Sec­tion tou­risme

SANTO DO­MIN­GO | Quand on pense à la Ré­pu­blique dominicaine, très vite, des images de plages de sable s’im­posent dans notre cer­veau en­gour­di par l’hi­ver. Mais il n’en est rien avec Santo Do­min­go, sa ca­pi­tale, qui ne pos­sède pas de plages dignes de ce nom à

Le Journal de Quebec - Weekend - - LUCIE PAGÉ - Da­vid Na­than

Notre balade dans cette ville de contraste com­mence en em­prun­tant la Calle de las Da­mas (la rue des Dames), la plus an­cienne rue de la ville, si­tuée à cô­té de la Pla­za de Es­paña, une im­mense es­pla­nade inon­dée de so­leil.

Té­moi­gnage du pas­sé, l’im­pres­sion­nante bâ­tisse de l’Al­ca­zar de Colón, en bor­dure du fleuve Oza­ma, a ac­cueilli le fils de Ch­ris­tophe Co­lomb – le « dé­cou­vreur » de l’île –, Die­go Colón et sa femme, Ma­ria de To­le­do, au dé­but du XVIe siècle.

Ce quar­tier his­to­rique par ex­cel­lence, donc très tou­ris­tique, est aus­si la par­tie de la ville la plus branchée dans la­quelle la vie noc­turne bat son plein. Nous es­qui­vons un ven­deur de CD à la sau­vette et nous pro­met­tons de re­ve­nir y fes­toyer quelques heures plus tard.

On che­mine au ha­sard des rues et des fa­çades mul­ti­co­lores, et il est vrai que l’on se perd vo­lon­tiers dans cette zone co­lo­niale ré­per­to­riée au pa­tri­moine mon­dial de l’Unes­co.

La ville étant la pre­mière à avoir été fon­dée dans les Amé­riques, rien d’éton­nant à trou­ver éga­le­ment, à Santo Do­min­go, le pre­mier hô­pi­tal, édi­fié en 1502 ou en­core la pre­mière ca­thé­drale (Notre-Dame de l’In­car­na­tion).

Une vi­site dans l’une des nom­breuses ar­tères com­mer­ciales comme la rue Conde s’im­pose. À l’en­trée d’une bou­tique, un homme as­semble de ses mains ex­pertes des ci­gares. À cô­té de cette échoppe qui vend éga­le­ment du rhum do­mi­ni­cain, on trou­ve­ra un bi­jou­tier tra­vaillant le co­rail noir, le la­ri­mar (une pierre bleue) et l’ambre de fa­çon re­mar­quable.

La Ca­sa de los Dulces pro­pose quant à elle, à l’angle des rues Ar­zo­bis­po Me­ri­no et Emi­lia­no Te­je­ra, un pa­ra­dis su­cré où les fans de dou­ceurs pour­ront se ré­ga­ler de pâ­tis­se­ries à la noix de co­co, à l’ana­nas ou au ca­cao de la Ré­pu­blique dominicaine. Pour des plai­sirs frui­tés in­tenses, on peut se di­ri­ger vers l’un des nom­breux ven­deurs de fruits frais qui peuplent les rues.

De re­tour sur la Pla­za de Es­paña à 22 h, on re­marque deux choses : tout d’abord que l’Al­ca­zar est en­core plus beau la nuit, éclai­ré d’une douce lu­mière jaune qui l’en­ve­loppe avec grâce, et en­suite que l’am­biance est bien dif­fé­rente de celle de cet après-mi­di.

La faune des tou­ristes en shorts s’est fon­due à celles des ha­bi­tants. Les ter­rasses des bars et les res­tau­rants se sont trans­for­més en terres d’ac­cueil sym­pa­thiques sur les­quelles il est très agréable de s’échouer une heure ou deux à la fa­veur de la chaude nuit dominicaine. Nous avions pré­vu une es­cale d’une heure, le voyage noc­turne du­re­ra fi­na­le­ment trois heures.

ÉCOTOURISME

La ré­gion de Santo Do­min­go abrite plu­sieurs sites éco­tou­ris­tiques qui valent le dé­tour. Par­mi ces lieux où la na­ture a été pré­ser­vée se trouve le parc Los Tres Ojos, qui abrite trois grottes na­tu­relles ab­so­lu­ment ma­gni­fiques. Comme un ca­deau qui se mé­rite, vous de­vrez des­cendre un long es­ca­lier de pierre pour ac­cé­der au pre­mier de ces trois joyaux.

L’eau, d’une pu­re­té cris­tal­line, laisse per­cer les re­flets bleu et ar­gent s’échap­pant des cinq mètres de pro­fon­deur. Au­tour de vous des sta­lag­mites et sta­lac­tites consti­tuent le dé­cor. Plus loin, il vous fau­dra tra­ver­ser un la­gon à bord d’une barque avant d’ar­ri­ver à des­ti­na­tion. Une fois de l’autre cô­té, ou­vrez les yeux au maxi­mum. Une pa­lette de verts s’étend de­vant vous; un ta­bleau vé­gé­tal et sau­vage.

La der­nière grotte se vi­site en em­prun­tant un es­ca­lier en­core plus glis­sant et plus es­car­pé que le pre­mier, mais la ré­com­pense est à la hau­teur de cette des­cente puisque ce « troi­sième oeil » est ma­gique... c’est du moins ce que le guide af­firme. Se­lon ses dires, tou­cher l’eau du bout des doigts ap­por­te­rait fer­ti­li­té et chance dans votre vie.

Non loin de là, à l’est de la ville, se trouve le Parque Ma­nan­tial Ca­chón de la Ru­bia, une ré­serve éco­lo­gique na­tu­relle. On y ac­cède en re­mon­tant la ri­vière à bord d’une em­bar­ca­tion mo­to­ri­sée. Am­biance Pla­toon, mais ver­sion éco­lo­gique, les ap­pa­reils photo ont rem-

PHOTOS AGENCE QMI

1 1. Santo Do­min­go est la pre­mière ville à avoir été fon­dée en Amé­rique par les Eu­ro­péens. Sa vieille par­tir est bien en­ten­du riche en his­toire. 2. De­puis 2005, Santo Do­min­go ac­cueille Do­mi­ni­ca­na Mo­da, la se­maine de la mode. Cette an­née, le de­si­gner d’ori­gine dominicaine, Os­car de la Ren­ta, était à l’hon­neur, dont on voit ici une de ses créa­tions. 3. Une église de Santo Do­min­go. 4. À Santo Do­min­go, les dan­seurs se laissent en­traî­ner au rythme du me­rengue. 5. La grotte Los tres ojos.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.