Seul maître à bord

Le Journal de Quebec - Weekend - - MUSIQUE - Cé­dric Bé­lan­ger

Ni­co Le­lièvre a tou­jours pré­fé­ré faire les choses à sa fa­çon sans se faire dic­ter une ligne de conduite, et c’est de cette fa­çon qu’il a créé Foul­ti­tude, l’al­bum qui lui a fi­na­le­ment ou­vert les portes des ra­dios com­mer­ciales.

Pour la pre­mière fois en trois es­sais, les sta­tions de ra­dio ont ac­cueilli fa­vo­ra­ble­ment le tra­vail de cet au­teur-com­po­si­teur-in­ter­prète que l’on a connu, il y a une di­zaine d’an­nées, au sein de Pop­mé­ca­nic, qui dé­fend fa­rou­che­ment sa li­ber­té de créer.

Contrai­re­ment à P’tit ga­min et Pa­ral­lèle, opus plus élec­tros et am­biants pa­rus en 2005 et 2008, Foul­ti­tude tire dans le pop-rock avec des mé­lo­dies ac­cro­cheuses et des pièces qui durent en moyenne plus ou moins trois mi­nutes.

Mais Ni­co Le­lièvre est for­mel: le but n’était pas de sé­duire les ra­dios, mais sim­ple­ment de ré­pondre de fa­çon plus simple qu’à l’ac­cou­tu­mée à une pul­sion de com­po­ser un al­bum.

«J’ai tou­jours fait des al­bums en pas­sant plus de temps à ré­flé­chir qu’à faire de la mu­sique. Je me suis dit que j’al­lais faire un al­bum vrai­ment simple, pas aus­si re­cher­ché. Je des­cen­dais dans mon stu­dio à mi­nuit, 1h du ma­tin, je pre­nais ma gui­tare sèche, je trou­vais une mé­lo­die, je l’en­re­gis­trais sur un pe­tit en­re­gis­treur, puis je m’en al­lais en stu­dio. Bien sûr, j’ai tra­vaillé beau­coup plus sur les ar­ran­ge­ments, mais, pour la mé­lo­die, c’était ins­tan­ta­né», confie l’ar­tiste, qui ne voit pas l’in­té­rêt « de tou­jours re­faire le même al­bum».

«C’est sûr que quand t’es fan d’un ar­tiste, tu t’at­tends d’avoir le même son à chaque nou­vel al­bum. Vu que je n’ai pas de fans, ça ne me dé­range pas de faire des af­faires dif­fé­rentes», lance en riant un Le­lièvre dé­fi­ni­ti­ve­ment adepte de l’au­to­dé­ri­sion.

TEN­TA­TION

Sauf que main­te­nant que le suc­cès com­mer­cial se pointe le mu­seau, pour­rait-il être ten­tant pour Ni­co Le­lièvre de res­ter dans le même re­gistre sur son pro­chain al­bum?

«La mai­son de disque m’a dit : ‘’Si ja­mais tu connais un suc­cès com­mer­cial au ni­veau des ra­dios et des té­lés, est-ce que tu re­fe­rais un deuxième al­bum dans le même genre?’’ Peu­têtre, mais tou­jours avec une nou­veau­té ou quelque chose de ra­fraî­chis­sant. Je suis in­ca­pable de faire deux fois la même chose. La ten­ta­tion est là, oui, mais pas tant que ça. »

De toute fa­çon, il de­meu­re­ra seul maître à bord puis­qu’il pro­duit lui-même ses al­bums. Tra­vailler sans contrainte est son cre­do.

« Pour mon pre­mier al­bum, j’étais avec GSI mu­sique, j’ai vé­cu cette ex­pé­rience et je n’ai pas ai­mé ça. Pas que je n’aie pas ai­mé GSI, mais je n’ai pas ai­mé le fait que quel­qu’un mette 50 000 $ sur ma tête. C’était moins na­tu­rel. Je me sen­tais moins libre alors que ce qui m’in­té­resse, c’est la li­ber­té dans la créa­tion, dans l’art en gé­né­ral. »

POUR SA FILLE

Contrai­re­ment à Pa­ral­lèle, Foul­ti­tude a été conçu alors que Le­lièvre vi­vait une pé­riode heu­reuse de sa vie mar­quée par la nais­sance de sa fille.

« Quand elle est ve­nue au monde, il y a plein de choses po­si­tives qui me sont ar­ri­vées. À ce mo­ment-là, j’ai pris conscience de la vie et com­ment un pe­tit être peut te ré­veiller sur cer­tains as­pects de la vie et te ra­me­ner aux sources. Sur Foul­ti­tude, je n’ai fait qu’ex­pri­mer l’at­ta­che­ment qu’on peut avoir pour un en­fant et les gens au­tour de toi. »

IL VEUT DU MONDE À SES SHOWS

Quant à une tour­née, elle au­ra lieu mais en­core une fois, Le­lièvre a po­sé ses condi­tions.

« Nous sommes en train de né­go­cier avec une agence de boo­king. Mais je ne veux pas faire des shows bruns, c’est-à-dire des spec­tacles dans un bar avec deux ou trois per­sonnes. Je veux faire des shows si­gni­fi­ca­tifs, des pre­mières par­ties de groupes un peu plus connus. Que ce ne soit pas des coups d’épée dans l’eau.»

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