Un ar­tiste et un homme libre

MON­TRÉAL | S’il y a un mot qui dé­fi­nit bien Sylvain Cos­sette, l’homme et l’ar­tiste, c’est li­ber­té.

Le Journal de Quebec - Weekend - - WEEKEND - Mi­chelle Coudé-Lord

Il est un des rares ar­tistes au monde à pos­sé­der les droits sur l’en­semble de ses oeuvres, et lors­qu’il pense à l’après 70s, il dit qu’il conti­nue­ra à se fier à son ins­tinct.

« Je ne pen­sais même pas, dans ma vie, chan­ter. Un jour, à la po­ly­va­lente, en se­con­daire 4, des amis m’ont ap­pe­lé pour par­ti­ci­per à un show d’école... et après cette soi­rée, ce fut ma­gique pour moi. Tout est de­ve­nu clair. Le len­de­main, j’étais le king de la po­ly­va­lente. Pour un gars ti­mide comme moi, c’était tout un ex­ploit. »

Le jeune Sylvain était tel­le­ment dis­cret sur son ta­lent de chan­teur, qu’un jour, le père d’un de ses meilleurs amis a ren­con­tré son père à la banque et lui a dit : « Ton fils chante vrai­ment bien... » Comme ils étaient 12 chez lui, le père a de­man­dé le­quel : « Mais Sylvain, voyons... »

« Mon père ne le croyait pas. Heu­reu­se­ment, il a pu as­sis­ter à mon grand suc­cès avant de mou­rir », af­firme Sylvain Cos­sette, ému.

Son ar­tiste mo­dèle est Paul McCart­ney. « Quel homme, quel res­pect pour son pu­blic. Il fait de la mu­sique pour les bonnes rai­sons. J’ai failli le ren­con­trer lors de sa der­nière ve­nue à Mon­tréal, cet été, mais ça n’a pas mar­ché. C’était une soi­rée très émou­vante pour moi. Quel spec­tacle. On rêve tous d’être en contact avec son pu­blic de cette ma­nière.»

SA BLONDE

Tout comme son suc­cès qui fait ja­ser, sa re­la­tion avec une femme 20 ans plus jeune ne fait pas l’una­ni­mi­té, non plus.

« Je me fous un peu de tout ce­la. La vie nous sur­prend par­fois et ma belle ren­contre avec An­drée fut une douce sur­prise. Eh oui, nous avons 20 ans de dif­fé­rence, elle 27 et moi, 47. Je me console en me di­sant qu’il y a Claude Du­bois avant moi. Mais plus sé­rieu­se­ment, je vous as­sure que ça ne me dé­range pas, car An­drée est même plus ma­ture que moi : nous avons, tous les deux, 37 ans », ré­torque Sylvain Cos­sette.

Sa li­ber­té, sa tri­lo­gie 70s, sa tour­née en pré­pa­ra­tion, heu­reux en amour, Sylvain Cos­sette trouve la vie très belle. « Je ne me bats pas contre mes dé­trac­teurs. Je suis là où on me veut, et je vis une belle his­toire d’amour avec mon pu­blic. C’est tout ce qui compte... »

En­fin, ne le cher­chez pas au pro­chain ga­la de l’ADISQ, il n’en est plus membre de­puis quelques mois. « Je les dé­ran­geais, car ils ne sa­vaient plus où me mettre avec mes al­bums an­glais de re­prise, et ce qui est po­pu­laire ne fait plus leur af­faire, je crois. Donc, j’ai quit­té sans amertume. C’est plate, car je croyais que ce ga­la était une fête de la mu­sique », conclut Sylvain Cos­sette.

«

C’est drôle, car la ma­jo­ri­té des gens aiment m’en­tendre chan­ter en an­glais, car ça res­pecte plus la hau­teur de ma voix. Mais j’aime bien chan­ter en fran­çais aus­si, je vous as­sure. »

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