Ca­ri­ca­tures hol­ly­woo­diennes

Le Journal de Quebec - Weekend - - WEEKEND LIVRES - Marie-France Bor­nais Le Jour­nal de Québec

Hol­ly­wood, Los An­geles. Le monde du ci­né­ma, des pro­duc­teurs. Les ac­teurs, les ac­trices et ceux qui don­ne­raient leur peau pour le de­ve­nir. La dé­ca­dence. Un monde réel ou ima­gi­naire?

« Ces per­son­nages sont des ca­ri­ca­tures. C’est un ro­man. Ces gens ne sont pas réels. J’ai lu un su­per ro­man le week-end der­nier – Free­dom, de Jo­na­than Franzen. Ses per­son­nages ont l’air réels, mais ils ne le sont pas. Ils sont ma­ni­pu­lés par l’au­teur. Un ro­man est un ro­man, une ca­ri­ca­ture, un em­bel­lis­se­ment. »

Lui-même consi­dère que l’image qu’il vé­hi­cule – celle de l’écri­vain «hol­ly­woo­dien» – a été souf­flée hors de pro­por­tions. « J’ai pré­sen­te­ment quatre pro­jets de films in­dé­pen­dants à pe­tit bud­get, que je pro­duis en même temps que j’écris. Je pense que les gens se font une fausse idée de moi. Ils pensent que je suis comme Faulk­ner ou Fitz­ge­rald et que je suis al­lé vendre mon âme pour de l’ar­gent à Hol­ly­wood. Non, non, non, non.

SOMBRE PRINCE

« J’ai connu des gens à Hol­ly­wood pen­dant toute ma vie et j’ai flir­té avec le ci­né­ma plu­sieurs fois. En ce mo­ment, j’ai du plai­sir à faire ça. Ce que les gens disent de moi m’amuse. Les gens du mi­lieu lit­té­raire me consi­dèrent comme le sombre prince de la dé­ca­dence. Mais ça m’amuse parce que je ne suis pas du tout comme ça », as­sure-t-il très po­sé­ment.

Par­fois, Bret Eas­ton El­lis s’amuse à ta­per son nom sur Google. « Être as­sis de­vant mon or­di­na­teur, c’est très dif­fé­rent d’être en tour­née de pro­mo­tion mon­diale et ac­cor­der des en­tre­vues. La plu­part du temps, je suis Bret El­lis, je sors avec mes amis à Los An­geles. Je me pro­mène nu-pieds dans mon condo, je vais au ci­né­ma.

« Je pense, à cause de la na­ture de la marque de com­merce Bret Eas­ton El­lis, que les gens s’ima­ginent que ma vie est beau­coup plus gla­mour qu’elle l’est en réa­li­té. Mais en­core... en tour­née mon­diale, je ne peux pas le ca­cher, c’est gla­mour. C’est une vie étrange que j’ai, je l’ad­mets. »

Lors­qu’il ren­tre­ra à L.A. à la fin de sa tour­née, Bret Eas­ton El­lis tra­vaille­ra sur un pro­jet d’émis­sion de té­lé qui lui tient à coeur et sou­haite en tour­ner quelques épi­sodes. Un pro­jet de film flotte aus­si dans l’air. « À part ce­la, mon pro­jet, c’est tout sim­ple­ment de vivre ma vie. »

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