Por­tos 2007 et autres bonnes bou­teilles

Le Journal de Quebec - Weekend - - SAVEURS - Claude Langlois clan­glois@jour­nalmtl.com

C’est peu dire que 2007 a été un millésime ex­cep­tion­nel dans le Dou­ro. C’est non seule­ment une an­née de dé­cla­ra­tion gé­né­rale, comme on le dit de ces grandes an­nées quand la très grande ma­jo­ri­té des mai­sons de por­to dé­clare un « vin­tage », mais c’est même, dit-on, la plus grande dé­cla­ra­tion de vin­tages ja­mais faite dans le Dou­ro. Pe­tit rap­pel, pour ceux qui sont moins fa­mi­liers avec les por­tos vin­tages, les mai­sons de por­tos ne font pas des por­tos mil­lé­si­més chaque an­née. Seule­ment dans les très bonnes an­nées.

Deux ans après la ven­dange, quand la mai­son juge que les meilleures cu­vées de ses quin­tas mé­ritent d’être mil­lé­si­més et après ana­lyse par l’Ins­ti­tut na­tio­nal des vins de Por­to, elle fait ce qu’on ap­pelle une dé­cla­ra­tion de vin­tage, et spé­ci­fie alors la quan­ti­té de bou­teilles qui au­ront droit de por­ter la men­tion «Vin­tage».

À no­ter que cer­taines quin­tas pro­duisent aus­si des vin­tages sous leur propre nom, au lieu que soit uti­li­sé leur vin dans l’as­sem­blage «vin­tage» de la mai­son. Ce sont alors des single quin­ta vin­tages.

Hé­las, comme les ventes de por­to au Québec sont tou­jours en mode dé­crois­sance, la SAQ n’en a ache­té en tout et pour tout que de neuf mai­sons, et en quan­ti­tés li­mi­tées en plus (en­vi­ron 15 caisses par pro­duit; il y a aus­si des for­mats de 375 ml).

Et dire qu’en 2001, il s’est consom­mé au Québec 250000 caisses de por­to. Faut-il le rap­pe­ler, le Québec était alors, toutes pro­por­tions gar­dées, le plus gros consom­ma­teur au monde de por­to de qua­li­té.

Il ne s’en vend plus main­te­nant qu’en­vi­ron 114000 caisses. Et, comme je le di­sais, la courbe penche en­core vers le bas. Que vou­lez-vous!

Tou­jours est-il que la presse spé­cia­li­sée en a goû­té huit de ces por­tos vin­tage 2007, ré­cem­ment; le neu­vième, le Nie­poort, des­ti­né aux bou­tiques Si­gna­ture, n’était pas en­core ar­ri­vé au mo­ment de la dé­gus­ta­tion.

Quant à moi, je juge que tous sans ex­cep­tion mé­ritent d’être ache­tés les yeux fer­més. Il y en a de tous les styles, et pour tous les goûts. Voi­ci néan­moins ceux pour les­quels j’ai eu un coup de coeur.

Smith Wood­house (70,75$ — dis­po­nible aus­si en 375 ml à 37$): riche, très ex­trait mais en dou­ceur, épi­cé, pro­fond et suave. Pour son

LE­TOP10

Peut-être l’aviez-vous re­mar­qué en fré­quen­tant le site de la SAQ (www.saq.com), mais de­puis un pe­tit mo­ment dé­jà, la SAQ pro­pose son «Top 10» du mois.

C’est-à-dire des vins que la SAQ trouve par­ti­cu­liè­re­ment dignes de men­tion. «Nou­veau­tés, trou­vailles et coup de coeur», an­nonce elle-même la SAQ sur son site.

Voi­ci, par­mi ce «top 10» du mois d’oc­tobre (les vins ont été re­lâ­chés le 7 oc­tobre), ceux que j’ai par­ti­cu­liè­re­ment ai­més.

À no­ter que j’ai aus­si choi­si, ci-contre, l’un deux comme mon «vin plai­sir» de la se­maine.

charme im­mé­diat et son exu­bé­rance.

Gra­ham’ s (93,25$ — dis­po­nible aus­si en 375 ml à 48,25$): pro­fond, équi­li­bré, re­la­ti­ve­ment dis­cret à ce stade pour ne pas dire en­core in­tro­ver­ti; tout en de­ve­nir. Pour sa ri­chesse conte­nue.

Quin­ta Do No­val (124$ — dis­po­nible aus­si en 375 ml à 43$): très ex­trait lui aus­si, onc­tueux. Dans un style qui rap­pelle un peu le Smith Wood­house par sa gé­né­ro­si­té. Pour sa fraî­cheur.

Quin­ta do Ve­su­vio (83,75$): plein et rond, soyeux, avec de belles notes de fleurs et d’épices comme le gi­rofle. Pour son élé­gance et sa dis­tinc­tion.

Tay­lor Flad­gate ( 140,75$): opu­lent, à la fois tendre et puis­sant, sen­suel, com­plet. Comme une syn­thèse des autres por­tos. Pour sa plé­ni­tude... et sa per­fec­tion.

Châ­teau Gui­bot La Four­vieille 2005, Puis

se­guin Saint-Émi­lion (25,95$): du grain, de la mâche, du corps, avec un boi­sé qui lui donne une cer­taine dis­tinc­tion. Mais le vin a en­core be­soin de quelques an­nées avant de li- Pour ter­mi­ner, deux vins à pe­tit prix qui n’ont rien à voir avec ce Top 10 mais qui n’en sont pas moins in­té­res­sants: vrer le meilleur de lui-même. Une bonne bou­teille à bon prix pour la cave.

Re Di Re­nie­ri 2004, Mon­tal­ci­no Tos­ca­na

IGT, CAs­tel­lo di Bos­si (34,50$): au nez, ce qui m’a tout de suite frap­pé, ce sont les beaux arômes de mer­lot (le vin est le fruit d’un as­sem­blage bor­de­lais ty­pique). Il a de la sève, du corps, il est consis­tant et sé­rieux. Con­tra 2009 Ca­ri­gnan, Cen­tral Coast, Bon­ny Doon Vi­neyard (21,95$): j’ai eu un coup de coeur pour ce vin lé­ger, cou­lant, gou­leyant comme un beau­jo­lais, aus­si «ca­ri­gnan» soi­til. Un vin de soif, à ser­vir frais. Shi­raz Hyland Pen­ley Es­tate 2007, Coo­na­war­ra (20,85$): tout plein de sève, gé­né­reux et sen­suel, voi­là un beau vin de fruit au charme im­mé­diat et ir­ré­sis­tible. Le prix est très avan­ta­geux.

À PE­TIT PRIX

Pi­not Noir Dein­hard 2009, Qba Pfalz (13,95$): on s’en­tend, on est ici dans le dé­but de gamme. N’em­pêche, j’ai été éton­né de re­trou­ver aus­si clai­re­ment ex­pri­més à ce prix les ca­rac­tères du pi­not noir. Mais bon, le vin est ra­co­leur et ron­douillet — il contient sans doute un chouia de sucre — mais pour qui veut boire du rouge (ra­fraî­chi, bien sûr) sur de la cui­sine asia­tique, pour­quoi pas?

Beau­jo­lais 2009, Mom­mes­sin (12,25$ au lieu de 14,25$ jus­qu’au 24 oc­tobre): avec ses sub­tiles notes de ba­nanes, on pour­rait se croire en beau­jo­lais nou­veau. Mais un beau beau­jo­lais nou­veau. C’est frais, lé­ger et on ne s’en prive pas, sur­tout à ce prix de pro­mo­tion.

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