« JE RESTE EN­CORE SOU­VE­RAI­NISTE À CAUSE DE LA LANGUE ET DE LA CULTURE »

MON­TRÉAL | « Le Québec sou­ve­rain, peut-être que je vais le voir. C’est la seule ma­nière de pro­té­ger notre langue et notre culture. Le Ca­na­da an­glais n’ac­cep­te­ra ja­mais la loi 101 ; c’est in­ac­cep­table pour le Ca­na­da. De­puis trente ans, si ce­la avait été ac

Le Journal de Quebec - Weekend - - WEEKEND - Mi­chelle Coudé-Lord

Ain­si, il se dit « sou­ve­rai­niste » de­puis tou­jours, mais, si, un jour, le Québec de­vient un pays, ça vien­dra, rap­pelle-t-il, avec des res­pon­sa­bi­li­tés.

« À un mo­ment don­né, nous au­rons une dé­ci­sion à prendre qui va être très im­por­tante. On ne le fe­ra pas né­ces­sai­re­ment par gaie­té de coeur, mais ils ne veulent pas de notre langue, notre culture. Ce ne se­ra pas fa­cile. Il y a des risques. C’est se lan­cer dans l’in­con­nu, car on ne sait pas ce qui va ar­ri­ver, mais nous sommes ren­dus là, je crois », af­firme Yvon Deschamps. Il ne cache pas avoir été sol­li­ci­té à quelques re­prises pour se lan­cer en po­li­tique. « Même au fé­dé­ral, on me l’a de­man­dé, ce que je n’ai ja­mais com­pris », pré­cise l’hu­mo­riste et au­teur ve­dette.

PAS DE PI­TIÉ POUR LES PO­LI­TI­CIENS

Il n’a pas né­ces­sai­re­ment de pi­tié pour les po­li­ti­ciens.

« La po­li­tique a bien chan­gé. Au­jourd’hui, seul le pou­voir compte, et, une fois ren­dus en haut, ils ne savent pas quoi faire avec. Nous sommes durs en­vers les po­li­ti­ciens, mais ils le mé­ritent, car ils ne sont pas à leurs af­faires », ex­prime Yvon Deschamps.

NE CRIEZ PAS APRÈS LES VIEUX

Ré­cem­ment, il a par­ti­ci­pé à une pu­bli­ci­té pour le gou­ver­ne­ment du Québec, contre l’abus des per­sonnes âgées, un mes­sage choc qu’il a écrit.

« C’est écoeu­rant, ce qu’on fait aux vieux. Moi, je le suis et j’aver­tis ma femme de ne pas me par­ler fort. Le mes­sage est clair. Heu­reu­se­ment, je ne souffre pas d’Alz­hei­mer. Je dis à mes en­fants que je veux vivre très vieux, de­ve­nir in­sup­por­table, afin qu’ils aient hâte que je parte, ce qui me ren­drait heu­reux. Je ne veux pas qu’ils aient de la peine à ma mort », ex­prime-t-il, en riant de bon coeur. A-t-il peur de mou­rir? « J’ai long­temps eu peur de la mort, mais il faut bien se faire à l’idée. Quand tu vieillis, tu te rai­sonnes. On sait que ça va ar­ri­ver, mais on ne sait pas com­ment. »

Yvon Deschamps af­firme ne croire en rien. « Je suis to­ta­le­ment convain­cu que tout ce qu’ils nous ont ap­pris, c’est de la fou­taise. En prin­cipe, il ne de­vrait rien y avoir. Je ne m’ac­croche pas à ce­la ; et l’éter­ni­té, c’est beau­coup trop long… y’a pas de fin, je ne veux pas vivre ce­la ».

LE BON­HEUR

Heu­reux, Mon­sieur Deschamps? « Je sa­voure main­te­nant la vie, avec ma Ju­di, qui est par­faite, et mes quatre pe­tit­sen­fants. Un bon­heur tout simple, bien mé­ri­té, car mon Dieu que la vie n’est pas simple et que ce fut ben de l’ou­vrage, comme l’amour », lance-t-il, en riant de bon coeur.

Un jour, il dit avoir dit à sa Ju­di « ‘‘Tu es par­faite’’, donc, à par­tir de ce mo­ment-là, je ne lui ai ja­mais trou­vé de dé­fauts. Et un bon ma­tin, elle m’a dit la même chose. Ain­si, on s’aime comme ja­mais et nous sommes tous les deux des êtres par­faits. C’est ce­la un grand amour d’une vie, mais at­ten­tion, ce ne fut pas tou­jours fa­cile. Il y a eu des quelques tem­pêtes, mais mon Dieu que ça va­lait la peine de tra­vailler fort », conclut le seul et unique Yvon Deschamps, qui re­mer­cie en­core Clé­mence Des­ro­chers et Paul Buis­son­neau.

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