Une étoile très terre-à-terre

La Ville lu­mière porte bien son nom à cette époque de l’an­née, avec toutes les am­poules LED qui re­pro­duisent la neige tom­bant sur les arbres des Champs Ély­sées, au beau mi­lieu des mar­chés et des bou­tiques des grands de­si­gners.

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Agence QMI

Angelina Jo­lie y a tour­né en par­tie le film Le tou­riste, son nou­veau sus­pense ro-ro­man­tique avec John­ny Depp, avant que le tour­nage se trans­porte à Ve­nise, en Italie. Elle est re­ve­nue dans l’Hexa­gone pour fai­rere la pro­mo­tion du film (qui sort au Québec le 10 dé­cembre) à l’oc­ca­sion de la pre­mière eu­ro­péenne. Son com­pa­gnon Brad Pitt était à son bras et leurs six en­fants étaient aus­si du voyage (Mad­dox, Za­ha­ra, Shi­loh, Pax, Knox et Vi­vienne).

Eh oui, elle en a pro­fi­té pour dé­va­li­ser les bou­tiques. « Mais nous n’avons pas ma­ga­si­né pour des jouets, a-t-elle dit. Les filles avaient plu­tôt be­soin de pan­ta­lons et de chaus­sures. Nos em­plettes de Noël se font sur­tout par l’en­tre­mise des ca­ta­logues, parce que nous nous trou­vons gé­né­ra­le­ment dans un pays dif­fé­rent lorsque nous ef­fec­tuons les achats du temps des Fêtes, puis nous avons be­soin de faire ex­pé­dier les ca­deaux dans le pro­chain pays où nous al­lons. » Telle est la vie pour les Jo­lie-Pitt. L’un tourne ha­bi­tuel­le­ment un film pen­dant que l’autre s’oc­cupe de jouer les pa­rents at­ten­tion­nés.

ÀÀ d’autres mo­ments, le couple fait des ap­pa­ri­tions dans le cadre du rôle d’am­bas­sa­dri­ce­sa­drice de bonne vo­lon­té d’Angelina pour le Haut Com­mis­sa­riat des Na­tions unies pour les ré­fu­giés. « Nous avons une mis­sion hu­ma­ni­taire de pla­ni­fiée. Nous fi­na­li­sons en ce mo­ment les der­niers dé­tails et nous sommes im­pa­tients de nous rendre sur le ter­rain. Je ne peux pas dire où nous irons. Je ne veux pas que la presse vienne nous ren­con­trer là-bas. »

UNE EN­FANT SAU­VAGE

Dans Le tou­riste, réa­li­sé par Flo­rian Hen­ckel von Don­ners­marck, Jo­lie joue une femme mys­té­rieuse, une « en­fant sau­vage », qui est en fuite pour ten­ter de re­trou­ver son pe­tit ami, un cri­mi­nel no­toire. Pour dis­traire les forces po­li­cières qui sont à ses trousses, elle choi­sit de flir­ter avec Frank (Depp), un tou­riste qu’elle ren­contre par ha­sard dans un train. À un mo­ment, l’homme, dé­plo­rant la rou­tine qui s’est ins­tal­lée dans sa vie, la com­pli­mente en lui di­sant: « Vous êtes la per­sonne la moins terre-à-terre que je con­naisse. »

Cette ré­plique semble iro­nique quand elle s’adresse à Angelina Jo­lie, qui in­siste sur le fait qu’elle est ef­fec­ti­ve­ment terre-àà­terre, mal­gré l’ap­pa­rente exis­tence dé­ra­ci­née qu’elle mène. L’ac­trice, dans sa propre vie, à l’époque où elle était ma­riée à Billy Bob Thorn­ton, se pro­me­nait par­tout avec un fla­con au­tour du cou conte­nant le sang de son amou­reux et elle avait dé­jà dit une phrase dé­sor­mais cé­lèbre : « Vous êtes jeune, vous êtes saoul, vous êtes au lit, vous avez des cou­teaux, et puis une merde se pro­duit. » La femme d’au­jourd’hui a bien chan­gé.

« Je pense que j’ai pris de la ma­tu­ri­té, dit-elle. Les gens de­viennent plus prag­ma­tiques quand ils ont des en­fants et qu’ils vieillissent. Et d’une fa­çon amu­sante, de­ve­nir plus calme te pro­cure en­core plus de li­ber­té. Il y a une fausse idée, certes drôle, de ce que c’est d’être jeune et sau­vage. En fait, vous n’avez pas au­tant de contrôle sur votre propre vie que vous vou­lez alors le croire. Vous ne faites pas les choses avec au­tant de bra­voure, car vous ne com­pre­nez pas bien la vie. Mais alors, quand vous vieillis­sez, vous pou­vez abor­der des choses et les prendre en main. »

« Mal­gré tout, il y a aus­si le chaos au­tour de moi, en fait, comme il n’y en a ja­mais eu. » C’est une vie de portes qui s’ouvrent et se ferment, une vie de nou­velles oc­ca­sions, dit-elle.

Angelina Jo­lie a joué dans Le tou­riste parce que le tour­nage du film de Brad Pitt,

Mo­ney­ball, était in­ter­rom­pu en rai­son d’en­nuis fi­nan­ciers. De­puis, les pro­blèmes ont été ré­so­lus et Pitt a re­pris les che­mins des stu­dios.

« Je me suis dit : “S’il y a un tour­nage qui se dé­roule dans un dé­cor en­chan­teur et que ce­la im­plique un type de per­son­nage que je n’ai ja­mais in­ter­pré­té, je vais le faire.” Et quel­qu’un m’a dit qu’il y avait ce pro­jet qui se­rait tour­né à Paris et à Ve­nise. Alors, vous com­pren­drez que j’ai sau­té des­sus », a-t-elle re­la­té en riant.

« Et en­suite, j’ai pen­sé à ce­la et je me suis dit : “Je ne veux pas com­mettre l’er­reur d’être l’ac­trice amé­ri­caine qui fait un film ty­pi­que­ment eu­ro­péen, de­ve­nu trop hol­ly­woo­dien.” » Alors, elle a contac­té von Don­ners­marck, dont elle ap­pré­ciait le tra­vail, même si c’était pour lui de­man­der de

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