La Loire en quelques vins

Dans le grand jeu du ba­lan­cier de la vie, alors qu’une idée, un style, fi­nit tou­jours par être chas­sé par son contraire, il ne pou­vait faire au­tre­ment que les vins de la Loire de­viennent (ou re­de­viennent) à la mode.

Le Journal de Quebec - Weekend - - TOURISME - Claude Langlois clan­glois@jour­nalmtl.com

Je parle de chez nous, mais aus­si d’autres mar­chés, car en France, ils ont tou­jours été po­pu­laires. D’ailleurs, 80 % de la pro­duc­tion to­tale des vins de la Loire est ven­due sur le mar­ché do­mes­tique, prin­ci­pa­le­ment en ré­gion pa­ri­sienne.

De fait, pour­quoi re­viennent-ils à la mode? Pour les mêmes rai­sons, si je puis dire, que le beau­jo­lais.

Après des an­nées de vins puis­sants, tan­niques et riches en al­cool, de plus en plus de gens re­cherchent des vins lé­gers, fa­ciles à boire, di­gestes.

D’ailleurs, c’est là tout ce que la Loire à of­frir, et ce­la, sans pré­ten­tion. Une chance pour eux, si on peut dire, en tout cas, c’en est une pour les ama­teurs de ce type de vin, Robert Par­ker ne les aime pas.

« Nous po­si­tion­nons nos vins comme une al­ter­na­tive aux vins des grandes ré­gions mieux connues », ex­pli­quait ré­cem­ment M. Jean-Pierre Gou­vaze, re­pré­sen­tant d’In­ter­Loire, l’in­ter­pro­fes­sion de la ré­gion, qui était de pas­sage à Mon­tréal.

Mine de rien, La Loire est quand même la plus grande ré­gion vi­ti­cole fran­çaise en su­per­fi­cie.

C’est aus­si celle qui est la plus di­ver­si­fiée. On y trouve des blancs, des rouges, des ro­sés, des mous­seux, et ce­la en sec, de­mi-sec et en moel­leux, et dé­cli­nés en une bonne qua­ran­taine d’ap­pel­la­tions.

Les plus connus chez nous sont sû­re­ment San­cerre, Pouilly-Fu­mé, Vou­vray, Mus­ca­det, Cré­mant de Loire, An­jou, Chi­non, Bour­gueil, Sau­mur et Tou­raine.

Bref, nous avons goû­té, lors du pas­sage de M. Gou­vaze, une bonne tren­taine de vins, his­toire d’avoir un por­trait gé­né­ral de la ré­gion. Voi­ci, par­mi ces vins, ceux qui m’ont plu da­van­tage.

BLANCS

√ La Sa­blette 2009, Mus­ca­det Sévre et

Maine (14,70 $) - Droit en at­taque, ai­ma- ble­ment ar­ron­di en mi­lieu de bouche, im­pec­cable pour le prix. On com­prend son grand suc­cès. √ Ré­my Pan­nier 2009, Mus­ca­det Sèvre et Maine (12,50 $) - Plus simple, plus dé­pouillé que le pré­cé­dent, sans non plus son cô­té moel­leux, c’est quand même un bon mus­ca­det cou­rant dont on ap­pré­cie­ra la fraî­cheur. Idéal, en fait, avec la cui­sine chi­noise épi­cée, pour se re­mettre le pa­lais au neutre, si j’ose dire. √ Ex­pres­sion d’Or­tho­gneiss 2009, Mus­ca­det Sèvre et Maine, Do­maine de l’Écu (19,15 $) - Des notes épi­cées comme de gi­rofle au nez, gi­rofle que l’on re­trouve en bouche, une bouche très fraîche, ra­cée; un mus­ca­det qui se dé­marque du lot. √ La Sa­blette 2009, Tou­raine (14,20 $) - Oui, car on trouve aus­si un tou­raine sous ce nom de marque ; on a af­faire ici à un sau­vi­gnon dé­li­cat, au nez comme bouche, une bouche très nette, avec, en­core ici, un jo­li moel­leux en mi­lieu de bouche. √ Do­maine Bel­le­vue 2009, Tou­raine (14,20 $) - Ce vin de sau­vi­gnon a été l’un de mes coups de coeur de l’été : nez dis­tin­gué, belles notes d’agrumes, bouche moel­leuse et char­meuse, en­semble d’une fi­nesse sur­pre­nante pour le prix. √ Louis de Gre­nelle Grande Cu­vée, Sau­mur Mous­seux (19,40 $) - Note grillée dis­crète, du vo­lume et du re­lief, des sa­veurs fines, un beau mous­seux fait de char­don­nay et de che­nin blanc. √ Mou­lin Tou­chais 1997, Co­teaux du Layon (49 $) - Pour ceux qui ne connaissent pas en­core les moel­leux de la Loire, voi­ci l’oc­ca­sion de se mettre... au par­fum. À l’aveugle, au nez, je me se­rais cru vo­lon­tiers en ries­ling, tel­le­ment sont bien pré­sentes des notes d’hy­dro­car­bures. Tou­te­fois, c’est clas­sique, on confond sou­vent les vieux che­nins et les vieux ries­lings. En bouche, le vin est su­cré, mais sou­te­nu par cette re­vi­go­rante aci­di­té du che­nin, ce qui lui donne un cô­té frais, lé­ger, presque aé­rien. Un dé­lice.

ROUGES

√ Saint-Ni­co­las de Bour­gueil 2008, Do­maine Laurent Ma­bi­leau (16,60 $) - Le nez est plus ou moins aro­ma­tique, mais la bouche est très jo­lie : souple, lé­gère et dé­li­cieuse ; c’est un vin de soif et de plai­sir. √ Sau­mur Cham­pi­gny 2009, Louis Roche (16,75 $) - Nez de pe­tits fruits noirs, bouche lé­gère et fa­cile à boire, un autre vin de plai­sir. √ Saint-Florent 2008, Sau­mur, Do­maine Langlois-Châ­teau (15,25 $) - Beau nez de ca­ber­net franc, bouche droite et élé­gante, un beau vin au ta­bleau d’en­semble d’une par­faite net­te­té. Im­pec­cable. √ Châ­teau de Fesles Vieilles Vignes 2007, An­jou, Ber­nard Ger­main (17,95 $) - Jo­lies notes de poi­vron au nez, de la chair et des formes en bouche, tendre, ai­mable, et pré­cis. Ir­ré­sis­ti­ble­ment bon. J’ajoute à ceux-là, en­fin, le très beau Do­maine de la Charmoise 2009, Ga­may de Tou­raine, Hen­ri Ma­rion­net, 12 %, France (Prix : 15,45 $ Code : 329532 *** $1/2) qui a été, hier, mon vin de la se­maine.

OFFERUS

Pe­tite note qui n’a rien à voir : sont ar­ri­vées de­puis quelques se­maines 200 autres caisses de l’Offerus 2007, Saint-Jo­seph, Jean-Louis Chave (26,25 $). Une au­baine à ce prix. Ce­pen­dant, peut-être se sont-elles en­vo­lées ra­pi­de­ment de­puis.

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