« Cet al­bum m’a re­con­nec­tée à qui je suis pro­fon­dé­ment»

Le Journal de Quebec - Weekend - - WEEKEND MUSIQUE - Cé­dric Bé­lan­ger Le Jour­nal de Québec

« Je me sens comme une p’tite fille. Mon rêve était de gra­ver mes chan­sons sur un al­bum et là, il existe », s’est-elle ex­cla­mée lors d’un en­tre­tien qui a eu lieu le jour même où elle a vu pour la pre­mière fois le pro­duit fi­ni.

Ce n’est pas d’hier que l’ex-coa­ni­ma­trice de Deux filles le ma­tin veut de­ve­nir chan­teuse. Seule­ment, elle a long­temps gar­dé cette am­bi­tion se­crète.

« J’ai gran­di dans une fa­mille très mu­si­cale. Mon père et mon frère jouent de­puis tou­jours. Mais je ne pen­sais pas que j’avais une belle voix. Donc, je ne m’au­to­ri­sais pas de chan­ter quand il y avait quel­qu’un d’autre dans la mai­son. Mais dès que j’étais seule, je chan­tais pour mon plai­sir et je m’in­ven­tais des chan­sons. »

MÉ­LANGE DE SES GOÛTS

Les mé­lo­dies de son dic­ta­phone sont len­te­ment mais sû­re­ment de­ve­nues les chan­sons de S’il n’y avait que toi, al­bum de dix chan­sons, dont trois en an­glais, qui pa­raît mar­di et se veut un mé­lange des goûts mu­si­caux de Ju­lie Bé­lan­ger.

« Il y a un peu de tout, de la mu­sique un peu jaz­zy, des touches ol­dies. J’aime le blues, le folk, le coun­try. Il y a une chan­son un peu plus coun­try, une qui fait plus Loui­siane.

De­puis qu’elle est toute pe­tite, elle en rê­vait. L’ani­ma­trice Ju­lie Bé­lan­ger tient en­fin dans ses mains son pre­mier al­bum conte­nant ses propres chan­sons, S’il n’y avait que toi.

DU DIC­TA­PHONE AU STU­DIO

Sa ma­nie d’in­ven­ter des chan­sons l’a sui­vie jus­qu’à l’âge adulte, quand elle a com­men­cé à tra­vailler dans le do­maine des com­mu­ni­ca­tions. Em­bau­chée pour cou­vrir l’ac­tua­li­té cultu­relle à l’émis­sion de Paul Ar­cand, elle a com­men­cé à en­re­gis­trer les mé­lo­dies qui jouaient dans sa tête sur son dic­ta­phone.

Puis, il y a trois ans, se di­sant qu’il était plus que temps « d’al­ler au bout de mes rêves », elle s’est mise en quête d’un réa­li­sa­teur. Elle a ren­con­tré Da­vid Laflèche et la chi­mie a opé­ré sans dé­lai.

« C’était la pre­mière que j’osais af­fir­mer à quel­qu’un du mi­lieu que je vou­lais faire de la mu­sique. La pre­mière fois que je lui ai fait en­tendre mon dic­ta­phone, j’étais in­ti­mi­dée. Je me di­sais : mon Dieu, il connaît la mu­sique pour vrai, il peut me re­vi­rer de bord. Il m’a dit qu’il y avait ma­tière à vraies chan­sons. J’ai dé­ci­dé de plon­ger et ça a été le plus beau trip de ma vie. »

Le pre­mier ex­trait est Fil de fer, qui joue dé­jà à Rythme FM. Je tra­vaille à Rythme; alors, ils l’ont em­bar­qué d’aplomb », ri­gole-t-elle.

En plus d’être l’abou­tis­se­ment d’un rêve, cet al­bum a aus­si été un re­mède contre l’épui­se­ment pro­fes­sion­nel qui guettait l’ani­ma­trice.

« C’était la der­nière an­née de Deux filles le ma­tin et une quo­ti­dienne, c’est énorme. Je ne fai­sais que tra­vailler. La p’tite Ju­lie en moi, je l’avais ou­bliée. Cet al­bum m’a re­con­nec­tée à qui je suis pro­fon­dé­ment. J’ai frô­lé dan­ge­reu­se­ment le burn-out. Je sa­vais que si je ne me pre­nais pas en main, c’est vers ça que j’al­lais. Je me suis prise à temps. »

Ani­ma­trice de­puis tou­jours, Ju­lie Bé­lan­ger se re­trouve main­te­nant de l’autre cô­té de la clô­ture.

Elle trouve co­mique de ré­pondre aux ques­tions qu’elle a l’ha­bi­tude de po­ser aux ar­tistes. Mais elle n’en­tend pas tour­ner le dos à l’ani­ma­tion.

« J’ai dé­ci­dé de me lais­ser por­ter et de voir jus­qu’où ça va me me­ner. Mais ce n’est pas la fin de la car­rière d’ani­ma­trice pour au­tant.

Si je peux conti­nuer de chan­ter, su­per, si­non je l’au­rai fait. »

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