Pro­me­nade au bois de Bou­logne

Le Journal de Quebec - Weekend - - TOURISME - Jean-Ri­chard Gau­thier Col­la­bo­ra­tion spé­ciale

Si­tué dans le 16e ar­ron­dis­se­ment, le bois de Bou­logne couvre une su­per­fi­cie de 846 hec­tares. Pour une balade san­té, éva­dez-vous à l’ouest de Paris.

Avec les feuilles qui changent de cou­leur et qui s’envolent au gré du vent, l’au­tomne est par­ti­cu­liè­re­ment pro­pice aux pro­me­nades dans les bois. Un jo­li spec­tacle s’offre à ceux qui s’y aven­turent.

Lais­sez-vous ten­ter par le bois de Bou­logne. Pour sa proxi­mi­té du centre de Paris bien sûr, mais aus­si pour sa su­per­fi­cie et sa di­ver­si­té. Un lieu de dé­tente ex­cep­tion­nel à l’abri du stress ur­bain. On doit le nom de ce bois au roi Phi­lippe le Bel qui, en 1301, après un pè­le­ri­nage à Bou­logne-sur-Mer, y fit construire une pe­tite cha­pelle.

À PIED OU SUR ROUES

Mu­ni d’une bonne paire de chaus­sures, il est fa­cile et sur­tout fort agréable de vi­si­ter le bois de Bou­logne. D’ailleurs, les mar­cheurs qui viennent y prendre un bol d’air frais et re­po­sant sont nom­breux. À leurs cô­tés, des jog­geurs pro­fitent des der­nières belles jour­nées en­so­leillées pour y cou­rir.

On peut éga­le­ment le dé­cou­vrir à vé­lo grâce à la piste cy­clo­tou­ris­tique de 9,2 km. En­fin, on peut ad­mi­rer ce splen­dide dé­cor na­tu­rel en pa­tins à roues ali­gnées. Certes, à vé­lo ou à rou­lettes, on n’a pas ac­cès par­tout, mais on peut sillon­ner une bonne par­tie du bois, suf­fi­sam­ment pour tom­ber sous son charme.

AN­CIEN LIEU DE CHASSE

Au­tre­fois, l’es­pace oc­cu­pé par le bois de Bou­logne était un ter­rain de chasse pri­vi­lé­gié des rois de France. Da­go­bert, roi des Francs de 629 à 639, y chas­sait le gi­bier et même l’ours.

Au XVIIIe siècle, il a été ou­vert au pu­blic et de­vint alors un en­droit à la mode pour se pro­me­ner. Mais tout le bois n’était pas ac­ces­sible à la po­pu­la­tion : un ter­rain clos était ré­ser­vé au roi Louis XVI qui, comme ses pré­déces- seurs, y or­ga­ni­sait des par­ties de chasse.

Le bois de Bou­logne tel qu’on le connaît au­jourd’hui a été créé en 1846. Il est en grande par­tie l’oeuvre de Na­po­léon III, qui sou­hai­tait en faire une pro­me­nade mon­daine.

Les tra­vaux ont été gi­gan­tesques : des al­lées furent amé­na­gées, on creu­sa des lacs et des ri­vières, une cas­cade haute de 14 mètres fut construite et quelque 400 000 arbres, pour l’es­sen­tiel des chênes, furent plan­tés.

LE PARC DE BA­GA­TELLE

Créé en 1777, ce parc de 24 hec­tares est l’en­droit le plus ro­man­tique du bois de Bou­logne. Il est le ré­sul­tat d’un pa­ri entre Marie-An­toi­nette et le comte d’Ar­tois : construire un su­perbe lieu en deux mois.

« Chiche! » au­rait lan­cé la pre­mière. « Ba­ga­telle! » au­rait ré­pon­du le comte, qui don­na suite à ses pro­pos. Il en­ga­gea 900 ou­vriers qui tra­vaillèrent sans re­lâche. Et le pa­ri fut ga­gné.

Des grottes im­pré­vues, une cas­cade ar­ti­fi­cielle, des plans d’eau, dont un cou­vert en par­tie de né­nu­phars : dans ce pe­tit coin de pa­ra­dis, place à la flâ­ne­rie! Il est sur­tout ré­pu­té pour sa ro­se­raie, qui compte plus de 1 200 va­rié­tés.

Des ex­po­si­tions tem­po­raires y sont aus­si pré­sen­tées. Jus­qu’au 31 oc­tobre, vous pour­rez voir celle qui est consa­crée à la bio­di­ver­si­té. L’ac­cès au parc de Ba­ga­telle est payant. Plein ta­rif: 5 eu­ros, in­cluant la vi­site de l’ex­po.

PLUS QU’UN BOIS

Mais le bois de Bou­logne n’est pas ré­ser­vé qu’aux pro­me­neurs et aux ro­man­tiques. Avec deux hip­po­dromes (Long­champ et Au­teuil), c’est aus­si le ren­dez-vous des ama­teurs de courses de che­vaux. De son cô­té, le stade Ro­land-Gar­ros at­tire les pas­sion­nés de ten­nis. Et si vous êtes ac­com­pa­gnés de jeunes en­fants, ame­nez-les au Jar­din d’ac­cli­ma­ta­tion: ma­nèges et ani­maux vous y at­tendent.

Avant de vous rendre au bois de Bou­logne, un pe­tit conseil: mu­nis­sez-vous d’un plan, on a vite fait de s’éga­rer si on n’a pas le sens de l’orien­ta­tion. Et n’ou­bliez pas d’ap­por­ter un pe­tit casse-croûte, car bien que la pêche soit au­to­ri­sée, il faut prendre un per­mis au préa­lable et avoir le ma­té­riel ap­pro­prié...

PHOTOS JEAN-RI­CHARD GAU­THIER

Le parc de Ba­ga­telle est l’en­droit le plus ro­man­tique de ce bois.

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