Coup de foudre en­nuyeux

Un homme libre et une femme en­fer­mée dans ses né­vroses tombent amou­reux l’un de l’autre contre toute at­tente. Une comédie sen­ti­men­tale plu­tôt en­nuyante si­gnée Ca­the­rine Si­gu­ret.

Le Journal de Quebec - Weekend - - LIVRES -

Dans Tout pour le mieux, l’au­teure et jour­na­liste Ca­the­rine Si­gu­ret re­vi­site l’in­épui­sable thé­ma­tique du coup de foudre amou­reux. Un homme, une femme, des flam­mèches, sui­vies de nuits blanches à s’en­tre­la­cer et à ou­blier le reste du monde, trop ivres d’amour pour pen­ser à la vie quo­ti­dienne. Voi­là ce qui vient de hap­per Ma­ri­lyn et Al­bert, deux êtres aux an­ti­podes qui n’au­raient ja­mais dû se ren­con­trer, même en ro­man.

Ma­ri­lyn, 41 ans, mène une vie de vieille fille. Un peu folle, hy­po­con­driaque, ma­niaque et rem­plie de tics, sa vie est ryth­mée par des ri­tuels quo­ti­diens. Elle ne boit pas, ne fume pas, mange bio et fait do­do à 22 h. Son hy­giène de vie l’aide à se main­te­nir dans une san­té men­tale « ac­cep­table ». Mais Ma­ri­lyn est une femme fra­gile et mésa­dap­tée so­ciale. Et elle a peur de tout. À com­men­cer par l’amour qu’elle ne connais­sait pas vrai­ment jus­qu’alors, mais dont elle ap­prend toute la vio­lence à ses dé­pens.

Dans son im­meuble vit une vieille femme, Irène, qui n’ar­rête pas de van­ter les qua­li­tés de son fils ché­ri, Al­bert, 69 ans, ar­chi­tecte re­nom­mé, pa­pillon­neur in­vé­té­ré, épi­cu­rien et grand voya­geur. Avant même que ce­lui-ci ne s’ins­talle dans l’im­meuble, Irène en avait par­lé abon­dam­ment à Ma­ri­lyn, lui mon­trant à l’oc­ca­sion des photos de son si char­mant, si in­tel­li­gent et si mer­veilleux fils qu’elle conti­nue à cou­ver comme s’il était en­core un pe­tit gar­çon. Lors­qu’Al­bert s’ins- talle dans un ap­par­te­ment si­tué sur le même pa­lier que ce­lui de sa mère et deux étages au-des­sus de ce­lui de Ma­ri­lyn, celle-ci com­mence à l’épier. Ra­pi­de­ment, Al­bert sonne à sa porte et les vê­te­ments s’en­vo­le­ront sans qu’ils aient pu réa­li­ser quoi que ce soit. C’est un coup de foudre. Al­bert et Ma­ri­lyn font l’amour jour et nuit, ri­golent, s’amusent, boivent et fument. Ma­ri­lyn voyant sa vie si bien ré­glée bas­cu­ler au fil des jours et sa san­té phy­sique dé­pé­rir psy­cho­lo­gi­que­ment, elle en vient à pen­ser qu’Al­bert va la tuer. Il faut qu’elle ré­agisse avant qu’il ne soit trop tard. La seule fa­çon de s’en sor­tir vi­vante, c’est de le quit­ter.

AC­CROCHE RA­TÉE

Tout pour le mieux souffre d’un pro­blème de taille : ce­lui de l’ac­croche ra­tée. Mal­gré une écri­ture vive et éner­gique tein­tée d’un hu­mour noir qu’on dé­couvre au fil du ro­man, les pre­mières pages ne sé­duisent pas. On fait connais­sance dès le dé­part avec cette étrange Ma­ri­lyn, une an­ti­hé­ros dif­fi­cile à cer­ner et plu­tôt re­bu­tante. Quand on a en­fin pas­sé le cap des qua­rante pre­mières pages, on se tourne alors vers Al­bert, pour qui on res­sent de la sym­pa­thie, mais qu’on n’ap­prend ja­mais réel­le­ment à connaître.

L’ab­sence de dia­logue achève fi­na­le­ment tout es­poir de voir ce ro­man dé­col­ler vers autre chose qu’une des­crip­tion som­maire de per­son­nages peu at­ta­chants.

TOUT POUR LE MIEUX

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CA­THE­RINE SIGURETΠ

Édi­tions Robert Laf­font. En li­brai­rie.

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