UN RE­TOUR CONTRO­VER­SÉ

Le re­tour sur scène la se­maine der­nière du chan­teur de Noir Dé­sir a fait cou­ler beau­coup d’encre dans la presse fran­çaise et sus­ci­té de nom­breux com­men­taires sur la blo­go­sphère.

Le Journal de Quebec - Weekend - - WEEKEND -

Ber­trand Can­tat est mon­té sur scène à Bègles, en Gi­ronde, pour la pre­mière fois de­puis huit ans lors des Ren­dez-vous des Terres Neuves, un fes­ti­val crée par son groupe Noir Dé­sir. Le chan­teur a in­ter­pré­té trois titres aux cô­tés du groupe fran­çais Eif­fel avec qui il avait col­la­bo­ré sur leur plus ré­cent al­bum pa­ru en 2009. Un re­tour à la scène dont cer­tains se ré­jouissent, mais qui pro­voque chez d’autres l’in­di­gna­tion.

En 2003, Can­tat avait por­té des coups mor­tels contre sa com­pagne, l’ac­trice Marie Trin­ti­gnant, lors d’une vio­lente dis­pute. Il avait été condam­né en 2004 à huit ans de pri­son avant d’être li­bé­ré au bout de quatre ans. De­puis juillet der­nier, sa li­ber­té condi­tion­nelle a été le­vée et il est au­jourd’hui libre de ses mou­ve­ments.

Ber­trand Can­tat a donc pur­gé sa peine, aus­si mi­nime soit-elle, pour le crime qu’il a com­mis. Mais par sa faute, une femme est morte. Un crime pas­sion­nel qui n’était pas pré­mé­di­té, mais dont il est le seul res­pon­sa- ble. Les en­fants de Marie Trin­ti­gnant ont per­du une mère, et ses pa­rents, une fille. Can­tat, lui, vi­vra toute sa vie dans la culpa­bi­li­té d’avoir tué la femme qu’il ai­mait. Il a pas­sé quatre ans en pri­son et, peu im­porte le nombre d’an­nées qu’il au­rait pu faire, ce­la n’au­rait ja­mais fait re­ve­nir Marie.

RE­TOUR LÉ­GI­TIME

Se­lon la jus­tice, il a payé et main­te­nant que de­vrait-il faire? Se ter­rer chez lui, se ca­cher, ar­rê­ter de vivre, chan­ger de mé­tier, lui qui n’a tou­jours fait que de la mu­sique?

Mal­gré la gra­vi­té de son geste, il est donc lé­gi­time qu’il re­monte sur scène, que l’on soit d’ac­cord ou pas. S’il avait été peintre ou ca­mion­neur, il au­rait re­pris les pin­ceaux ou la route.

Dans les dif­fé­rents sites in­ter­net des jour­naux et ma­ga­zines fran­çais, les com­men­taires fusent évi­dem­ment de toutes parts sur ce re­tour à la scène du lea­der d’un des plus im­por­tants groupes de rock fran­çais des an­nées 1990.

Alors que plu­sieurs fans sont heu­reux de ce re­tour et es­timent que Ber­trand Can­tat a payé sa dette, d’autres sont scan­da­li­sés et ne peuvent ac­cep­ter qu’il ose re­faire de la mu­sique après avoir com­mis un tel crime.

BER­TRAND

CAN­TAT

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