Un en­traî­ne­ment in­tense pour NAO­MI WATTS

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Isabelle Hontebeyrie Agence QMI

Après La mé­moire dans la peau et M. et Mme Smith, le réa­li­sa­teur Doug Li­man s’est tour­né vers un thril­ler po­li­tique en ra­con­tant l’af­faire Plame-Wilson, scan­dale po­li­tique qui écla­bous­sa le ré­gime de George W. Bush en 2006.

Va­le­rie Plame (Nao­mi Watts) est une agente se­crète de la CIA et gère des in­for­ma­teurs aux quatre coins du monde. Son ma­ri, Jo­seph Wilson (Sean Penn), est un an­cien char­gé d’af­faires de l’am­bas­sade amé­ri­caine en Irak.

À la de­mande de l’agence de ren­sei­gne­ments, il se rend au Ni­ger en 2002 pour étu­dier d’éven­tuelles ventes d’ura­nium de ce pays afri­cain à l’Irak, qui sou­haite se do­ter de l’arme nu­cléaire. Les conclu­sions de son rap­port sont sans ap­pel: au­cune tran­sac­tion du genre n’a eu lieu.

Quelques mois plus tard, le pré­sident Bush uti­lise cette en­quête pour dé­cla­rer que le ré­gime de Sad­dam Hus­sein cherche à se pro­cu­rer de quoi fa­bri­quer la bombe. Wilson ré­plique via un édi­to­rial pu­blié dans le New York Times. Ce geste met le feu aux poudres, la cou­ver­ture de Va­le­rie Plame est grillée, son nom est don­né aux mé­dias.

DRAME HU­MAIN

« Pour moi, En­jeux n’est pas un film po­li­tique. J’aime à pen­ser que j’au­rais ré- ali­sé le même film si l’his­toire avait mis en cause l’ad­mi­nis­tra­tion Oba­ma », in­siste Doug Li­man en pré­sen­tant En­jeux, qui prend l’af­fiche le 5 no­vembre. Car, pas fa­cile, au pays de l’Oncle Sam, et moins de dix ans avant l’an­ni­ver­saire des at­ten­tats du 11 sep­tembre, de re­mettre en cause les rai­sons de l’in­va­sion de l’Irak en 2003. « Ce qui m’a pas­sion­né dans le scé­na­rio, c’est la vie conju­gale de Va­le­rie et Joe. Mal­gré tout ce que j’ai en­ten­du de la part d’agents de la CIA, c’est tou­jours ce qui m’a fas­ci­né. »

Le ci­néaste s’at­tarde donc à mon­trer com­ment le couple vi­vait, au jour le jour, avec les obli­ga­tions pro­fes­sion­nelles de la jeune femme et mère de fa­mille.

« Va­le­rie était une agente se­crète, la CIA dé­pense des mil­lions de dol­lars pour éta­blir la cou­ver­ture de per­sonnes comme elle. S’il y a des James Bond, ce sont eux. »

FOR­MA­TION À LA CIA

En l’ab­sence de Sean Penn, c’est Nao­mi Watts qui a ex­pli­qué la pré­pa­ra­tion né­ces­saire à ce thril­ler his­to­rique.

Les deux ac­teurs ont no­tam­ment pas­sé du temps avec Va­le­rie Plame et Joe Wilson de ma­nière à s’im­pré­gner de leur psy­cho­lo­gie, même si le scé­na­rio de Jez et John-Hen­ry But­ter­worth est ti­ré des livres écrits par les pro­ta­go­nistes. Par contre, c’est l’ac­trice aus­tra­lienne de 42 ans qui, quelques mois à peine après la nais­sance de son deuxième fils, a sui­vi le même en­traî­ne­ment que ce­lui ré­ser­vé aux « vrais » agents.

« C’était in­tense, confie Nao­mi Watts. Je n’avais que le droit de voir mon bé­bé pour l’al­lai­ter. Quand Doug a quit­té le camp, l’un des en­traî­neurs m’a envoyée au tapis. J’ai im­mé­dia­te­ment crié de dou­leur et je me suis fait dire que je ne de­vais crier que si j’avais be­soin d’al­ler à l’hô­pi­tal. J’ai fait des choses ex­tra­or­di­naires que je n’au­rai plus ja­mais l’oc­ca­sion, ni l’en­vie d’ailleurs, de réa­li­ser. J’ai ain­si ma­nié des ex­plo­sifs, fait sau­ter des voi­tures, etc. »

Doug Li­man ajoute : « J’ai as­sis­té à la pre­mière heure et on nous a mon­tré des vi­déos de gens en train d’être tués de la pire ma­nière pos­sible. » Mais à la ques­tion de sa­voir quelle est la pire chose que Nao­mi a dû ef­fec­tuer, elle ré­pond : « Je n’ai même pas le droit d’en par­ler. » Car la CIA ne veut pas que l’in­for­ma­tion puisse ser­vir à des en­ne­mis des États-Unis.

EN­JEUX

Nao­mi Watts et Sean Penn.

La vie de Va­le­rie Plame a ins­pi­ré le film En­jeux.

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