LES QUIZ PEUVENT ÊTRE IN­TEL­LI­GENTS

Le Journal de Quebec - Weekend - - TÉLÉVISION -

Mon beau-frère ne jure que par Ques­tions pour un cham­pion, un jeu-ques­tion­naire quo­ti­dien ba­sé sur des ques­tions de culture gé­né­rale, de­puis 1988 la lo­co­mo­tive des dé­buts de soi­rée à France 3. Comme il ha­bite Québec, il re­garde l’émis­sion à TV5. J’aime as­sez moi aus­si, mais comme il y a beau­coup d’autres émis­sions in­té­res­santes à cette heure, je re­garde as­sez peu ce quiz.

À Paris, il y a une di­zaine de jours, je suis d’un seul coup de­ve­nu ac­cro à un jeu-ques­tion­naire in­tel­li­gent et sur­tout très ins­truc­tif. Avec deux qua­li­tés pa­reilles, le jeu pour­rait être en­nuyeux, mais In­croyables ex­pé­riences — c’est le titre du quiz — est une émis­sion fort di­ver­tis­sante.

Ce soir-là, mal­gré la vive concur­rence de Mia­mi, de Beau­tés déses­pé­rées et d’une autre sé­rie dra­ma­tique, le jeu-ques­tion­naire a at­ti­ré plus de trois mil­lions de spec­ta­teurs, soit 12 % de parts de mar­ché.

In­croyables ex­pé­riences com­men­çait ain­si en lion sa troi­sième sai­son sur les ondes de France 3.

DEUX ÉQUIPES S’AF­FRONTENT

Le quiz mise sur la cu­rio­si­té et l’in­tel­li­gence des té­lé­spec­ta­teurs. Pe­tits ou grands, on reste tou­jours bouche bée de­vant des phé­no­mènes na­tu­rels éton­nants ou des pro­prié­tés phy­siques stu­pé­fiantes qui semblent très sou­vent in­ex­pli­cables.

Sur le pla­teau, de­vant un pu­blic at­ten­tif, un jour­na­liste vul­ga­ri­sa­teur, Ja­my Gour­maud, se livre à des ex­pé­riences spec­ta­cu­laires et ex­plique les phé­no­mènes les plus im­pres­sion­nants au moyen de ma­quettes, de dé­mons­tra­tions ou de vé­ri­fi­ca­tions toutes plus amu­santes les unes que les autres. Une ani­ma­trice fort al­lu­mée mais sans au­cune pré­ten­tion, Ta­nia Young, pose à ses ve­dettes in­vi­tées des ques­tions se rap­por­tant à ces ex­pé­riences. Di­vi­sées en deux équipes, les ve­dettes doivent gé­né­ra­le­ment choi­sir entre trois hy­po­thèses la seule qui ex­plique le phé­no­mène qu’on vient de leur mon­trer.

SERGE DU­PIRE EN VE­DETTE

Le soir en ques­tion, notre co­mé­dien qué­bé­cois Serge Du­pire, ve­dette du té­lé­ro­man quo­ti­dien Plus belle la vie à France 3, a été le pre­mier à être mis à contri­bu­tion. Les deux équipes de­vaient dé­ter­mi­ner qui, d’un en­fant de trois ou quatre ans, d’une femme ou d’un homme adulte, peut don­ner le plus ra­pi­de­ment le nom des cou­leurs écrit sur un ta­bleau. Le hic, c’est que les noms écrits en cou­leur ne cor­res­pondent pas à la cou­leur qu’ils in­diquent. Bleu peut être écrit en vert, jaune en rouge, noir en gris, etc. L’une des équipes a choi­si la femme et Serge Du­pire, dans l’autre équipe, a plu­tôt dit que c’est l’en­fant qui se­rait le plus ra­pide. Comme on de­mande aus­si aux équipes de jus­ti­fier leur choix, Serge a ex­pli­qué qu’un en­fant ne sa­chant pas lire de­vrait le mieux réus­sir, puis­qu’il ne se­rait pas in­fluen­cé par le mot écrit.

Ap­pe­lé à faire l’ex­pé­rience, Du­pire l’a réus­sie en 39 se­condes, la femme de l’équipe ad­verse, en 29,6 se­condes, et l’en­fant, qu’on était al­lé fil­mer dans une ma­ter­nelle, en 23 se­condes. Comme Du­pire l’avait ima­gi­né, ne sa­chant pas lire, les noms écrits ne l’avaient pas han­di­ca­pé.

Ce jeu des cou­leurs n’était que l’une des cinq ou six ex­pé­riences scien­ti­fiques abor­dées du­rant le quiz. Un quiz dont un vul­ga­ri­sa­teur scien­ti­fique de la qua­li­té de Fernand Se­guin au­rait pu être un ar­ti­san et un ani­ma­teur hors du com­mun.

Mais Fernand Se­guin est mort de­puis belle lu­rette et au­cun de nos dif­fu­seurs n’a eu en­core la bonne idée d’ache­ter ce concept de quiz ba­sé sur la vul­ga­ri­sa­tion scien­ti­fique. Dom­mage pour notre pu­blic!

Serge Du­pire a par­ti­ci­pé au quiz In­croyables ex­pé­riences en France.

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