Au-de­là de l’hom­mage, la dé­cla­ra­tion d’amour

Bien plus qu’un simple spec­tacle hom­mage à un mu­si­cien dis­pa­ru comme il y en a des di­zaines, le Ja­son Bon­ham’s Led-Zep­pe­lin Experience est une dé­cla­ra­tion d’amour sans équi­voque d’un fils à son père mort il y a trois dé­cen­nies.

Le Journal de Quebec - Weekend - - WEEKEND MUSIQUE - Cé­dric Bé­lan­ger CEDRIC.BE­LAN­GER@JOUR­NAL­DE­QUE­BEC.COM

Mort tra­gi­que­ment le 25 sep­tembre 1980, John Bon­ham est tou­jours consi­dé­ré par plu­sieurs comme le plus grand bat­teur de l’his­toire du rock. Au sein de Led Zep­pe­lin, le mu­si­cien an­glais s’est ren­du cé­lèbre pour son style ré­vo­lu­tion­naire, qui a ins­pi­ré de nom­breux bat­teurs.

L’un d’eux est son propre fils, Ja­son, 44 ans, qui s’est mis à cet ins­tru­ment après la mort de son père et qui se trouve au coeur d’une tour­née nord-amé­ri­caine ren­dant hom­mage à la mu­sique de son père.

« Nous vi­vons dans un monde bien étrange. Si mon père était vi­vant, je ne fe­rais pas de la mu­sique. J’ai com­men­cé à jouer de la bat­te­rie après sa mort. S’il était en vie, je se­rais à la re­traite en tant que lé­gende du mo­to­cross », dit ce­lui qui s’ar­rê­te­ra avec son groupe à Mon­tréal et à Québec, ce soir et lun­di.

LA BÉ­NÉ­DIC­TION DE ROBERT

Le Ja­son Bon­ham’s Led-Zep­pe­lin Experience a été mis sur pied après que Robert Plant eut re­fu­sé l’offre de Ja­son Bon­ham, Jim­my Page et John Paul John de res­sus­ci­ter Led Zep­pe­lin. Le groupe avait été dis­sous peu après la mort de John Bon­ham, qu’on sur­nom­mait « Bon­zo ». Les mu­si­ciens n’ont ja­mais re­joué en­semble, sauf en dé­cembre 2007, l’ins­tant d’un concert lon­do­nien du­rant le­quel le fils Bon­ham avait pris place der­rière les grosses caisses.

Mal­gré son op­po­si­tion à une réunion de Led Zep­pe­lin, Plant a don­né sa bé­né­dic­tion au pro­jet de tour­née de Ja­son Bon­ham, pro­jet très cher pour ce­lui-ci.

« Je vou­lais que les gens sachent qu’il y avait un gars nom­mé John, non pas seule­ment « Bon­zo » ou le type un peu cin­glé dé­crit dans les mé­dias. Tout le monde connaît « Bon­zo », mais per­sonne ne connaît John. »

EN DUO AVEC PA­PA

Pour ce faire, la veuve de John Bon­ham a dé­ter­ré de vieilles photos et vi­déos qui sont pro­je­tées du­rant le spec­tacle. Grâce à la tech­no­lo­gie, Ja­son s’offre même un duo avec son père, pré­sent sur écran, sur Mo­by Dick.

«La pre­mière fois qu’on l’a fait, nous avons eu des pro­blèmes tech­niques et je suais et criais. Mais une fois ces pro­blèmes ré­so­lus, tout a bien été et la ré­ponse de la foule a été in­croyable. De la fa­çon dont est pla­cé l’écran, c’est comme si nous nous re­gar­dions en train de jouer. C’est vrai­ment cool. C’est quelque chose que je n’avais ja­mais eu la chance de faire avant. »

Sont aus­si pro­je­tées des photos de John prises deux jours avant sa mort. Ja­son sou­haite ain­si faire taire les ru­meurs se­lon les­quelles son père, mort d’une sur­dose d’al­cool, était dé­pres­sif.

« Il était en san­té comme ja­mais il ne l’avait été. Sa mort est un pur ac­ci­dent. À ce stade de sa vie, il s’en était sor­ti. Je montre les photos et je dis : est-ce que ça res­semble à un gars ma­lade? Plu­sieurs per­sonnes ont tout faux. Les his­toires qui cir­culent sont comme des his­toires de pêche. »

RÉUNION

Quant à ses es­poirs que le groupe de son père se re­forme un jour, Ja­son Bon­ham de­meure pru­dent tout en pre­nant la dé­fense de Robert Plant.

« C’est beau­coup plus que ça. Robert ap­pré­cie sa car­rière. J’ai eu plu­sieurs conver­sa­tions avec lui et il m’a bien ex­pli­qué les choses. » Ja­son Bon­ham’s Led-Zep­pe­lin Experience se­ra en spec­tacle ce soir, au Mé­tro­po­lis de Mon­tréal, et le 25 oc­tobre, au Grand Théâtre de Québec.

JA­SON BON­HAM’S LED-ZEP­PE­LIN EXPERIENCE

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