Toutes ré­ac­tions CONFON­DUES

Gor­don Dow­nie ne veut lais­ser per­sonne in­dif­fé rent quand il chante, quitte à dé­plaire sou­ve­rai­ne­ment à une par­tie du pu­blic.

Le Journal de Quebec - Weekend - - MUSIQUE - Cé­dric Bé­lan­ger CEDRIC.BE­LAN­GER@JOUR­NAL­DE­QUE­BEC.COM

Après avoir lan­cé son plus ré­cent al­bum so­lo, The Grand Bounce, en juin, la fi­gure de proue du lé­gen­daire groupe ca­na­dien The Tra­gi­cal­ly Hip s’est of­fert une tour­née es­ti­vale de fes­ti­vals. Par­ti­cu­la­ri­té du pro­jet : il a joué dans des fes­ti­vals folks où les Hip n’avaient ja­mais mis les pieds au­pa­ra­vant.

« J’aime ob­te­nir un large éven­tail de ré­ac­tions. Au Folk­fest d’Ed­mon­ton, une femme met­tait ses doigts dans ses oreilles pour si­gni­fier qu’elle ne vou­lait pas en­tendre. Dé­fier les idées pré­con­çues des gens sur ce que tu es ou ce que tu de­vrais être, c’est de l’or pour un mu­si­cien. Je ne veux pas de 5 sur 10. Je veux des 2 ou des 8. Je veux une forte ré­ac­tion », dit Dow­nie, dans un en­tre­tien té­lé­pho­nique ac­cor­dé au Jour­nal de Québec en marge de son pas­sage au Cercle, le 22 oc­tobre.

« Ce qui est cool, en­chaîne-t-il, c’est de pou­voir jouer n’im­porte où, n’im­porte quand. Que ce soit dans le sous-sol d’une église, sur le toit d’un édi­fice ou dans le cul d’un élé­phant. »

REN­CONTRE DÉ­TER­MI­NANTE

C’est un peu par ha­sard si Dow­nie a ré­ac­ti­vé les Coun­try of Mi­racles, le groupe for­mé de Ju­lie Doi­ron, Josh Fin­lay­son, Dale Mor­nings­tar, Dave Clark et Dr. Pee qui l’ac­com­pagne dans ses pro­jets so­los et qui ont en­clen­ché le pro­ces­sus de créa­tion de The Grand Bounce. L’ar­tiste on­ta­rien n’avait pas fait d’al­bum so­lo de­puis sept ans et ne se des­ti­nait pas à en faire, lors­qu’il a croi­sé la route de Chris Wal­la, membre de Death Cab For Cu­tie et pro­duc­teur à ses heures.

En­chan­té par son pre­mier contact avec Wal­la, Dow­nie a ra­pi­de­ment en­vi­sa­gé une col­la­bo­ra­tion.

« Je l’aime comme per­sonne. Il est fa­ci­le­ment abor­dable, cu­rieux et en­thou­siaste à pro­pos de la mu­sique et de la vie. Après notre ren­contre, je l’ai ap­pe­lé pour lui dire qu’on de­vrait faire un disque en­semble. Il a dit O.-K. et c’était ré­glé. »

PAS UN DIC­TA­TEUR

Se­lon Dow­nie, les ses­sions d’en­re­gis­tre­ment ont été un charme et l’am­biance très con­vi­viale. Il faut dire que l’ar­tiste n’a rien d’un dic­ta­teur.

« Ça ne m’in­té­resse pas de don­ner un plan à quel­qu’un, ce qu’il va jouer avec le tem­po et tout. Je suis beau­coup plus in­té­res­sé par sa ré­ponse, sa fa­çon de ré­agir à ce qu’il fait. Je veux qu’il donne tout ce qu’il a. J’aime créer une at­mo­sphère, un en­vi­ron­ne­ment dans le­quel tous sont confor­tables, sou­te­nus et to­ta­le­ment in­té­res­sés et cu­rieux. C’est ce que j’ai ob­te­nu avec Chris et les mu­si­ciens », ex­plique ce­lui qui af­firme ne pas com­bler un vide quel­conque en dé­lais­sant les Hip pour un pro­jet so­lo.

La seule dif­fé­rence, note-t-il, ré­side dans la prise de dé­ci­sions.

« The Tra­gi­cal­ly Hip est un col­lec­tif. Quand nous sommes en­semble, tout le monde est pro­prié­taire et per­sonne ne l’est. Tout le monde est res­pon­sable et per­sonne ne l’est. Dans le cas de The Grand Bounce, ul­ti­me­ment, toutes les dé­ci­sions m’ap­par­tiennent. De la cou­leur de la cou­ver­ture de l’al­bum à la sorte de lu­mière uti­li­sée. Tout. » Gor­don Dow­nie se­ra en spec­tacle au Cercle, à Québec, le 22 oc­tobre, et au Na­tio­nal, à Mon­tréal, le 23 oc­tobre.

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