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Après avoir conquis le Québec, Ca­thy Gau­thier a en tête de bouf­fer Paris... tout cru!

Le Journal de Quebec - Weekend - - WEKEND - Pierre O. Na­deau PIERRE.NA­DEAU@JOUR­NAL­DE­QUE­BEC.COM

Son pre­mier spec­tacle, 100 % vache folle, mis en scène par Do­mi­nique Mi­chel, a at­ti­ré le nombre éton­nant de 60 000 per­sonnes au cours de 150 re­pré­sen­ta­tions. Avec son nou­veau spec­tacle, Ca­thy Gau­thier dé­coiffe, concoc­té avec François Avard à la scrip­té­di­tion, elle ap­proche dé­jà la cen­taine de re­pré­sen­ta­tions et pré­voit battre son propre re­cord.

Le Québec n’est pas as­sez grand pour l’aven­tu­rière ori­gi­naire de l’Abi­ti­bi, qui re­luque main­te­nant la France. L’été der­nier, elle a pu faire ses pre­mières armes sur une pe­tite scène pa­ri­sienne. « On m’avait pré­ve­nue que de l’hu­mour cru, ça ne prend pas à Paris. Eh bien! j’ai fait men­tir les pro­phètes de mal­heur. Mon dis­cours, aus­si sa­lé qu’au Québec, a re­çu une très belle ré­cep­tion. Plus ça de­ve­nait cor­sé, plus ça riait dans la salle », se ré­jouit Ca­thy Gau­thier, qui ajoute en riant : « Ils (les Fran­çais) ont pu voir de quel bois on se chauffe chez nous au Québec. »

L’hu­mo­riste est dé­bar­quée de fa­çon très mo­deste à Paris, en juillet, en par­ti­ci­pant à des soi­rées d’hu­mour dans la pe­tite salle Le Point-Vir­gule, qui peut ac­cueillir une cen­taine de spec­ta­teurs. « Chaque hu­mo­riste dis­pose d’à peine une heure pour se faire va­loir. L’avan­tage de cette for­mule, c’est que la salle est tou­jours pleine d’es­prits cu­rieux avides de faire des dé­cou­vertes. » Ca­thy Gau­thier ajoute qu’elle n’a pas mis de « gants blancs » pour sé­duire son pu­blic fran- çais. « J’ai ras­sem­blé les nu­mé­ros les plus

trash de mes deux spec­tacles, en ap­por­tant à peine quelques pe­tites adap­ta­tions pour me faire bien com­prendre. Mais j’ai gar­dé le même ni­veau de lan­gage. Et ça riait. »

De­vant ce ré­sul­tat, elle re­tour­ne­ra en juin, cette fois pour un mois, dans la même pe­tite salle de Mont­martre. « À ma connais­sance, il n’y a pas d’hu­mo­ristes fran­çaises qui ex­ploitent un hu­mour aus­si cru. J’ap­porte donc quelque chose de nou­veau », note Ca­thy Gau­thier. En France, la ve­dette fé­mi­nine de l’heure est Flo­rence Fo­res­ti, qui pro­pose un hu­mour plu­tôt fa­mi­lial.

EN SUP­PLÉ­MEN­TAIRES

Entre-temps, elle pour­suit les re­pré­sen­ta­tions de son nou­veau spec­tacle au Québec en mul­ti­pliant les sup­plé­men­taires. « C’est un spec­tacle en conti­nuelle évo­lu­tion, qui va­rie d’un soir à l’autre, au gré de la part d’im­pro­vi­sa­tion que j’y ap­porte. Car de l’im­pro­vi­sa­tion naissent sou­vent de nou­veaux gags qu’on in­tègre en­suite au spec­tacle, en rem­pla­çant d’autres blagues trop col­lées à l’ac­tua­li­té pas­sée. » Ca­thy Gau­thier se ré­jouit de l’ac­cueil des cri­tiques et du pu­blic. « Je m’at­ten­dais à un pu­blic plus jeune, mais je vois sur­tout des gens dans la qua­ran­taine, sur­tout des couples. » Entre deux re­pré­sen­ta­tions, Ca­thy Gau­thier mi­jote un scé­na­rio de film. Un film dra­ma­tique à sa­veur au­to­bio­gra­phique, qui ra­conte son his­toire de jeu­nesse en Abi­ti­bi du­rant les an­nées 1970, alors qu’elle était une rou­quine es­piègle qui fai­sait des blagues très hea­vy pour son âge. Pour le mo­ment, elle re­fuse de pré­ci­ser l’ef­fet dra­ma­tique de son his­toire, se conten­tant de dire qu’elle ne s’at­tri­bue­ra pas un rôle. « C’est trop per­son­nel... » dit-elle. Ca­thy Gau­thier se­ra à la salle Al­bert-Rous­seau de Québec, les 10 et 11 dé­cembre et le 25 fé­vrier 2011, et à la Place des Arts de Mon­tréal, le 5 fé­vrier 2011.

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