Une vie dans le cou­rant de la grâce

Le Journal de Quebec - Weekend - - LIVRES - Marie-France Bor­nais Le Jour­nal de Québec

Avec la sor­tie de « C’est beau la vie », son tout pre­mier livre, Ch­ris­tine Mi­chaud, la sym­pa­thique confé­ren­cière et chro­ni­queuse lit­té­raire de Sa­lut bon­jour, Week-end, pro­pose un nou­vel art de vivre : ce­lui de suivre le cou­rant de la grâce pour mieux vivre au quo­ti­dien.

Ch­ris­tine Mi­chaud puise dans ses ex­pé­riences de vie pour par­ler, sans pré­ten­tion, du lâ­cher prise, de l’émer­gence du pou­voir per­son­nel, de la vi­sua­li­sa­tion créa­trice, de syn­chro­ni­ci­té, de l’ou­ver­ture à la beau­té et à la magie de la vie. « Les gens me ques­tionnent sou­vent sur le lâ­cher prise. Ils me disent que c’est la chose avec la­quelle ils ont le plus de dif­fi­cul­té dans leur vie, qu’ils se stressent pour beau­coup de choses et qu’ils ont de la dif­fi­cul­té à suivre le cou­rant, ce que j’ap­pelle le cou­rant de la grâce », ex­plique-t-elle en en­tre­vue.

« Sou­vent, on se bloque avec cer­taines choses, on traîne des lour­deurs dans notre vie. J’au­rais ai­mé lire à ce su­jet, quand j’ai tra­ver­sé mon épi­sode de dé­pres­sion ou de di­vorce », ajoute-t-elle. « Quand on se rend compte que c’est dif­fi­cile, qu’on en ar­rache, que ça ne va pas à notre goût et qu’on est fa­ti­gués, po­sons­nous des ques­tions. Qu’est-ce qu’on peut faire dif­fé­rem­ment? Com­ment épu­rer un peu et faire place à mieux? »

TOUT UN DÉ­FI

L’écri­ture de C’est beau la vie a re­pré­sen­té tout un dé­fi. Ch­ris­tine Mi­chaud a dû se dé­faire du « syn­drome de l’im­pos­teur » puis­qu’elle trou­vait bi­zarre d’être la chro­ni­queuse lit­té­raire qui se met­tait à écrire à son tour. Puis, l’acte d’écrire en soi n’a pas été de tout re­pos. « Je ne peux pas dire que je me suis mise à écrire et que ça sor­tait d’un bout à l’autre. Je me consi­dère comme une com­mu­ni­ca­trice, quand quelque chose me pas­sionne, ça pa­raît dans mes yeux, dans ma ges­tuelle. Je trou- vais ça plus dif­fi­cile de faire pas­ser ça par l’écri­ture. »

Per­sé­vé­rante, Ch­ris­tine Mi­chaud a sur­mon­té les dif­fi­cul­tés. Son livre se di­vise en une qua­ran­taine de courts cha­pitres ex­plo­rant cha­cun une thé­ma­tique par­ti­cu­lière, en l’il­lus­trant d’exemples ti­rés de sa vie per­son­nelle ou de ses lec­tures. On dé­couvre que sa voix cri­tique in­té­rieure porte main­te­nant un pré­nom – Pier­rette – et que son per­ro­quet Cho­pin est ar­ri­vé dans sa vie d’une bien cu­rieuse de fa­çon. Be­soin d’ailes?

Sin­cère, l’au­teure consi­dère sa dé­pres­sion ner­veuse « un ca­deau de la vie mal em­bal­lé », avec le re­cul, et par­tage les émo­tions qui la sub­mer­geaient pen­dant son di­vorce. Du fond du coeur et avec une quan­ti­té d’anec­dotes amu­santes, elle dé­crit com­ment elle en est ar­ri­vée à croire en elle et à dé­ve­lop­per ses ta­lents.

Il y a par­fois tout un monde entre Ch­ris­tine Mi­chaud, la femme qui a étu­dié le droit, et Ch­ris­tine Mi­chaud, l’au­teure de C’est beau la

vie. Ses his­toires de saint Jo­seph plan­té à l’en­vers pour faire vendre des mai­sons, de pois­sons rouges à la mé­moire courte, d’une voix cri­tique ap­pe­lée Pier­rette et de pe­tits lu­tins dé­cou­ra­gés font sou­rire. Mais elles passent leur mes­sage de fa­çon simple et ef­fi­cace.

« Il y a des par­ties du livre qui peuvent pa­raître flyées pour cer­taines per­sonnes, mais j’avais be­soin de faire ça dans ma vie, jus­te­ment, pour cas­ser le cô­té ra­tion­nel. J’ai cer­taines croyances, mais je m’amuse sur­tout avec elles. Je fais ça parce que j’y prends plai­sir et parce que ça m’ap­porte quelque chose de po­si­tif. Mon livre, je l’ai fait avec coeur, dans le but d’ai­der le plus pos­sible et j’es­père que c’est ce que ça va don­ner. »

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