UNE LÉ­GENDE IN­VÉ­TÉ­RÉE

Le Journal de Quebec - Weekend - - ACTUALITÉ - Darryl Ster­dan Agence QMI

TO­RON­TO | C’est l’Hal­lo­ween tous les jours pour Ozzy Os­bourne qui, à bien­tôt 62 ans, et mal­gré une vie à brû­ler la chan­delle par les deux bouts, ne semble pas en voie de s’ar­rê­ter.

L’homme qui man­geait des chau­ves­sou­ris à une autre époque se­ra au Centre Bell le 23 no­vembre, en plus de se pro­duire le même mois à Vic­to­ria, Van­cou­ver, Cal­ga­ry, Ed­mon­ton, Win­ni­peg, Ottawa et To­ron­to. Bref, Ozzy se paye une vraie tour­née ca­na­dienne comme en­core peu d’ar­tistes amé­ri­cains le font de nos jours.

Il faut en don­ner le cré­dit au vieux diable, qui a en­core quelques tours dans son sac, et aus­si à son nou­veau groupe qui, dans le cadre de cette tour­née, nous rap­pelle la glo­rieuse époque du rock et du mé­tal.

Lors de l’en­tre­vue qu’Ozzy Os­bourne nous a ac­cor­dée, les blas­phèmes abon­daient, mais ils ne vont pas sans le per­son­nage plus vrai que na­ture.

« Je vais être tout à fait hon­nête avec vous, j’ai plus de plai­sir au­jourd’hui que je n’en ai ja­mais eu », af­firme l’an­cien chan­teur du groupe Black Sabbath, qui, lors d’un ar­rêt au Ja­pon, hurle lit­té­ra­le­ment dans son cel­lu­laire.

«J’avais l’ha­bi­tude de m’en­ga­ger dans une tour­née avec des ap­pré­hen­sions. Je m’in­quié­tais tou­jours: est-ce que ma voix va te­nir le coup? Vais-je être cor­rect? Vais-je res­ter sobre? Mais, je vous dis que cette fois, avec Tom­my Clu­fe­tos à la bat­te­rie et Gus G. à la gui­tare, nous sommes im­bat­tables. Nous avons tel­le­ment de plai­sir que les concerts durent de plus en plus long­temps. Le spec­tacle le plus long que je n’ai ja­mais fait s’est pro­duit au Ca­na­da. Je pense que c’était à Mon­tréal, lors de ma der­nière tour­née. Il a du­ré trois heures. Avec ce groupe, nous fai­sons ac­tuel­le­ment un spec­tacle de 2h15. De la fa­çon que les choses se pré­sentent, je vais en­core battre mon re­cord au Ca­na­da.»

Ce­la fait 40 ans que le disque Pa­ra­noid est sor­ti. Est-ce dur à ava­ler que le temps ait pas­sé si vite?

C’est dur à croire, f… . Je suis en­core f….ing ici, c’est sur­tout ce­la qui est dif­fi­cile à ava­ler. Le temps, en pas­sant, s’at­taque à votre vi­tesse, vous sa­vez? Il n’y a pas si long­temps, j’avais 50 ans. Main­te­nant, je m’en vais sur mes 62 ans! F… me.»

Com­ment peut-on ex­pli­quer que vos deux der­niers al­bums, Scream et Black Rain, soient par­mi ce que vous avez fait de mieux en car­rière, alors que vous ap­pro­chez l’âge où la plu­part des gens prennent leur re­traite?

Pour être ab­so­lu­ment hon­nête avec vous, ce n’est pas tant moi. Tout le cré­dit va à mon pro­duc­teur, Ke­vin Chur­ko. Il a eu la pa­tience du f….ing diable avec moi. Scream a été en ma­jeure par­tie écrit et créé en stu­dio. Il s’as­seyait là et m’écou­tait pen­dant des heures, jour après jour. Je n’ai pas la pa­tience moi-même pour faire ce­la. J’ai la ca­pa­ci­té d’at­ten­tion d’un f….ing mou­che­ron.»

Était-ce dif­fi­cile de pro­duire Scream après avoir per­du Zakk Wylde? Il était votre gui­ta­riste et bras droit de­puis 20 ans.

Lais­sez-moi dire les choses di­rec­te­ment: je n’ai pas per­du Zakk. Il était temps pour moi d’avan­cer. J’aime le gars au­tant que je l’ai tou­jours ai­mé, et au­tant que je l’ai­me­rai tou­jours. Il est comme un membre de ma fa­mille, vous sa­vez. Je me rap­pelle quand il était à l’hô­pi­tal, il y a long­temps. Il avait un caillot de sang dans la hanche ou la jambe, je ne sais plus trop. Bref, je lui ai en­voyé un cour­riel lui di­sant: Zakk, si tu meurs avant moi, je vais f…ing te tuer. »

Par­lant de forme, je com­prends que vous écri­vez main­te­nant une chro­nique qui donne des conseils en ma­tière de san­té?

