Trans­for­ma­tions ex­trêmes

Dans Le coup de grâce, Me­lis­sa Leo se trans­forme en mère de Ch­ris­tian Bale et Mark Wahl­berg qui in­carnent tous deux des boxeurs. En en­tre­vue, l’ac­trice re­vient sur son ex­pé­rience.

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Isabelle Hontebeyrie

De­puis quatre ans, Mark Wahl­berg a tout fait pour que ce film voie le jour, convain­cu que l’his­toire vraie des cham­pions de boxe Mi­cky Ward (rôle qu’il s’est ré­ser­vé) et de son de­mi-frère, Di­cky Ek­lund (Ch­ris­tian Bale), mé­ri­tait d’être por­tée au grand écran.

Di­cky, l’aî­né, dont la car­rière a été gé­rée par sa mère, Alice (Me­lis­sa Leo dont la pres­ta­tion est digne d’un os­car), a rem­por­té quelques vic­toires avant de som­brer dans la drogue et la dé­chéance. Le ca­det, Mi­cky, en­traî­né par son frère, re­met en ques­tion la ma­nière de faire fa­mi­liale, sur­tout quand il tombe amou­reux de Char­lene (Amy Adams), qui l’en­cou­rage à prendre sa car­rière en main.

PAS CONVAIN­CUE...

De Los An­geles, Me­lis­sa Leo in­siste sur le fait qu’elle ne se sen­tait ab­so­lu­ment pas prête à de­ve­nir la mère ma­ni­pu­la­trice et au­to­ri­taire de Ch­ris­tian Bale et de Mark Wahl­berg. « J’ai été ap­pro­chée en­vi­ron quatre mois avant le dé­but du tour­nage. Lors de ma ren­contre avec le réa­li­sa­teur, Da­vid Rus­sell, je n’avais pas du tout l’im­pres­sion d’être l’ac­trice qu’il fal­lait pour le rôle d’Alice. Après tout, je ne suis pas beau­coup plus vieille que Mark et Ch­ris­tian. »

Mais cet as­pect des choses (Me­lis­sa n’a que 11 ans de plus que Mark Wahl­berg et 14 de plus que Ch­ris­tian Bale) n’a gê­né ni le ci­néaste, ni même les ac­teurs. « Cinq mi­nutes après le dé­but de cette réunion, nous étions en train de dis­cu­ter du scé­na­rio », dit-elle, en­core éton­née d’avoir été le seul et unique choix de Wahl­berg. « C’est le fait que Da­vid ait vu en moi son Alice qui m’a convain­cue que je se­rai ca­pable de l’in­car­ner. »

... MAIS CONVAIN­CANTE

Toute la fa­mille Ward/Ek­lund a été im­pli­quée de près dans le tour­nage, cha­cun des ac­teurs en par­lant abon­dam­ment avec les membres. « Il était ex­trê­me­ment im­por­tant pour moi de ren­con­trer Alice, dont je me sen­tais de plus en plus proche. Plus je la tra­vaillais comme per­son­nage, plus elle me fai­sait pen­ser à ma grand-mère ma­ter­nelle », ra­conte Me­lis­sa Leo.

Afin de res­sem­bler phy­si­que­ment à cette mère à la fois sym­pa­thique et an­ti­pa­thique, dont les gestes sont po­sés d’abord et avant tout par amour pour ses fils et ses sept filles, le réa­li­sa­teur Da­vid Rus­sell a su­per­vi­sé la mé­ta­mor­phose de l’ac­trice.

«Il a de­man­dé à ce que l’on me coupe les che­veux. Il a fal­lu trois es­sais avant d’ar­ri­ver à ce qu’il dé­si­rait. » Et la trans­for­ma­tion a été un suc­cès: «Je n’ai ja­mais été mou­lée et pous­sée ain­si dans un rôle! Quand je suis sor­tie de la rou­lotte, ha­billée, coif­fée et ma­quillée, la ville de Lo­well, qui s’était ras­sem­blée sur le pla­teau, a crié: “Alice!” »

LA MAGIE DU CI­NÉ­MA

Mark Wahl­berg s’est en­traî­né quo­ti­dien­ne­ment pen­dant trois ans pour in­car­ner Mi­cky, Ch­ris­tian Bale a per­du une quin­zaine de ki­los pour jouer Di­cky et Amy Adams n’a pas hé­si­té à se plon­ger dans la psy­cho­lo­gie de Char­lene, à mille lieux de la sienne.

Et Me­lis­sa Leo ajoute: «Je me sou­viens d’un mo­ment par­ti­cu­lier du tour­nage, quand nous étions tous les quatre avec les membres de la fa­mille. Nous dis­cu­tions cha­cun avec la per­sonne que nous in­car­nions. C’était ma­gique et ex­trê­me­ment trou­blant... C’est ça la magie du ci­né­ma. »

Mé­lis­sa Leo in­carne la mère des deux boxeurs.

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