KING DÉ­POUS­SIÉ­RER LE

Le Journal de Quebec - Weekend - - MUSIQUE - Da­ny Bou­chard DBOU­CHARD@JOUR­NALMTL.COM

Res­sor­tir El­vis en 2010 et of­frir aux fans purs et durs une autre image de leur idole près de 60 ans après l’en­re­gis­tre­ment de ses pre­mières chan­sons, tel a été le man­dat d’Éric Létourneau pour la créa­tion du spec­tacle Vi­va El­vis et de l’al­bum qui en a dé­cou­lé.

Le spec­tacle Vi­va El­vis, créé par le Cirque du So­leil à Las Ve­gas avec la mu­sique du King, s’ar­ti­cule au­tour de quelque 35 chan­sons d’El­vis, com­plè­te­ment re­tra­vaillées et construites avec de nou­veaux sons par le Qué­bé­cois Éric Létourneau, alias Érich Van Tour­neau.

Du spec­tacle est né un al­bum, éga­le­ment bap­ti­sé Vi­va El­vis, qui se­ra en ma­ga­sins à comp­ter du 9 no­vembre.

L’al­bum compte une dou­zaine de pièces choi­sies par­mi les plus connues d’El­vis : Blue Suede Shoes, That’s Al­right, Heart­break Ho­tel, Love Me Ten­der (en duo avec Marie-Mai), Bur­nin Love et Sus­pi­cious Minds, pour ne nom­mer que celles-là.

« Le man­dat que j’ai eu, c’était d’ame­ner El­vis en 2010, dit Éric Létourneau. De faire comme si El­vis ré­en­re­gis­trait toutes ses chan­sons pour la pre­mière fois. C’était de rendre toutes les tounes mo­dernes pour les faire dé­cou­vrir à une nou­velle gé­né­ra­tion de fans. »

Éric Létourneau a com­men­cé à tra­vailler sur le pro­jet il y a trois ans. « J’ai écou­té toutes les tounes et tout ce qui existe sur le su­jet : 914 al­bums, ses 33 films, des en­re­gis­tre­ments mai­son... El­vis a joué long­temps à Las Ve­gas. Il fai­sait deux spec­tacles par soir et il en­re­gis­trait tout. (...) Il s’en­re­gis­trait sou­vent (à la mai­son ou tan­dis qu’il était à l’ar­mée) avec un pe­tit ma­gné­to­phone », ra­conte Éric Létourneau.

Ce der­nier a même fait ap­pel à des col­lec­tion­neurs, mais il n’a ja­mais trai­té di­rec­te­ment avec Pris­cil­la Pres­ley. « Je lui ai par­lé pour la pre­mière fois à la pre­mière du spec­tacle », dit-il.

Ma­niaque d’échan­tillon­nage, Éric Létourneau a iso­lé des di­zaines de sons et les a in­té­grés aux chan­sons ori­gi­nales d’El­vis. Ré­sul­tat? Des chan­sons en­core plus rock, presque « punk » par mo­ments, des gui­tares lourdes, un rythme plus ra­pide... Bref, tout ce qu’il faut pour char­mer les jeunes.

« J’ai eu trois mois pour faire l’al­bum. (...) C’était le temps de pla­cer les sons. J’ai tra­vaillé 17 heures par jour pen­dant 3 mois. Dans ma tête, c’est comme un vo­lume un », dit-il, pré­ci­sant que ce se­rait pour lui une suite lo­gique si les autres chan­sons du spec­tacle étaient elles aus­si cou­chées sur un al­bum.

« On n’a pas dis­cu­té de ça, mais je pense qu’il de­vrait y en avoir un autre », dit-il.

« J’ES­PÈRE QU’IL SE­RAIT FIER »

Pris­cil­la Pres­ley a dé­jà ra­con­té qu’un jour, El­vis était en­tré dans une co­lère ter­rible en en­ten­dant à la ra­dio une ver­sion de Sus­pi­cious Minds qu’il croyait re­tou­chée par le Co­lo­nel Par­ker, qui sou­hai­tait ap­pa­rem­ment faire res­sor­tir sa voix des choeurs. De toute évi­dence, le King n’ai­mait pas tel­le­ment

qu’on re­touche ses chan­sons.

