« LES AR­TISTES SONT PRÈS DES CI­TOYENS «

Le Journal de Quebec - Weekend - - ACTUALITÉ - Mi­chelle Coudé-Lord MCLORD@JOUR­NALMTL.COM

Deux ar­tistes, mais avant tout la lutte de deux ci­toyens en­ga­gés. Do­mi­nic Champagne, le créa­teur du spec­tacle Love, est au coeur du dé­bat sur l’ex­ploi­ta­tion des gaz de schiste, et Roy Du­puis est as­so­cié à la Fon­da­tion Ri­vières de­puis dé­jà plu­sieurs an­nées. Ils sont les voix des sans voix, di­sen­tils. Ils veulent que le ci­toyen s’in­forme pour mieux contrer les hauts di­ri­geants au pou­voir qui veulent leur en pas­ser des pe­tites vites. Do­mi­nic Champagne ira prê­ter main-forte à son ami Roy Du­puis le soir du 14 no­vembre, lors d’un grand spec­tacle-bé­né­fice. Prendre la pa­role pour pré­ve­nir le pire, c’est le coeur de leur dé­marche.

Je ci­te­rai Sol­je­nit­syne qui dit : « En se re­ti­rant dans sa tour d’ivoire, l’ar­tiste risque d’aban­don­ner le monde aux mains des mer­ce­naires, des nul­li­tés si­non des fous », rap­pelle Do­mi­nic Champagne.

Et il conti­nue : « Par­fois, lors­qu’on s’en­ferme dans notre bulle de créa­tion, on sent qu’on vit en de­hors du monde parce que nous sommes com­plè­te­ment ha­bi­tés, par une oeuvre, par la quête de cette créa­tion-là. Il y a des temps où on sort de notre bulle et on est aus­si les ci­toyens du monde, comme n’im­porte quel autre homme. »

« Je pense que dans mon cas, dans ce dos­sier, c’est ce­la qui s’ex­prime. Je n’ai pas une grande âme de mi­li­tant, mais quand j’ai vu mes contem­po­rains comme Luc Pi­card et Roy Du­puis s’im­pli­quer dans des causes, j’ai tou­jours eu une fier­té pour eux, car on sait que c’est un tra­vail d’ab­né­ga­tion. Je n’es­saie pas de me faire un ca­pi­tal de sym­pa­thie avec ce­la. Au contraire, je me fais crier des bê­tises. Mais, je sais que je suis la voix des ci­toyens. Mon mé­tier, c’est d’ailleurs d’être la voix. J’ai même été la voix des Beatles pen­dant un cer­tain temps. Je ne veux pas qu’un jour on vienne m’ex­pro­prier. Je prends la pa­role pour le pro­duc­teur lai­tier de mon vil­lage Des­chaillons­sur-Saint-Laurent, qui ne peut pas le faire puis­qu’il doit tra­vailler. Moi, prendre la pa­role, c’est mon mé­tier », confie en en­tre­vue au Jour­nal de Mon­tréal Do­mi­nic Champagne.

LE MO­RA­TOIRE... POUR­QUOI?

In­té­res­sant, cette pe­tite anec­dote qu’il ra­conte sur l’his­toire de sa fa­mille et An­dré Caillé, l’homme qu’il doit af­fron­ter dans le dos­sier de l’ex­ploi­ta­tion du gaz de schiste.

« Il ha­bite la mai­son où mon grand­père ma­ter­nel a vé­cu. Donc mon père et ma mère se sont fré­quen­tés dans cette mai­son. Nous par­ta­geons donc la même mai­son. Je ne voudrais pas qu’un jour une eau conta­mi­née vienne han­ter cette de­meure. » Do­mi­nic Champagne aime faire sa­voir qu’il ne s’op­pose pas fon­da­men­ta­le­ment à l’ex­ploi­ta­tion du gaz de schiste.

« S’op­po­ser gra­tui­te­ment sans sa­voir, c’est trop fa­cile, on dis­cré­dite alors le mes­sage. Mais trop de ques­tions res­tent sans ré­ponse. Les pré­oc­cu­pa­tions des ci­toyens sont lé­gi­times », conclut Do­mi­nic Champagne.

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