«JI­MI HEN­DRIX EST UN PAS­SAGE OBLI­GÉ»

« J’ai tou­jours dit qu’il existe deux types de gui­ta­ristes : ceux qui disent avoir été in­fluen­cés par Ji­mi Hen­drix et ceux qui ne l’ad­mettent pas. Néan­moins, pour tous ceux qui ont pris une gui­tare dans leurs mains de­puis qua­rante ans, Ji­mi Hen­drix est un

Le Journal de Quebec - Weekend - - WEEKEND MUSIQUE - Cé­dric Bé­lan­ger CEDRIC.BE­LAN­GER@JOUR­NAL­DE­QUE­BEC.COM

Qua­rante ans après la tra­gique dis­pa­ri­tion du cé­lèbre gui­ta­riste gau­cher, Billy Cox parle en­core avec émo­tion de son grand ami et vante sans re­te­nue ses prouesses mu­si­cales. « C’est im­pos­sible de l’évi­ter, clame le mu­si­cien qui vient de fê­ter ses 69 ans. Je ne dis­cré­dite pas les autres joueurs de gui­tare. Il y en a d’autres, mais il faut pas­ser par Ji­mi. »

Billy Cox était un jeune mi­li­taire peu por­té sur la dis­ci­pline quand, un soir de grande pluie, dans les jeunes an­nées soixante, il s’est ré­fu­gié dans un bar où jouait un jeune sur­doué, Ji­mi Hen­drix.

« Je me suis re­trou­vé en train d’écou­ter mon des­tin. Je suis ren­tré, me suis pré­sen­té et lui ai dit que je jouais un peu de basse. Nous avons im­pro­vi­sé, sommes de­ve­nus amis et avons for­mé un groupe. »

Les deux amis ont dès lors trim­bal­lé leurs ins­tru­ments sur les routes des États-Unis jus­qu’à ce que leurs che­mins se sé­parent, quand Ji­mi a été in­vi­té à for­mer un groupe en An­gle­terre.

« Il m’a ap­pe­lé pour me dire qu’un type vou­lait l’ame­ner en Eu­rope pour faire de lui une ve­dette, qu’il lui avait par­lé de moi et d’al­ler le re­joindre à New York. J’ai dit : Ji­mi, les temps sont durs. Je n’ai que trois cordes sur ma basse, l’une des cordes est at­ta­chée avec un noeud et je loue un am­pli. »

WOOD­STOCK

Sans Billy, Hen­drix a en­re­gis­tré ses trois pre­miers al­bums, ceux qui l’ont ren­du cé­lèbre, dont Are You Ex­pe­rien­ced.

Les deux com­pa­gnons se sont re­trou­vés en 1969, dans le Band of Gyp­sies. Puis, il y a eu ce fa­meux concert à Wood­stock.

« Il a été in­croyable ce jour-là. Je me rap­pelle quand il a lan­cé sa ver­sion de Star

Span­gled Ban­ner. Nous étions si concen­trés, sur la note. J’étais com­plè­te­ment avec lui.

« J’ai joué cinq notes — vous pou­vez les en­tendre sur l’al­bum — et tout à coup, quelque chose m’a dit d’ar­rê­ter, parce que nous ne l’avions pas ré­pé­tée. Ce fut l’une des plus in­croyables in­ter­pré­ta­tions que je n’ai ja­mais en­ten­dues. »

L’HOMME À JOUER!

Quatre dé­cen­nies plus tard, Billy Cox se pré­pare, pour la deuxième fois cette an­née, à prendre la route en com­pa­gnie d’un ali­gne­ment de mu­si­ciens tout étoiles pour la tour­née Experience Hen­drix, qui pas­se­ra par Québec et Mon­tréal.

Sur scène, se cô­toie­ront no­tam­ment Steve Vai, John­ny Lang, les Los Lo­bos, Li­ving Co­lour et plu­sieurs autres.

« Les plus grands mu­si­ciens du monde font la file pour par­ti­ci­per à cette tour­née », pré­tend Cox, qui se trans­forme presque en pro­mo­teur de boxe pour mous­ser son spec­tacle.

« C’est un concert évé­ne­ment. Si vous n’al­lez voir qu’un concert cette an­née, ce doit être ce­lui-ci, parce qu’il n’y pas de lyp­synch ni de trame so­nore.

« Ce groupe in­carne l’es­prit vé­ri­table de Ji­mi et sa mu­sique. Tous ceux qui viennent re­partent du concert avec quelque chose », dit le vé­né­rable mu­si­cien, qui croit que la mu­sique de son dé­funt co­pain ré­son­ne­ra dans les oreilles de plu­sieurs gé­né­ra­tions.

« Elle res­te­ra parce que j’ai tou­jours sou­te­nu que sa mu­sique se clas­se­rait dans la même ca­té­go­rie que celle de Mo­zart, Haen­del, Bee­tho­ven, Liszt et tous les plus grands.

« Je ne croyais juste pas que je ver­rais ça de mon vi­vant. » La tour­née Experience Hen­drix fe­ra halte à Québec, au Grand Théâtre, le 29 oc­tobre, et à la Place des Arts, à Mon­tréal, le 30 oc­tobre.

BILLY COX

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