Apres 10 ans d'ab­sence Char­le­bois chante l'amour

Le Journal de Quebec - Weekend - - LA UNE - Mi­chelle Coudé-Lord MCLORD@JOUR­NALMTL.COM

MON­TRÉAL | À 66 ans, après un long pro­ces­sus de 10 ans, Robert Char­le­bois nous offre son al­bum, et à sa grande sur­prise, tout tourne au­tour de l’amour. Droit comme un chêne, af­fron­tant l’âge avec sé­ré­ni­té, l’au­teur

com­po­si­teur res­pire le bon­heur. Char­le­bois, c’est la force des mots. Avec lui, ce n’est pas une en­tre­vue, mais une conver­sa­tion. J’ai donc le goût de vous ame­ner écou­ter ce qu’il a à dire... Comme il écrit, tout est bien.

« La seule chose qui me pas­sionne et m’in­té­resse au­jourd’hui, c’est les re­la­tions hommes-femmes. Mes 15 pre­miers al­bums, à part Avril sur

mars, il n’y a au­cune chan­son d’amour. Au­jourd’hui, je re­lis de mes chan­sons et je peux en rire. Comme celle sur Jean-Paul II... mon Dieu, qu’est-ce que j’avais en tête! » ex­prime Robert Char­le­bois, avec son air de ga­min. Il pré­fère écoute son coeur... « Des drames, des femmes voi­lées, des ac­ci­dents, on voit ce­la toute la jour­née à la té­lé. On n’a plus le goût d’en­tendre ce­la sur disque. Ce sont des chan­sons de conver­sa­tions que j’ap­pelle. Moi, au­jourd’hui, ce qui me pré­oc­cupe, c’est l’amour, les re­la­tions, la fa­mille. »

CHAN­TER L’AMOUR

Pour Char­le­bois, pas ques­tion qu’il nous offre des « chan­sons à nu­mé­ros », comme il dit si bien.

« Mais y’en a tel­le­ment des chan­sons d’amour! Ce n’est pas fa­cile d’être plus ori­gi­nal que les autres. »

Mais pas de doute que Robert Char­le­bois a réus­si son pa­ri, bien sou­te­nu dans ces longues an­nées de créa­tion par deux com­plices de la pre­mière heure : Da­vid McNeil et Jean-Loup Da­ba­die.

Il vit avec sa Lau­rence de­puis plus de 35 ans « et, pour pa­ro­dier Mi­chel Cô­té, ça fait 37 ans, mais je dois ad­mettre que de­puis trois se­maines ça va très très bien ».

Du vrai Char­le­bois : drôle, ef­fi­cace et amou­reux de la vie et... de sa Lau­rence.

« C’est ma com­plice que j’aime tout sim­ple­ment », pré­cise-t-il.

Al­lez, écou­tons-le par­ler de sa re­cette pour qu’un couple dure...

« Les trois pre­mières an­nées, j’ap­pelle ce­la la pé­riode d’em­bal­le­ment. Et après ce­la, comme le pre­mier étage de la fu­sée qui se dé­tache... si tu ne t’en­nuies ja­mais avec la per­sonne, ç’est là que ça dure. Si tu t’en­nuies, là, c’est mort, c’est fi­ni, c’est fait. Et l’hu­mour est aus­si im­por­tant dans un couple que l’amour.

Les couples qui sont ca­pables de se mettre en dé­con­fi­ture, de rire d’eux-mêmes, peuvent faire un long bout de che­min. Moi, l’amour ne me lasse ja­mais. Il y a tou­jours quelque chose à dire. Je ne peux plus écrire avec les mêmes émo­tions que j’avais à 25 ans. C’est fi­ni. Mais à 66 ans, cet al­bum re­flète bien ce que j’ai le goût de dire. Je ne peux pas dé­gui­ser ces chan­sons en rock’n’roll, y’a rien de plus cré­tin qu’une vieille femme qui veut faire jeune. Une femme de 75 ans en mi­ni-jupe, ça n’a pas de bon sens », af­firme Robert Char­le­bois.

LA JOIE DE VIVRE

Ne lui par­lez pas de la longue at­tente. Robert Char­le­bois dé­vore la vie, le temps qui passe. Il en parle avec la joie de vivre d’un ado­les­cent.

« J’ai fait plein de belles fo­lies. J’ar­rête ja­mais d’écrire. Cer­taines chan­sons sont ve­nues au monde il y a cinq ans. Je suis mon ins­pi­ra­tion.

Peut-être que les ar­tistes ne de­vraient pas hé­si­ter à me de­man­der des chan­sons, car je suis à l’oeuvre tout le temps. Je ne sais pas pour­quoi ils ne le font pas. Peut-être qu’ils pensent que je vais dire non, alors que c’est tout le contraire. À part Re­née Mar­tel et Marie-Chantal Tou­pin, per­sonne d’autre n’a osé. »

Robert Char­le­bois est heu­reux. Il es­père in­cor­po­rer des chan­sons de cet al­bum dans son spec­tacle Sans

tam­bour ni trom­pette, boit ses deux verres par jour, pour suivre les conseils de son mé­de­cin, dit-il, et se paye son pe­tit joint le di­manche.

« La vie est belle et il y a ma gang de La boîte à chan­sons qui va bien. Mes deux fils vont bien, dont Jé­rôme qui vit son pre­mier suc­cès. C’est sans doute pour ce­la que je chante l’amour et que je ne veux pas mou­rir », conclut l’unique Robert Char­le­bois. Le 16e al­bum de Char­le­bois se­ra dis­po­nible dès mar­di. Un in­con­tour­nable de la ren­trée pour la force des textes et de la mu­sique, qui nous rap­pelle si bien le son Char­le­bois.

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