Le nou­veau film de Ca­net dé­çoit un peu

Le Journal de Quebec - Weekend - - ACTUALITÉ -

Le très at­ten­du film de Guillaume Ca­net Les pe­tits mou­choirs est sor­ti en France la se­maine der­nière. Mal­gré une dis­tri­bu­tion de rêve (Ma­rion Co­tillard, François Clu­zet, Jean Du­jar­din, Gilles Lel­louche), cette comédie dra­ma­tique sur l’ami­tié souffre de quelques lon­gueurs et n’a pas fait l’una­ni­mi­té dans la presse fran­çaise.

Après un thril­ler ( Ne le dis à per­sonne), l’ac­teur et réa­li­sa­teur fran­çais Guillaume Ca­net nous ra­conte l’his­toire d’une bande d’amis en va­cances au Cap Ferret, près de Bor­deaux, dans la grande mai­son d’été de l’un d’eux.

Ils ont tous dé­ci­dé de par­tir comme pré­vu mal­gré le fait que leur ami Lu­do (Jean Du­jar­din) re­pose dans un état grave à l’hô­pi­tal. Loin de Paris et de leur ami, ils ten­te­ront alors de pas­ser du bon temps entre rires, re­pas bien ar­ro­sés, culpa­bi­li­té, pro­blèmes de couple et re­mise en ques­tion exis­ten­tielle.

Ca­net parle d’une gé­né­ra­tion, les 30-40 ans, avec ou sans en­fants, en­core un peu ado­les­cente, égo­cen­trique et qui a peur de l’en­ga­ge­ment.

On a certes be­soin de quelques mou­choirs pour pas­ser au tra­vers la fin lar­moyante des Pe­tits mou­choirs (les larmes cou­laient dans la salle et même des san­glots se fai­saient en­tendre) et le film donne éga­le­ment lieu à quelques scènes de franches ri­go­lades. Mais les blagues, par­fois lourdes, tombent sou­vent à plat alors que cer­taines dis­cus­sions d’ados at­tar­dés volent par­fois très bas.

UN FILM CHO­RAL

La du­rée du film (plus de 2h30) ne fait qu’éti­rer ce film cho­ral com­po­sé d’une mo­saïque de scènes qui se suf­fisent sou­vent à elles-mêmes. Cer­tains per­son­nages, plus ou moins per­ti­nents, sont vi­si­ble­ment de trop comme ce­lui de l’ado égoïste et naïf in­ter­pré­té par Laurent La­fitte.

Ca­net ar­rive en fait à nous faire rire et à nous émou­voir, mais sou­vent dans l’ex­cès. Il manque une cer­taine re­te­nue et une cer­taine fi­nesse qui au­raient ser­vi aux per­son­nages et les au­raient sans doute ren­dus un peu plus sym­pa­thiques et cré­dibles. On au­rait alors pu croire à l’au­then­ti­ci­té de cette bande d’amis un peu per­due et lou­foque.

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