Le doux par­fum DE LA NOS­TAL­GIE

John Len­non au­rait eu 70 ans la se­maine der­nière. C’est l’oc­ca­sion idéale de se re­plon­ger dans son en­fance.

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Isabelle Hontebeyrie Agence QMI

John Len­non (Aa­ron John­son, d’au­tant plus im­pres­sion­nant qu’on le connaît comme le hé­ros mas­qué de Kick-Ass) a 17 ans. Les Beatles n’existent pas. Ce jeune ré­vol­té est éle­vé par sa tante Mi­mi (Kris­tin Scott Tho­mas), en plus d’avoir quelques contacts avec sa mère Ju­lia (Anne-Marie Duff), qui l’a aban­don­né quand il avait cinq ans.

Le scé­na­rio – oeuvre de Matt Green­halgh – de ce long mé­trage sur la jeu­nesse du ga­min de Li­ver­pool , qui fi­ni­ra au som­met des pal­ma­rès avec, entre autres, deux autres jeunes pré­nom­més Paul (Tho­mas Sang­ster) et George (Sam Bell), est adap­té des mé­moires de Ju­lia Baird, de­mi-soeur de John, et a re­çu l’aval de Paul McCart­ney et de Yoko Ono. C’est pro­ba­ble­ment pour­quoi on ne trouve pas, dans ce biopic réa­li­sé par Sam Tay­lorWood, de mo­ments « gran­di­lo­quents », lourds ou trop com­plai­sants mal­gré quelques clins d’oeil – John se de­man­dant pour­quoi il n’est pas El­vis Pres­ley – qui passent plu­tôt bien.

Plu­tôt que de se concen­trer sur l’ado­les­cence d’une fu­ture star, la réa­li­sa­trice nous offre le por­trait psy­cho­lo­gique d’un trio, John, sa tante et sa mère, peu com­mun. Coin­cé entre ces deux femmes, le jeune étouffe. Mi­mi, en­gon­cée – du moins au dé­but – dans les tra­di­tions qui ont don­né à la Per­fide Al­bion la ré­pu­ta­tion qu’on sait, veut faire de son ne­veu un homme res­pon­sable. Ju­lia, elle, entre et sort en coup de vent, noyant son fils sous des dé­mons­tra- tions d’af­fec­tion par­fois un peu pous­sées.

On re­pro­che­ra à la ci­néaste, à cause de la ri­chesse du su­jet, une mise en scène glo­ba­le­ment – trop? – conven­tion­nelle mal­gré quelques sé­quences plus « ar­tis­tiques » (John jouant du ban­jo). On s’ir­ri­te­ra aus­si des rac­cour­cis et du fait que, glo­ba­le­ment, Il était une fois John ne nous ap­prend rien de plus qu’on ne sa­vait dé­jà. Et on res­sort de la pro­jec­tion en se de­man­dant si le film au­rait pré­sen­té au­tant d’at­trait s’il ne s’agis­sait que d’un por­trait d’un jeune in­con­nu de l’An­gle­terre des an­nées 50. Pro­ba­ble­ment pas.

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