Po­li­ti­que­ment MU­SI­CAL

Dé­sor­mais plus que ja­mais avec le lan­ce­ment d'un mi­ni-al­bum in­ti­tu­lé If I Were Pre­sident : my Hai­tian Experience, po­li­tique et mu­sique ne vont plus l'un sans l'autre pour Wy­clef Jean.

Le Journal de Quebec - Weekend - - WEEKEND MUSIQUE - Cé­dric Bé­lan­ger

CEDRIC.BE­LAN­GER@JOUR­NAL­DE­QUE­BEC.COM

Ce n'est pas un ha­sard si ce pré­lude au pro­chain al­bum stu­dio de l'ex-Fu­gee est mis en vente quelques jours après l'élec­tion pré­si­den­tielle d'Haïti du 28 no­vem-bre.

Une élec­tion à la­quelle Wy­clef Jean, qui est né à Haïti, au­rait bien vou­lu par­ti­ci­per. Mais le Co­mi­té élec­to­ral pro­vi­soire a sta­tué que l'ar­tiste new-yor­kais n'était pas éli­gible à la pré­si­dence puis­qu'il n'avait pas ré­si­dé au pays du­rant les cinq der­nières an­nées.

Cette re­buf­fade, Jean ne l'a pas en­core di­gé­rée.

« La ques­tion de la ré­si­dence était un acte de pro­pa­gande puisque j'ai une mai­son en Haïti », clame Wy­clef Jean, qui s'est en­tre­te­nu avec Le Jour­nal de Québec, avant la te­nue de l'élec­tion.

RÉ­PONSE AUX DÉ­TRAC­TEURS

Et il ne s'en cache pas, sa frus­tra­tion trans­pa­raît sur If I Were Pre­sident. Cer­tains titres de chan­sons, Ear­th­quake, Pri

son for the K, Death Threats, sont évo­ca­teurs.

« Comme c'est en an­glais, ça vous donne une idée de ce que je pense », dit Jean, ad­met­tant que quelques pièces sont des ré­pliques à ses dé­trac­teurs.

« Pri­son for the K, qui est en créole, est une chan­son dé­non­çant la dé­ci­sion de m'ex­clure de la course à la pré­si­dence. Nous en avons une qui s'ap­pelle Death

Threats, puis­qu'on a me­na­cé ma vie. Quant à la pièce-titre, elle évoque l'idée de quit­ter Haïti pour al­ler vivre aux ÉtatsU­nis et de re­ve­nir pour ai­der son pays. »

Pour la chan­son Elec­tion Time, Wy­clef Jean a tour­né un clip qui montre une par­tie d'Haïti que les mé­dias, es­time-t-il, ignorent.

« Je vou­lais mon­trer tout ce qui se passe dans mon pays. Dans le clip, on me voit jouer de la gui­tare au som­met d'une col­line verte qui res­semble au sud de la Ca­li­for­nie ou à l'Io­wa. Mais je suis en Haïti. Ça vous montre le po­ten­tiel d'Haïti. »

DÉ­BUT DE L'HIS­TOIRE

Le mi­ni-al­bum, se­lon Jean, est le « dé­but de l'his­toire ». La fin se­ra l'al­bum com­plet, qui pour­rait com­prendre dix-sept pièces et dont la sor­tie est ac­tuel­le­ment pré­vue pour l'été 2011.

Pour ce pro­jet, Wy­clef a fait équipe avec son frère Se­deck. Les fran­gins, qui avaient jus­qu'alors fait de la mu­sique sé­pa­ré­ment, se sont re­trou­vés après le séisme et ont dé­ci­dé de tra­vailler en­semble afin, dixit Wy­clef, « de re­ve­nir à l'es­sence ».

Une tour­née mon­diale, que Jean an­nonce pom­peu­se­ment dé­jà comme « la plus grande de tous les temps », se pré­pare en pa­ral­lèle avec des ar­rêts sou­hai­tés en Amé­rique, en Eu­rope, en Asie et en Afrique.

Plus qu'une simple sé­rie de spec­tacles, Wy­clef Jean veut en faire une cé­lé­bra­tion de la culture haï­tienne.

« Je veux ma­rier la culture de mon pays à celle que j'ai ap­prise aux États-Unis. Je veux avoir quinze per­cus­sion­nistes en pro­ve­nance des mon­tagnes de mon pays ou ces mu­si­ciens qui jouent de la basse à une corde. Il y au­rait une ga­le­rie d'art, de la nour­ri­ture haï­tienne et plein d'autres choses. »

FU­GEES : BEL ET BIEN MORT

Tant qu'à avoir Wy­clef Jean au bout du fil, il fal­lait bien en pro­fi­ter pour lui par­ler des Fu­gees. Le trio s'est lais­sé dans la contro­verse, en 2007, alors que Pras Mi­chel a dé­cla­ré qu'il y avait plus de chances que George W. Bush et Ous­sa­ma Ben La­den prennent le ca­fé en­semble qu'il tra­vaille à nou­veau avec Lau­ryn Hill.

Trois ans plus tard, Wy­clef Jean n'est pas plus op­ti­miste quant à une re­lance des Fu­gees.

« Je crois que, pour le mo­ment, le groupe est bel et bien mort. Je suis pas­sé à autre chose. » If I Were Pre­sident : my Hai­tian Experience, de Wy­clef Jean, est dis­po­nible en ligne ce mar­di.

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