C’est juste pour le plai­sir, vous sa­vez. Les gens me posent des ques­tions. Cer­tains sont vrai­ment in­té­res­sants. Je peux m’iden­ti­fier à eux. Une lettre que j’ai re­çue ré­cem­ment m’a par contre ren­du fou. Quand j’uti­lise les toilettes pu­bliques, je me lave les mains après avoir fait ce que j’avais à faire, f… . Mais, après, il faut que j’ouvre la f...ing porte où toutes ces autres mains sales sont pas­sées avant moi. Quel est le f…ing en­jeu à pro­pos de ce­la? Je n’ai pas de pho­bie en­vers les germes, mais je ne veux pas tou­cher une porte qui a plus de mi­crobes sur sa poi­gnée qu’un f…ing bor­del.»

J’au­rais cru que vous au­riez vos propres toilettes peu im­porte où vous al­liez?

Oui, bien j’ai­me­rais ce­la, mais je ne suis pas le f…ing Prince Charles. Je suis le Prince des té­nèbres.»

Votre fils Jack tourne un do­cu­men­taire à votre su­jet. Va-t-il être plus gen­til ou plus dif­fi­cile avec vous parce que vous êtes son père?

Je n’ai pas en­core vu une seule f...ing image de cette chose. Il est là-des­sus de­puis tel­le­ment long­temps que je lui ai dit qu’il de­vrait l’in­ti­tu­ler Chi­nese De­mo­cra­cy 2 [N.D.L.R.: le sixième al­bum de Guns N’ Roses qui a mis des an­nées avant d’ar­ri­ver en ma­ga­sin]. Mais, j’ai en­ten­du dire que c’est très bon. Il a ob­te­nu une en­tre­vue avec Paul McCart­ney. Mais, je lui ai dit: “Jack, ne fais pas de moi le gars le plus gen­til, parce que cer­taines per­sonnes vont dire: bien sûr, c’est son fils. Il a été un f…ing trou du cul quand il est ve­nu tour­ner à la mai­son. Je ne m’en fais pas à pro­pos de tout ce que le do­cu­men­taire va ré­vé­ler. Je n’ai ja­mais été gê­né. J’ai fait plu­sieurs choses par­ti­cu­liè­re­ment et f…ing stu­pides au cours de ma vie. Merde, c’est comme ça qu’on me connaît.»

J’ai lu que votre fille Kel­ly a fait en­le­ver ses ta­touages. Fe­riez-vous de même?

Moi? Non. Je suis f...ing trop vieux. Je pense que si vous vou­lez être spé­cial de nos jours, n’ayez pas un ta­touage. Tout le monde en a f…ing un. J’ai eu les miens

J’ai plus de plai­sir au­jourd’hui que je n’en ai ja­mais eu

avant que ce­la ne de­vienne f…ing à la mode. Main­te­nant, vous voyez ces filles se pro­me­nant à Los An­geles avec des ta­touages par­tout. Ça va être beau à 75 ans.»

J’ai par­lé ré­cem­ment à Gee­zer But­ler qui m’a dit qu’il ai­me­rait re­par­tir sur la route avec la bande de Black Sabbath pour une tour­née mon­diale.

Je de­vine qu’il vou­drait bien (il ri­gole). Je ne dis pas que je ne le fe­rais pas. Mais pas main­te­nant. J’ai en­core une an­née de­vant moi avant de fi­nir ma tour­née ac­tuelle. Et si je fais un jour une tour­née avec Black Sabbath, il de­vra pro­mettre d’ar­rê­ter de se plaindre. Je l’aime Gee­zer, mais il y a tou­jours quelque chose avec lui. Il est du genre à dire “Ohhhh” et moi je suis por­té alors à lui ré­pondre “Oui, c’est bien de te voir aus­si, Gee­zer”.

Vous de­vez tou­jours vous faire de­man­der les mêmes ques­tions. Y a-t-il quelque chose dont vous ai­me­riez par­ler, un as­pect que per­sonne n’aborde avec vous?

Bien, c’est agréable quand quel­qu’un me de­mande autre chose que: “Qu’est-ce qu’une chau­ve­sou­ris goûte?” Je veux dire, f… off, vous sa­vez? J’étais au mar­ché l’autre jour et ce gars est ar­ri­vé avec sa ca­mé­ra, lui qui tra­vaille pour une chaîne comme KLF ou TLC, peu im­porte. Et il m’a dit: “Alors, Ozzy, al­lez-vous vous ache­ter une chau­ve­sou­ris pour dî­ner?” Je lui ai ré­pon­du: “Est-ce que c’est tout ce que tu as f...ing à me de­man­der?” C’est la plus stu­pide f...ing ques­tion que j’ai en­ten­due cette se­maine-là. Et le gars a ajou­té: “Oui, je sup­pose que oui.” C’est le genre de trucs avec les­quels je dois com­po­ser.»

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