« C’EST UN DÉ­FI CO­LOS­SAL »

MON­TRÉAL | Be­noît Brière, qui in­ter­pré­te­ra le boss de la shop d’Yvon Deschamps, parle du « dé­fi de sa car­rière d’ac­teur. »

Le Journal de Quebec - Weekend - - WEEKEND - Mi­chelle Coudé-Lord √ Pour ceux qui veulent avoir des dé­tails du spec­tacle: www.le­bos­sest­mort.com

« C’est une grande res­pon­sa­bi­li­té. On ne veut pas pas­ser à cô­té de ce­la. Avec Do­mi­nic Champagne, le met­teur en scène, nous tra­vaillons de­puis des mois comme si nous étions des ar­chéo­logues, avec des gants et des pe­tits pin­ceaux, afin de dé­ci­der ce qu’on ne met pas dans ce spec­tacle. Vous vous ima­gi­nez, cou­per des mots d’Yvon Deschamps ? C’est une chose épou­van­table », confie en en­tre­vue Be­noît Brière. L’ac­teur parle de ce pro­jet théâtre Le boss

est mort avec un énorme res­pect. « Re­plon­ger dans les textes d’Yvon Deschamps en­core si ac­tuel, on n’a pas idée à quel point c’est un homme qui par­lait à l’homme. C’est non seule­ment in­tem­po­rel, mais, à mon avis, aus­si uni­ver­sel. Yvon parle de l’ex­ploi­ta­tion de l’homme par l’homme, et on peut ac­cep­ter tout de la pa­role de Mon­sieur Deschamps. Il pou­vait trai­ter les gens de cons, mais c’était cor­rect, car ça ve­nait de lui. Ces mots choquent mais font aus­si rire et ré­flé­chir, et il pre­nait tout par son tra­vers, ce qui est ex­cep­tion­nel ».

SES OLYM­PIQUES

Ce spec­tacle Le boss est mort se­ra dé­fi­ni­ti­ve­ment de vé­ri­tables olym­piques pour Be­noît Brière. Il s’y pré­pare d’ailleurs comme un ath­lète.

« Nous al­lons pro­ba­ble­ment tour­ner ce spec­tacle un peu par­tout, si la de­mande est là, mais ce se­ra olym­pien comme show ; c’est très exi­geant, très phy­sique, même, et il me fau­dra être très en forme », as­sure l’ac­teur qui pré­voit à la fin de 2012 s’ar­rê­ter quelques mois. Ce spec­tacle se­ra théâ­tral. Be­noît Brière de­vient le gars de la shop d’Yvon Deschamps. « On m’a de­man­dé sou­vent de faire un one

man show, mais je ne suis pas un stand up. J’ai be­soin d’une fac­ture théâ­trale, et c’est une très grande sé­cu­ri­té de pou­voir se ca­cher der­rière un per­son­nage ».

Il parle dé­jà de son gars de la shop avec une af­fec­tion par­ti­cu­lière.

« C’est un por­trait tel­le­ment juste du Qué­bé­cois moyen, fin des an­nées 60, dans tout ce qu’il y a de dra­ma­tique et de drôle. »

LA PUIS­SANCE DES MOTS

Be­noît Brière consi­dère que c’est un énorme pri­vi­lège de pou­voir dire sur scène les mots puis­sants d’Yvon Deschamps.

« C’est d’une pro­fonde in­tel­li­gence émo­tive. C’est une com­bi­nai­son par­faite de l’émo­tion et de l’in­tel­lect, et chaque thème a une telle in­ci­dence. Cal­vaire que c’est jouis­sif à dire ! Ça pos­sède une telle dé­charge, c’est tel­le­ment lourd de sens. Ce gars-là de la shop est à fleur de peau. Mais comme je vous le dis, ce sont des mots qui ont une telle force, mais, je vous jure, ex­trê­me­ment épui­sant à faire sur scène. Je me de­mande com­ment Yvon fai­sait chaque soir. Quel homme ! », lance, sur un ton ad­mi­ra­tif, Be­noit Brière.

Alors que la so­cié­té est en pleine ré­flexion sur le pré­sent et sur le com­ment, le spec­tacle Le boss est mort n’au­rait pu ar­ri­ver à un meilleur mo­ment, se­lon Be­noît Brière.

« Ce per­son­nage est li­bé­ra­teur pour l’homme, il me fait du bien, à sa fa­çon. Si Yvon com­men­çait sa car­rière main­te­nant, il pro­vo­que­rait, c’est cer­tain. Oui, Le boss

est mort ar­rive dé­fi­ni­ti­ve­ment à un bon mo­ment », conclut le gars de la shop d’Yvon Deschamps. √ La de­mande est telle que, dé­jà, des sup­plé­men­taires ont été ajou­tées. Le pu­blic a hâte de re­trou­ver l’in­tel­li­gence du dis­cours d’Yvon Deschamps par le biais de ce spec­tacle. « C’est un beau ca­deau qu’il nous fait, de don­ner une se­conde vie à ce per­son­nage dans une forme théâ­trale », ré­af­firme Be­noit Brière.

« C’est une très grande res­pon­sa­bi­li­té de mettre en scène et d’in­ter­pré­ter des mo­no­logues d’Yvon Deschamps. C’est une belle et grande aven­ture pour moi et Do­mi­nic Champagne » confie Be­noît Brière, l’homme de confiance d’Yvon Deschamps.

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