier aient un aper­çu de ce que c’est que de vivre au Québec. Cha­cun de mes quatre livres se dé­roule à une sai­son dif­fé­rente, de fa­çon à ce qu’ils aient l’im­pres­sion d’avoir dé­cou­vert toute une an­née au Québec. »

TH­REE PINES

Louise Pen­ny a créé le vil­lage de Th­ree Pines en ima­gi­nant un vil­lage où elle ai­me­rait ha­bi­ter et l’a peu­plé de vil­la­geois qu’elle sou­hai­te­rait avoir pour amis. « Il y a un sen­ti­ment de réa­lisme ma­gique à Th­ree Pines et c’est vou­lu. Je vou­lais ex­plo­rer le choc cau­sé par un crime dans un lieu aus­si calme et pai­sible. L’hor­reur est ain­si dé­cu­plée », ex­plique-t-elle.

Parce qu’il ne faut pas ré­soudre l’énigme trop vite même si on dis­pose de quan­ti­té d’in­dices, En plein coeur est se­mé de fausses pistes. « C’est une his­toire de meurtre. Mais c’est aus­si un livre qui parle des choix qu’on fait dans la vie. C’est un livre qui parle de gen­tillesse et d’ami­tié, du cou­rage d’être bon au lieu d’être cruel. »

Les pro­chains ou­vrages de Louise Pen­ny, tous tra­duits en fran­çais chez Flam­ma­rion Québec, ar­ri­ve­ront au fil des sai­sons. On re­trou­ve­ra donc Sous la glace (Dead Cold) en jan­vier 2011, puis les tra­duc­tions de The Crue­lest Month, The Murder

Stone et A Bru­tal Tel­ling. En an­glais, Louise Pen­ny lan­ce­ra à la fin oc­tobre son sixième titre, Bu­ry your Dead. L’ac­tion se dé­roule à Québec au­tour du Mor­rin Centre. Pu­bliée dans une di­zaine de langues, Louise Pen­ny a rem­por­té les prix New Blood Dag­ger, en Grande-Bretagne, An­to­ny et Bar­ry, aux États-Unis, et Ar­thur-El­lis, au Ca­na­da, tous des­ti­nés à ré­com­pen­ser le pre­mier ro­man po­li­cier. Elle a aus­si re­çu le pres­ti­gieux prix Aga­tha trois an­nées consé­cu­tives.

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