Le sou­ci du DÉ­TAIL

À l’écou­ter par­ler, on a l’im­pres­sion que le jeune au­teur-com­po­si­teur Alexandre Pou­lin dort la lu­mière al­lu­mée, en ré­fé­rence au titre de son nou­vel al­bum qu’il a peau­fi­né et re­peau­fi­né avec un sou­ci du dé­tail qui fait sa par­ti­cu­la­ri­té.

Le Journal de Quebec - Weekend - - MUSIQUE - Pierre O. Na­deau PIERRE.NA­DEAU@JOUR­NAL­DE­QUE­BEC.COM

« Pour moi, la moindre vir­gule a son im­por­tance », illustre le chan­teur, qui crée cha­cune de ses chan­sons à la fa­çon d’un court mé­trage, s’écar­tant de l’ha­bi­tuelle zone de confort pour fa­bri­quer des chan­sons sou­vent sans re­frain, « his­toire de don­ner tout le poids à une chan­son pour que son ré­cit s’étire sans in­ter­rup­tion ».

En sou­riant, il parle de ses nuits d’in­som­nie « seule­ment pour ajus­ter quelques notes de gui­tare ». Et c’est sans comp­ter les longues heures at­ta­blées dans la cui­sine à ré­pondre à ses pul­sions d’ins­pi­ra­tion du mo­ment. « Pour moi, chaque chan­son re­pré­sente un tra­vail d’ar­ti­san. Mais aus­si un exer­cice d’amour et de so­li­tude », ajoute l’au­teur de nou­velles pièces par­ti­cu­liè­re­ment fi­gno­lées et émou­vantes, comme l’air pla­nant de Quand le so­leil s’éten­dra, qui vient nous cher­cher du­rant six belles mi­nutes.

L’his­toire d’Alexandre Pou­lin est peu ba­nale : ça fait main­te­nant dix ans qu’il en­tre­tient sa pas­sion pour la chan­son avec l’ap­pui in­con­di­tion­nel de ses pa­rents « qui m’ont quand même convain­cu de re­cou­rir à un plan B au cas où ça ne mar­che­rait pas ». À l’uni­ver­si­té de Sher­brooke, son pa­te­lin d’ori­gine, il dé­croche un di­plôme en en­sei­gne­ment du fran­çais et de l’his­toire. Mais après un court pas­sage comme pro­fes­seur de fran­çais, il dé­cide de se consa­crer à plein temps à sa pas­sion pour la mu­sique. Du­rant quelques an­nées, il fe­ra le cir­cuit des bars en pro­po­sant son ma­té­riel et ce­lui des autres, of­frant ses dé­mos aux gens après chaque re­pré­sen­ta­tion. Il en ven­dra 5 000 exem­plaires.

EN­CORE PLUS CONSIS­TANT

En 2008, il lance son pre­mier al­bum. À peine deux ans plus tard, il dé­barque avec un nou­vel opus, en­core plus consis­tant, « où la mu­sique est en­core plus par­tie pre­nante », pré­cise ce­lui qui ajoute sa gui­tare et son har­mo­ni­ca dans cette nou­velle oeuvre concoc­tée avec la com­pli­ci­té du réa­li­sa­teur Éric Gou­let, « ve­nu ap­por­ter l’ha­billage ap­pro­prié aux chan­sons ». D’une chan­son à l’autre, Alexandre Pou­lin évoque — à la fa­çon d’un ra­con­teur — les pré­oc­cu­pa­tions d’un jeune dans la tren­taine, dans une dé­marche « en­core plus per­son­nelle » que sur son pre­mier al­bum.

Les so­no­ri­tés par­ti­cu­lières qui se dé­gagent de Une lu­mière al­lu­mée tiennent au goût di­ver­si­fié d’Alexandre Pou­lin pour le folk an­glo­phone et fran­co­phone qui a ber­cé son en­fance. Comme son père, il aime bien s’abreu­ver de ces clas­siques de Bob Dylan et de Neil Young, tout comme ceux de Brel et Bras­sens, sans écar­ter le bon vieux Pi­ché et Har­mo­nium. « Tous ces gens m’ont ap­pris à sa­bler mes textes et mu­siques à la fa­çon d’un ar­ti­san qui po­lit et re­po­lit son ou­vrage », pré­cise Alexandre Pou­lin, qui pré­pare son nou­veau spec­tacle qu’il pro­mè­ne­ra en for­mule trio, en 2011, aux quatre coins du Québec.

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