Nour­ri par la mu­sique et la scène

Da­niel Bé­lan­ger

Le Journal de Quebec - Weekend - - LA UNE - Da­ny Bou­chard DBOU­CHARD@JOUR­NALMTL.COM Da­niel Bé­lan­ger se­ra au Grand Théâtre de Québec, les 12 et 13 no­vembre.

Da­niel Bé­lan­ger est mon­té sur scène à Mon­tréal, pour la der­nière fois, en 2007, avec L’Échec du ma­té­riel.

« Je ne suis pas re­mon­té sur scène à Mon­tréal, mais j’ai fait une tour­née à l’été 2009. On était quatre ou cinq sur scène », dit-il, en ajou­tant qu’il n’est pas du tout ner­veux ou an­gois­sé à l’idée de son re­tour.

Les ré­pé­ti­tions de son nou­veau spec­tacle ont com­men­cé au dé­but de la se­maine der­nière.

« On le veut à l’image de l’al­bum Nous, qui est très fun­ky, tout en in­té­grant les chan­sons les moins neuves, des chan­sons qu’il y a long­temps que je n’ai pas faites en show. J’es­saie que ça soit joyeux, comme l’al­bum Nous », dé­crit l’ar­tiste.

Da­niel Bé­lan­ger ad­met qu’il y a cer­taines de ses chan­sons qu’il n’a plus en­vie de chan­ter.

« Il y a ré­gu­liè­re­ment des chan­sons que ça me tente plus de faire, et je fais une ro­ta­tion. Ça dé­pend des hu­meurs et ça n’a rien à voir avec si elle est vieille ou si elle est neuve. [...] Mais je n’ai ja­mais d’agres­si­vi­té en­vers les chan­sons que je ne fais pas comme d’autres qui disent ‘’Je ne veux plus ja­mais chan­ter ça’’. J’aime toutes mes chan­sons, mais comme j’en ai beau­coup, j’en pro­fite pour faire des pe­tites or­phe­lines, de tour­née en tour­née. Je fais des ro­ta­tions », ex­plique-t-il.

Pour cette tour­née-ci, qui l’amè­ne­ra à Mon­tréal, sur la scène du Mé­tro­po­lis, les 28 et 29 oc­tobre, Da­niel Bé­lan­ger n’a que 16 dates à son agen­da.

« C’était vou­lu comme ça. Je vou­lais al­ler en­tendre ce qu’il était pos­sible de faire avec l’al­bum Nous. Ça me fai­sait de la peine de ne pas le faire. Au dé­part, je ne de­vais pas faire de tour­née avec cet al­bum-là parce que je ne voyais pas de fe­nêtre pour le faire en 2010. [...] Ce sont des tounes faites pour le live. »

UNE PAUSE EN 2011

En jan­vier, après ses en­ga­ge­ments, le chan­teur compte s’ac­cor­der une pause.

« En jan­vier, on s’en va ré­flé­chir dans sa chambre, pour la suite des choses, confiet-il. Je ne sais pas ce que ce se­ra; un al­bum… Je ne sais pas.

Juste pour sa­voir ce que je veux vrai­ment faire sur disque. J’ai tou­jours su quoi faire, mais comme je ne manque ja­mais d’idées pour les disques, c’est tou­jours la même ques­tion qui se pose : le­quel des trois disques que j’ai en tête je veux faire. [...] Je pense bien que je vais prendre toute l’an­née pro­chaine pour y pen­ser avant de ren­trer en stu­dio. Tout est pos­sible. »

Ces der­niers mois, Da­niel Bé­lan­ger a écrit la mu­sique pour deux spec­tacles : Pa

ra­dis per­du et Belles soeurs. L’ar­tiste a beau­coup tra­vaillé, par­fois dans l’ombre, ce qui peut ex­pli­quer sa dis­cré­tion dans les mé­dias.

TRA­VAIL DE PRO­MO

« Les gens sur Fa­ce­book vont me dire : ‘’On était content de te voir, hier, on ne te voit pas sou­vent.’’ J’ai eu un com­men­taire une fois : ‘’On ne te voit plus.’’ Je n’ai ja­mais tra­vaillé plus qu’en ce mo­ment. Quand je sors, c’est vrai­ment pour al­ler si­gni­fier aux gens que je suis de re­tour avec du tra­vail.

Je fais beau­coup de pro­mo et j’aime faire de la pro­mo. Ce qu’on mé­lange, je pense, c’est quel­qu’un qui conti­nue à en faire, alors qu’il n’a plus rien à pro­mou­voir (rires.) Moi, je ne fais pas ça, et c’est pas un ju­ge­ment sur ai­mer ou pas la pro­mo. Je suis pas ca­pable d’al­ler dans un quiz pour al­ler dans un quiz. Ce n’est pas parce que je les mé­prise, c’est parce que je ne me sens pas bien là-de­dans. Je ne re­garde pas la té­lé, je ne me vois pas al­ler là pour mon plai­sir. Mais je com­prends ceux qui le font; ils le font pour le fun », ex­plique-t-il.

Da­niel Bé­lan­ger s’est pré­sen­té au pu­blic qué­bé­cois en juin 1992, il y a 18 ans.

« Il y a de plus en plus d’ap­pe­lés, et de moins en moins d’élus, et les élus, on ne sait plus com­ment les iden­ti­fier, puis­qu’on ne peut plus vrai­ment les iden­ti­fier par les ventes de disques, dit-il en ana­ly­sant le mar­ché ac­tuel. Ça doit être très, très dif­fi­cile, pour quel­qu’un qui com­mence, d’être sûr que ce qu’il fait est ai­mé. Avant, il y avait une jauge; au­jourd’hui on l’a moins. »

N’em­pêche, Da­niel Bé­lan­ger confie qu’il dé­couvre sans cesse de nou­veaux ar­tistes qui l’émer­veillent. Le der­nier en lice? Le groupe Ca­naille. « Quelque chose d’im­pro­bable pour moi ; [...] un groupe de trad, acadien, presque Loui­sia­nais, quelque chose pour le­quel je penche ra­re­ment », ad­met-il.

L’al­bum Nous est sor­ti à l’au­tomne 2009, et Da­niel Bé­lan­ger ex­plique qu’il tra­vaille sans cesse sur de nou­velles chan­sons.

« Même quand je suis en train de faire un disque, je tra­vaille sur le pro­chain, dit-il. Je n’ai pas l’an­goisse de la page blanche. Des pages blanches, j’en vis, mais elles ne m’an­goissent pas. Quand je suis de­vant une page blanche, et que ça n’ar­rive pas, je n’ai même pas à me cal­mer; je me lève, et je sors de table. Je me dis qu’un jour, ça va re­ve­nir.

La mu­sique m’a don­né beau­coup, beau­coup, beau­coup. Si elle dé­cide de me quit­ter, je se­rai dé­jà très re­con­nais­sant », conclut-il.

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