« J’es­père qu’il se­rait fier. L’éner­gie qu’il y a là-de­dans, la drive des chan­sons, c’est du El­vis. Il y a beau­coup de coeur, de sen­si­bi­li­té et d’éner­gie dans les chan­sons. J’ai tout don­né, j’ai fait mon de­voir.

« J’ai un lien avec El­vis, la mu­sique qui a fait ce qu’il est – celle des an­nées 1930 et 1940 –, je suis un ma­niaque de ça. J’ai gar­dé l’es­sence d’El­vis. Je n’au­rais pas peur, dit-il à l’idée de pré­sen­ter son al­bum au King s’il était en­core en vie. Je se­rais cu­rieux. »

De toutes les chan­sons de l’al­bum, Éric Létourneau dit avoir un faible pour

Blue Suede Shoes et Can’t Help Fal­ling in Love. « J’ai fait la gui­tare acous­tique sur Ca

n’t Help Fal­ling in Love, dit-il. Dans ma tête, c’était comme si El­vis ve­nait de re­ce­voir la chan­son et qu’il jam­mait là- des­sus. C’est une track qui vient d’un huit pistes, l’une des rares oc­ca­sions où sa voix est plus iso­lée.

« C’est presque comme tou­cher au Saint-Suaire », dit-il en par­lant des en­re­gis­tre­ments rares qu’il a pu ma­ni­pu­ler.

Éric Létourneau af­firme ne pas avoir en­core en­ten­du la ver­sion de Love Me

Ten­der, sur la­quelle Marie-Mai a joint sa voix à celle d’El­vis.

« Marie-Mai a l’es­prit de jeu­nesse que je veux in­suf­fler à l’al­bum », dit-il à ce su­jet.

POUR LES AUTRES GÉ­NÉ­RA­TIONS

Grand fan du King, on le de­vine ai­sé­ment, Éric Létourneau a sa « pé­rio-

dede » fa­vo­rite : celle des - dé­buts, entre 1954 et 1958. « De l’époque de Sun Re­cords à RCA, dit-il. Dans ce temps-là, il avait les meilleurs song

wri­ters. » Pour les fans purs et durs, qui pour­raient ju­ger les nou­veaux ar­ran­ge­ments du spec­tacle et du disque, Éric Létourneau a un mes­sage très clair.

« El­vis était un pion­nier. Il a bous­cu­lé la mu­sique, il a créé le rock’n’roll. Il n’a pas fait ça en res­tant sur ses po­si­tions, mais en ex­plo­rant, en re­pous­sant les li­mites. J’es­père que les hard­core fans vont se rap­pe­ler ça. Ils de­vraient être heu­reux qu’El­vis parle à d’autres gé­né­ra­tions. »

« Les vraies ver­sions exis­te­ront tou­jours, elles ne s’au­to­dé­trui­ront pas comme dans Mis­sion : Im­pos­sible. C’est une autre photo d’El­vis, prise sous un autre angle. »

Éric Létourneau n’est pas mê­lé aux spec­tacles que pré­pare le Cirque du So­leil avec la mu­sique d’un autre roi, ce­lui de la pop : Mi­chael Jackson.

« Il y a tel­le­ment de pro­jets avec le Cirque. Alors, ce n’est pas im­pos­sible qu’on re­tra­vaille en­semble », pré­cise-t-il.

Éric Létourneau a dif­fé­rents pro­jets per­son­nels qu’il veut me­ner à terme et il dit être en pour­par­lers pour si­gner la mu­sique d’un film aux États-Unis.

L’al­bum Vi­va El­vis se­ra en ma­ga­sin le 9 no­vembre.

PHOTO COUR­TOI­SIE DE ÉRIC LÉTOURNEAU

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