UN CAR­LOS PLUS GRAND QUE NA­TURE

Après le Che d’Oli­ver Stone et, plus ré­cem­ment, le Mes­rine de JeanF­ran­çois Ri­chet, voi­ci le Car­los d’Olivier As­sayas.

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Isabelle Hontebeyrie Agence QMI

Car­los (Ed­gar Ramirez), « Le cha­cal », est un mythe. Ce ter­ro­riste, ar­rê­té en 1994 et condam­né à la pri­son à per­pé­tui­té en 1997, a com­men­cé sa « car­rière » au Front po­pu­laire de li­bé­ra­tion de la Pa­les­tine (FPLP).

Écrire et réa­li­ser un biopic de cette am­pleur a été un tra­vail de ti­tan que le réa­li­sa­teur fran­çais Olivier As­sayas a mis plus de deux ans à com­plé­ter. Le ré­sul­tat est im­pres­sion­nant.

Si la ver­sion té­lé­vi­sée (une mi­ni­sé­rie en trois épi­sodes) dure 300 mi­nutes, celle pré­sen­tée au ci­né­ma a été ré­duite à 160. Plu­tôt − comme dans Mes­rine − que de pas­ser ra­pi­de­ment sur l’en­fance d’Ilich Ramirez San­chez, qui choi­sit Car­los comme pseu­do­nyme, As­sayas dé­bute l’ac­tion en 1974.

Avec ses mou­ve­ments de ca­mé­ra, la mu­sique et le montage, le film res­semble à un thril­ler d’ac­tion.

Ro­man­tisme de l’époque, « no­blesse » du ter­ro­risme comme moyen de ré­sis­tance, on s’y croit d’au­tant plus que l’ac­tion se dé­place d’un pays à l’autre − Li­ban, Grande-Bretagne, Sou­dan, etc. − et que les dia­logues sont en plu­sieurs langues − an­glais, fran­çais, es­pa­gnol, arabe, etc.

Afin que le pu­blic com­prenne les en­jeux, le ci­néaste n’hé­site pas à s’at­tar­der sur le contexte his­to­rique de l’époque : les Pa­les­ti­niens, Is­raël, l’OPEP. On a ain­si droit à un cours de po­li­tique à un rythme éche­ve­lé.

Et que dire du per­son­nage? Ed­gar Ramirez se fait tour à tour dé­ter­mi­né, san­gui­naire, en­flam­mé, re­ven­di­ca­teur, sé­duc­teur.

Le jeu de l’ac­teur vé­né­zué­lien − qu’on avait d’ailleurs aper­çu dans Che − est ir­ré­pro­chable, il in­carne le mer­ce­naire à la per­fec­tion.

Les ac­teurs de sou­tien, comme No­ra Von Wald­stät­ten, sont du même ca­libre, as­su­rant à l’en­semble une qua­li­té im­pres­sion­nante.

TROP COURT

Seul re­proche qu’on peut faire au film, c’est d’être trop court.

Les deux heures et de­mie res­semblent par­fois à un mas­sacre pour qui a vi­sion­né les cinq heures de la mi­ni­sé­rie et on re­grette qu’Olivier As­sayas n’ait pas choi­si de suivre l’exemple d’Oli­ver Stone et de Jean-François Ri­chet en pré­sen­tant ce Car­los en deux par­ties.

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