La puis­sance des six­ties

Long­temps abon­née au Great Ame­ri­can Song­book, l’On­ta­rienne Emi­lie-Claire Bar­low s’aven­ture main­te­nant dans les frin­gantes an­nées 60 sur The Beat Goes On.

Le Journal de Quebec - Weekend - - MUSIQUE - Cé­dric Bé­lan­ger

Sur ce hui­tième al­bum pa­ru en oc­tobre der­nier, la jazz­wo­man dé­laisse les stan­dards des an­nées 30 et 40 pour s’ap­pro­prier les Rain­drops Keep Fal­ling On my Head (BJ Tho­mas), The Beat Goes On (Son­ny & Cher), These Boots Are Made For Wal­kin’ (Nan­cy Si­na­tra) et autres Yes­ter-Me, Yes­ter-You, Yes­ter­day (Ste­vie Won­der).

«Je vou­lais quelque chose de dif­fé­rent, mais pas un al­bum de scène ou un al­bum concept. Quelque chose qui avait une di­rec­tion claire. J’ai donc com­men­cé à re­gar­der du cô­té de la mu­sique des an­nées 60 et j’ai tout de suite été ins­pi­rée. C’est la dé­cen­nie mu­si­ca­le­ment la plus puis­sante», a confié la chan­teuse, lors d’un en­tre­tien avec Le Jour­nal de Québec.

Choi­sir une dou­zaine de chan­sons, on s’en doute, n’a pas été une mince af­faire. Emi­lie-Claire Bar­low dit avoir op­té pour celles qu’elle pou­vait dé­cons­truire, «désha­biller», pour pou­voir en­suite en re­faire les ar­ran­ge­ments à sa ma­nière.

C’est ce qui ex­plique pour­quoi au­cune pièce des Beatles ou de plu­sieurs autres grands noms de cette dé­cen­nie n’ap­pa­raissent sur l’al­bum.

«Il y a des chan­sons que j’adore, mais j’ai réa­li­sé que ça ne fonc­tion­nait pas une fois ré­ar­ran­gée, que ma ver­sion était in­fé­rieure à l’ori­gi­nale. Par exemple, Wouldn’t It Be Nice, des Beach Boys. Je l’adore et je suis at­ta­chée aux ar­ran­ge­ments de Brian Wilson. Je ne crois pas que je peux ap­por­ter quelque chose à cette chan­son qui pour­rait me sa­tis­faire. Idem pour les Beatles. Je suis trop sen­ti­men­ta­le­ment at­ta­chée à leurs chan­sons pour les re­tra­vailler.»

EN FRAN­ÇAIS

Fran­co­phile convain­cue, Bar­low a pris l’ha­bi­tude d’in­clure quelques chan­sons en fran­çais sur ses al­bums. The Beat Goes On ne fait pas ex­cep­tion, avec Comme je crie, comme je chante, pièce po­pu­la­ri­sée par Pauline Ju­lien, et T’es pas un autre, la tra­duc­tion fran­çaise de Un­til It’s Time for You To Go, de Buf­fy Ste-Marie, dont l’ori­gi­nale est aus­si sur l’al­bum.

« Cette fois-ci, note la chan­teuse, j’ai vou­lu in­clure des chan­sons du ré­per­toire qué­bé­cois puisque au­pa­ra­vant, je fai­sais des pièces pro­ve­nant de France. Le pu­blic qué­bé­cois m’a tou­jours sou­te­nue et j’ai vou­lu leur rendre hom­mage de cette fa­çon.»

« Comme je crie, comme je chante, en­chaîne-t-elle, est une chan­son qua­si­ment épique. C’est un très beau poème et aus­si une puis­sante per­for­mance de Pauline Ju­lien. Dans ma ver­sion, j’ai vou­lu conser­ver cette forte li­vrai­son et res­ter vraie. Quant à Un­til..., j’ai tou­jours vou­lu la faire. C’est la chan­son par­faite des six­ties avec une mé­lo­die simple mais belle. Quand j’ai su qu’elle avait été tra­duite en fran­çais, c’était comme si j’avais ob­te­nu le gros lot.»

Ces deux re­prises en fran­çais de­vraient faire par­tie du concert que Bar­low don­ne­ra au Grand Théâtre de Québec, le 15 dé­cembre. Comme elle se pro­dui­ra 10 jours avant Noël, elle pré­voit in­ter­pré­ter aus­si des pièces du temps des Fêtes de son al­bum Win­ter Won­der­land.

DES­SINS ANI­MÉS

En at­ten­dant de ve­nir nous voir, Emi­lieC­laire se tient oc­cu­pée avec son autre em­ploi de dou­bleuse pour des émis­sions de des­sins ani­més. Les en­fants et les ado­les­cents ont no­tam­ment pu l’en­tendre dans To­tal Dra­ma Is­land et Ba­ku­gan Bat­tle Bra­wers.

«C’est un ex­cellent tra­vail com­plé­men­taire pour moi. Ça aide à gar­der ma voix en forme. Ça me donne une bonne en­du­rance vo­cale et me per­met d’ex­plo­rer dif­fé­rentes fa­cettes de ma voix. »

Emi­lie-Claire Bar­low se­ra en spec­tacle au Grand Théâtre de Québec, le 15 dé­cembre, et à L’As­tral, à Mon­tréal, le 25 fé­vrier.

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