UN RE­FUGE pour les belles REN­CONTRES

In­ter­ve­nant d'un centre jeu­nesse dans 10 1/2, le se­cond long-mé­trage de Da­niel Grou-Podz, Claude Legault n'a rien lais­sé au ha­sard pour don­ner à son per­son­nage toute la cré­di­bi­li­té dont il avait be­soin.

Le Journal de Quebec - Weekend - - WEEKEND CINÉMA - Cé­dric Bé­lan­ger

« J’ai nour­ri mon per­son­nage de Gilles à quatre sources », lance le co­mé­dien, qui a no­tam­ment pas­sé une jour­née com­plète dans un centre, ques­tion d’avoir un aper­çu des rouages de ce rude mi­lieu.

« J’ai sui­vi toutes les étapes d’une jour­née. Je leur ai de­man­dé com­ment ils ré­agissent, com­ment ils se sentent quand ils tra­vaillent avec les en­fants. Cette vi­site s’est ré­vé­lée es­sen­tielle dans ma pré­pa­ra­tion », dit Legault, qui a aus­si été cher­cher en lui les traits de ca­rac­tère de Gilles.

« On com­pose tou­jours une par­tie du per­son­nage seul, à par­tir de ce qui est écrit dans le texte. J’es­saye de tra­vailler une par­tie, puis une autre avec le réa­li­sa­teur. J’ai aus­si ren­con­tré l’au­teur (Claude La­londe), qui a tra­vaillé pen­dant dix­sept ans dans les centres jeu­nesse. »

COMME EN PRI­SON

Ce qui a frap­pé Legault, lors­qu’il a fran­chi les portes du centre jeu­nesse, c’est cette im­pres­sion de se re­trou­ver en pri­son. Mais ce sen­ti­ment a vite été ba­layé au fil de sa vi­site.

« Plus la jour­née avan­çait, plus je me ren­dais compte que c’était da­van­tage un re­fuge qu’une pri­son. De prime abord, ça res­semble à une pri­son parce que les en­fants ne peuvent pas vrai­ment sor­tir. Mais après, tu te rends compte que ma­ga­nés comme ils sont et d’où ils viennent, c’est plu­tôt un en­droit où ils sont en sé­cu­ri­té. Ils ont de l’at­ten­tion et des soins de la part de gens qui es­sayent de les sor­tir de leurs pro­blèmes. »

De nom­breux employés de centres jeu­nesse ont as­sis­té à l’avantp­re­mière du film qui avait lieu à Québec, mar­di soir. Plu­sieurs sont de­meu­rés, après la pro­jec­tion, pour dis­cu­ter avec les ar­ti­sans de 10 1/2.

« Je pense qu’ils étaient sur­pris, mais en même temps contents de se re­trou­ver dans un film qui parle d’eux », avance Claude Legault, qui sou­tient qu’au-de­là de la bru­tale réa­li­té dont fait écho le film, un mes­sage d’es­poir en émane.

« Il y a une ren­contre entre un jeune qui a be­soin d’une fi­gure pa­ren­tale, de quel­qu’un qui l’aime, et cet in­ter­ve­nant qui a af­faire à un cas qu’il n’avait ja­mais vu dans sa vie. Dans tout ça, il y a une belle ren­contre. »

OM­NI­PRÉ­SENT AU GRAND ÉCRAN

Après la pro­mo­tion de 10 1/2, Claude Legault re­tour­ne­ra au tour­nage de la té­lé­sé­rie Po­lice, qui se­ra dif­fu­sée dès jan­vier, à Ra­dioCa­na­da.

2010 au­ra été une an­née char­gée pour le co­mé­dien, qu’on a vu dans quatre longs-mé­trages. Outre 10 1/2, il a aus­si joué dans Les sept jours du ta­lion, aus­si réa­li­sé par Podz, de même que dans La Ci­té et Fi­lière 13. Craint-il une sur­ex­po­si­tion? Legault avoue y avoir ré­flé­chi.

« Ça va m’obli­ger à choi­sir parce que tu ne sais ja­mais, quand tu tournes, à quel mo­ment le film va sor­tir. Tu ne sais pas tou­jours com­ment ton image se­ra ex­ploi­tée, même si tu avais un pe­tit rôle de­dans. Ça me fait ré­flé­chir sur cer­taines choses. Je vais choi­sir plus mes pro­jets dans les pro­chaines an­nées, sur­tout que je me suis re­mis à faire de la té­lé. In­évi­ta­ble­ment, je fe­rai moins de films. »

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