Une fausse COMÉDIE at­ta­chante

Kad Me­rad, Ro­land Gi­raud et Va­lé­rie Ben­gui­gui se donnent la ré­plique dans L’ita­lien, comédie réa­li­sée par Olivier Ba­roux.

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Isabelle Hontebeyrie Agence QMI

Film de Olivier Ba­roux: met­tant en ve­dette Kad Me­rad, Ro­land Gi­raud et Va­lé­rie Ben­gui­gui. À l’af­fiche pré­sen­te­ment.

Sor­ti en France en juillet der­nier, L’Ita­lien n’est pas sans faire pen­ser à L’amour et les autres drogues qui a pris l’af­fiche le 24 no­vembre der­nier. Les deux longs mé­trages sont, en ef­fet, de fausses co­mé­dies à forts mes­sages.

Dans L’Ita­lien, Kad Me­rad in­carne Di­no Fa­briz­zi, ven­deur émé­rite de Ma­se­ra­ti, des­ti­né à prendre la di­rec­tion de la conces­sion dans la­quelle il tra­vaille, à la re­traite de son pa­tron (Ro­land Gi­raud). Or, sa vé­ri­table iden­ti­té est Mou­rad Ben Saoud, soi­gneu­se­ment ca­mou­flée par peur de ra­cisme. Lorsque son père Mo­ham­med (Sid Ah­med Agou­mi) est vic­time d’un grave ac­ci­dent car­diaque, il de­mande à son fils aî­né de faire le Ra­ma­dan à sa place. Di­no/Mou­rad se re­trou­ve­ra bien­tôt pris dans un en­gre­nage de dis­si­mu­la­tion et de men­songes qui le condui­ra à sa perte. Pas fa­cile, en ef­fet, de jeû­ner sans que ses col­lègues s’en aper­çoivent, de pra­ti­quer l’abs­ti­nence sexuelle sans ques­tion­ne­ments de sa pe­tite amie (Va­lé­rie Ben­gui­gui) ou de prier sans que son col­lègue de tra­vail (Phi­lippe Le­febvre), en lice dans la course à la di­rec­tion, fi­nisse par le dé­cou­vrir.

Al­ter­nant les mo­ments drôles (même s’ils tombent par­fois à plat) et tra­giques - sur­tout dans le der­nier tiers du long mé­trage -, L’Ita­lien se pro­pose de trai­ter la re­li­gion et l’in­to­lé­rance avec lé­gè­re­té. Le scé­na­rio, un peu mal­adroit par mo­ments, ouvre le dé­bat sur la dif­fi­cul­té d’in­té­gra­tion des « Arabes » en France. On a droit, au pas­sage, à quelques piques bien sen­ties sur ces adultes, nés dans l’Hexa­gone, dont le phy­sique, le nom et la cou­leur de peau consti­tuent un obs­tacle ma­jeur à des choses aus­si ba­nales que de trou­ver un lo­ge­ment. Évi­dem­ment, comme pour toute comédie, L’Ita­lien fi­nit bien. Avec une pe­tite mo­rale au pas­sage, comme dans les films amé­ri­cains du genre. Et si l’on ne conserve pas de sou­ve­nir im­pé­ris­sable de cette oeuvre d’Olivier Ba­roux, on ap­pré­cie la lé­gè­re­té qui s’en dé­gage et le dy­na­misme de la réa­li­sa­tion.

PHOTO COUR­TOI­SIE

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