Prets à rire de nous-memes

MON­TRÉAL | Il par­ti­cipe à ses pre­mières Par­le­men­te­ries. Luc Pi­card a dit tout de suite oui à son ami Pierre Ber­nard, l’an­cien di­rec­teur du Théâtre du Quat’sous, qui lui a de­man­dé de par­ti­ci­per à ce par­le­ment du rire et de la ré­flexion unique. Et à la surp

Le Journal de Quebec - Weekend - - LA UNE - Mi­chelle Coudé-Lord MCLORD@JOUR­NALMTL.COM

Mais au quo­ti­dien, comme on le sait, l’ac­teur et réa­li­sa­teur ve­dette prend la chose po­li­tique très au sé­rieux. La grande ques­tion que posent ces

Par­le­men­te­ries 2010 se­ra: pour­quoi le ci­toyen re­fuse-t-il d’al­ler vo­ter?

« Les Par­le­men­te­ries servent à rire des tra­vers du monde po­li­tique, mais aus­si de nous-mêmes. L’ac­tua­li­té dif­fi­cile que nous vi­vons est aus­si le re­flet de qui nous sommes. Il faut aus­si sa­voir pren-dre nos res­pon­sa­bi­li­tés », af­firme en en­tre­vue au

Jour­nal Luc Pi­card. Ce der­nier croit to­ta­le­ment à l’im­pli­ca­tion du ci­toyen. « C’est trop fa­cile de blâmer tou­jours les po­li­ti­ciens pour leurs faux pas. Il re­vient à nous comme ci­toyens de prendre notre place. La po­li­tique, c’est d’abord la ges­tion de nos vies. J’ai tou­jours eu l’im­pres­sion que je fai­sais par­tie de quelque chose. »

UN PEUPLE DI­VI­SÉ

Luc Pi­card croit fer­me­ment que nous avons be­soin d’un «pro­jet com­mun».

«Nous vi­vons un vide po­li­tique in­croyable, une es­pèce de deuxième pé­riode post­ré­fé­ren­daire. Tout est noir, tout est sombre. Les fé­dé­ra­listes votent pour eux et les sou­ve­rai­nistes font la même chose, et tout est pa­ra­ly­sé. Tout est éteint et nous, on conti­nue à vivre dou­ce­ment. C’est dom­mage.»

Il trouve «in­té­res­sante» cette nou­velle force po­li­tique qui s’or­ga­nise au­tour de François Legault. «Je di­rais que c’est in­té­res­sant. Je sais pas si c’est pos­sible, mais si ça peut faire bou­ger les choses, tant mieux. Ac­tuel­le­ment, on s’enlise dans un sta­tu quo où tu ne veux pas dé­ran­ger per­sonne.»

DÉ­FOU­LE­MENT COL­LEC­TIF

Il croit que ces Par­le­men­te­ries 2010 qui ar­rivent tout de suite après la com­mis­sion Bas­ta­rache per­met­tront un beau dé­fou­le­ment col­lec­tif.

«On ne rit pas des po­li­ti­ciens, mais de leurs po­li­tiques. Je veux aus­si qu’on rie de nous-mêmes, de notre pa­resse avec ce faible taux de par­ti­ci­pa­tion aux élec­tions.»

Il s’at­tend à des ré­pliques cin­glantes de ses prin­ci­paux en­ne­mis... Laurent Pa­quin, le chef de l’op­po­si­tion, et An­dré Ro­bi­taille, qui pré­tend re­pré­sen­ter le par­ti du vrai monde.

«M’af­fi­cher li­bé­ral m’amuse. C’est pour­quoi je re­ven­di­que­rai le droit de l’im­mo­bi­lisme, de la pe­ti­tesse, avec fer­veur et droi­ture. Je veux res­ter as­sis, j’es­père que les choses ne bou­ge­ront pas. Au fond, nous al­lons nous faire du bien», conclut l’unique Luc Pi­card qui ne croyait pas un jour s’af­fi­cher li­bé­ral. Les au­teurs des Par­le­men­te­ries 2010 sont Marie-Lise Choui­nard, Da­niel Langlois, Yvon Lan­dry, Pa­co Le­bel, Ré­jean Pa­ré, Pierre Sé­vi­gny et Ch­ris­tian Viau. Le met­teur en scène est Do­mi­nic Anc­til et le di­rec­teur ar­tis­tique, Pierre Ber­nard. Une idée ori­gi­nale de Pierre Lé­ga­ré. Pre­mier ren­dez-vous au Ca­pi­tole de Québec le 24 oc­tobre jus­qu’au 26 oc­tobre et, à Mon­tréal, au Saint-De­nis du 28 au 30 oc­tobre.

PHOTO MARTIN CHE­VA­LIER

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