Écou­ter, jouer et RES­SEN­TIR...

Pen­dant l’écri­ture, Eric-Em­ma­nuel Sch­mitt s’est plon­gé dans l’oeuvre de Bee­tho­ven. To­ta­le­ment.

Le Journal de Quebec - Weekend - - LIVRES - Marie-France Bor­nais

«Je me suis car­ré­ment ache­té l’in­té­grale de Bee­tho­ven et j’ai écou­té tout ce que je n’avais pas écou­té. Et puis, sur mon pia­no, j’ai re­pris les so­nates, les ba­ga­telles.

Je me suis mis à écou­ter les dif­fé­rentes in­ter­pré­ta­tions des grandes oeuvres de Bee­tho­ven, les sym­pho­nies ou les concer­tos pour pia­no. Alors que j’avais l’im­pres­sion, pour la plu­part des mor­ceaux, de les connaître par coeur, je me ren­dais compte que ces mu­siques avaient tou­jours quelque chose à me dire.»

Dans son écoute et dans sa pra­tique, l’écri­vain-mu­si­cien s’est ren­du compte qu’il se lais­sait plus en­va­hir par la poé­sie qu’avant.

«J’ai tout à coup lais­sé Bee­tho­ven prendre pos­ses­sion de moi, me tour­men­ter, me bous­cu­ler et ul­ti­me­ment, me re­char­ger de sa propre éner­gie à lui, de sa croyance en l’hu­ma­ni­té, de son cou­rage, de sa force.»

Eric-Em­ma­nuel Sch­mitt trouve qu’il y a une nos­tal­gie de la mu­sique dans son écri­ture et dans sa vie. «J’ai ap­pris la mu­sique. J’ai fait le Conser­va­toire. Mais j’ai as­sez ra­pi­de­ment dé­cou­vert que j’ai­mais plus la mu­sique que la mu­sique ne m’ai­mait...»

Pour­tant, une grande mu­si­ca­li­té se re­trouve dans l’écri­ture toute en nuances de Sch­mitt, qui joue mer­veilleu­se­ment avec le rythme et le phra­sé, uti­lise les nuances pour faire ac­cen­tuer ou adou­cir, tout en ra­con­tant une bonne his­toire. «Écrire sur la mu­sique, c’est for­cé­ment de­ve­nir poète, parce que c’est uti­li­ser des mé­ta­phores, des ana­lo­gies. Il y a par­fois comme la vo­lon­té de trans­crire dans des phrases le rythme, les agi­ta­tions, les mou­ve­ments et par­fois les apai­se­ments de la mu­sique. C’est très ex­ci­tant, lit­té­rai­re­ment par­lant, ce genre d’en­jeu.»

Dans sa voi­ture ou ailleurs, Bach, Mo­zart et Bee­tho­ven sont les fi­dèles com­pa­gnons de l’écri­vain.

«Une jour­née sans écou­ter un pe­tit bout de ça, c’est une jour­née qui boite», dit-il. «Je peux pas­ser une jour­née sans lire et sans écrire mais je ne peux pas pas­ser une jour­née sans écou­ter de la mu­sique et si pos­sible faire du pia­no.»

PHOTO COUR­TOI­SIE

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