Quand l’opé­ra va...

« Pas be­soin d’un gros QI pour com­prendre l’opé­ra. Il faut juste un coeur et deux oreilles », lance spon­ta­né­ment Marie-Josée Lord, pré­ci­sant qu’elle-même avait 21 ans quand elle a eu un vé­ri­table coup de foudre pour l’art ly­rique.

Le Journal de Quebec - Weekend - - WEEKEND MUSIQUE - De­nise Mar­tel Le Jour­nal de Québec

« J’ai fait huit ans de vio­lon et 15 ans de pia­no avant de réa­li­ser tout d’un coup que c’était un art qui pou­vait m’al­ler. J’étais au Conser­va­toire de mu­sique de Québec où j’étu­diais en pia­no quand, par ha­sard, j’ai en­ten­du une ré­pé­ti­tion des Noces de Fi­ga­ro. J’ai ou­vert la porte et j’ai tout de suite su que c’était un art qui pou­vait m’al­ler », dit la perle noire de l’opé­ra au Québec.

« Je re­gar­dais les ré­pé­ti­tions et c’était comme lors­qu’en ma­ga­si­nant, on voit une robe dans une vi­trine et qu’on se voit de­dans, comme si elle avait été faite pour nous, alors qu’in­té­rieu­re­ment, je sa­vais que le pia­no n’était pas pour moi. Je ne fai­sais pas corps avec mon ins­tru­ment. Moi, j’ai un cô­té plus émo­tion­nel, plus vis­cé­ral, plus ins­tinc­tif. Quand j’étais jeune, je chan­tais tout na­tu­rel­le­ment, mais j’étais tou­jours sur­prise d’en­tendre ma voix qui son­nait ma­dame. Ma tête et mon ima­gi­naire d’en­fant ne com­pre­naient pas.

« J’étais bonne en com­po­si­tion, en ex­po­sé oral. Tout ce qui était créa­tif et théâ­tral était na­tu­rel pour moi et là, l’art ly­rique re­joi­gnait mon monde ima­gi­naire. Ça m’a pris 21 ans à conci­lier les deux », ra­conte la chan­teuse, qui s’amène avec son pre­mier disque sept ans après avoir amor­cé sa car­rière à l’Opé­ra de Québec.

Les airs d’opé­ra de son CD, qui vont de Sum­mer­time à L’amour est un oi­seau re­belle, l’ex­trait le plus connu de Car­men, en pas­sant par Le monde est stone, qu’elle avait mer­veilleu­se­ment in­ter­pré­té tant dans la ver­sion sym­pho­nique que dans Star­ma­nia Opé­ra, pré­sen­té à l’Opé­ra de Québec en 2008, elle les a tous per­son­nel­le­ment choi­sis par­mi 25 airs avec les­quels elle se sen­tait à l’aise, de con­ni­vence avec Mi­chel Fer­land, de chez At­ma Clas­sique.

« Ça fai­sait long­temps qu’on me di­sait que je de­vais faire un disque, mais comme je suis per­fec­tion­niste, j’at­ten­dais tou­jours jus­qu’à ce que ma mère me dise d’ar­rê­ter de niai­ser », ra­conte avec hu­mour la so­pra­no, qui a fait rire tout le monde sur le pla­teau de Tout le monde en parle, di­manche der­nier.

« Je suis un peu contrô­lante et un CD, c’est sen­si­ble­ment comme un bé­bé. J’ai sui­vi chaque étape de la réa­li­sa­tion, parce que je vou­lais qu’il me res­semble. Rien ne m’a été im­po­sé. Même la po­chette cor­res­pond tout à fait à mon image. J’ai sor­ti ma robe la plus frou­frou, une robe bleue que j’avais ache­tée pour un concert de Noël avec l’Or­chestre sym­pho­nique de Mon­tréal, et on a fait les photos dans un pay­sage ex­té­rieur très contem­po­rain, sous un via­duc », ajoute Marie-Josée Lord qui par­ti­ci­pe­ra, ce mois­ci, au ga­la de l’Opé­ra de Mon­tréal et à ce­lui de l’Opé­ra de Québec.

En fé­vrier et en mars, après quelques concerts, elle re­par­ti­ra en tour­née sur la Côte-Nord et dans le Bas-Saint-Laurent, avec Bouillon, son spec­tacle mê­lant airs po­pu­laires et airs d’opé­ra.

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