RE­VIVRE... APRÈS UN CAN­CER

Les trois der­nières an­nées ont été par­ti­cu­liè­re­ment dif­fi­ciles pour le psy­cha­na­lyste bien connu Guy Cor­neau. Au­jourd’hui en ré­mis­sion d’un can­cer, il ra­conte ses der­niers mois dans le livre Re­vivre, qu’il pu­blie aux Édi­tions de l’Homme.

Le Journal de Quebec - Weekend - - WEEKEND - Serge Drouin Le Jour­nal de Québec

Dans cet ou­vrage, l’au­teur se ra­conte sans re­te­nue et parle du can­cer dont il a été af­fli­gé. « Je suis ac­tuel­le­ment en ré­mis­sion. Se­lon les ré­sul­tats des exa­mens que j’ai pas­sés il y a quelque temps, le can­cer est main­te­nant re­ti­ré », dit le psy­cha­na­lyste. Rap­pe­lons que le can­cer qui a frap­pé Cor­neau était lo­gé dans trois ré­gions : l’es­to­mac, les pou­mons et la rate.

MO­MENTS DIF­FI­CILES

Le livre de Guy Cor­neau offre une sé­rie de pistes, d’ave­nues de gué­ri­son à tous ceux et celles qui sont at­teints de la ter­rible ma­la­die. Outre la chi­mio­thé­ra­pie, Cor­neau traite de l’at­ti­tude psy­cho­lo­gique de­vant la ma­la­die, la vi­sua­li­sa­tion, les pro­duits dits plus na­tu­rels. « Pour moi, il ne faut pas uti­li­ser l’un ou l’autre de ces moyens de gué­rir, mais plu­tôt l’un et l’autre. Je sou­hai­tais un livre utile », note-t-il.

Se­lon Guy Cor­neau, toute per­sonne qui ap­prend qu’elle a le can­cer est ca­tas­tro­phée. « C’est la fin du monde », dit-il. Dans son livre té­moi­gnage, l’au­teur rap­pelle no­tam­ment le mo­ment où il a per­du ses che­veux en pre­nant sa douche, après ses trai­te­ments de chi­mio­thé­ra­pie. Il les voyait tom­ber par poi­gnées. Il a tout de suite fait ap­pel au coif­feur Al­va­ro pour qu’il vienne lui ra­ser com­plè­te­ment le co­co.

DÉ­PRES­SION

Se­lon Guy Cor­neau, le can­cer entraîne la per­sonne ma­lade dans dif­fé­rents états : la dé­pres­sion, les sé­quelles de la chimio... « Ça a été toute une épreuve! Quand t’as une vie pu­blique, la dou­leur est dif­fé­rente. Tu veux pas­ser in­co­gni­to et tu n’as pas le goût que tout le monde te voit blême, ma­lade, le teint vert... En même temps, cette si­tua­tion te per­met de plon­ger dans une au­then­ti­ci­té. »

Se­lon l’au­teur, une per­sonne at­teinte du can­cer su­bit un grand choc, tout comme son en­tou­rage. « Pour les gens qui ac­com­pagnent, c’est l’im­puis­sance. Moi, lorsque j’ai été ma­lade, j’ai don­né des tâches à mon en­tou­rage. Je leur de­man­dais de ve­nir mar­cher avec moi dans le parc, d’exé­cu­ter cer­taines com­mis­sions... Ma mère a été cou­ra­geuse dans l’épreuve. Un mo­ment don­né, elle pre­nait ça à coeur et je lui ai dit de ces­ser, car nous se­rions deux à être ma­lades. »

GE­NE­VIÈVE BORNE

Quand Ge­ne­viève Borne a ap­pris qu’elle était at­teinte d’un can­cer du sein, elle a tout de suite té­lé­pho­né à Guy Cor­neau pour ob­te­nir son aide.

« Je connais Ge­ne­viève à cause de ma soeur Jo­hanne (Cor­neau), la peintre. Elles sont de bonnes amies et lorsque Ge­ne­viève a su qu’elle avait le can­cer, elle m’a ap­pe­lé. Ge­ne­viève Borne est une femme pro­fonde, mer­veilleuse », dit le psy­cha­na­lyste.

Au­jourd’hui, Guy Cor­neau ap­prend à ra­len­tir; prendre du temps pour sa blonde, ses amis et sa fa­mille. « J’ai des ho­raires moins char­gés; je cours moins qu’avant. J’ai ra­len­ti le pas. Ça fait deux fois que je viens près de mou­rir; je crois que j’ai com­pris », dit en ter­mi­nant Cor­neau.

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