LE PLAI­SIR DE NE RIEN FAIRE

Jack Ni­chol­son ad­met que, de­puis la sor­tie de son der­nier film, Main­te­nant ou ja­mais, il y a trois ans, il mène une vie de joyeux re­trai­té.

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Jim Slotek Agence QMI

« Tout le monde me dit : “Oh mon dieu, tu ne peux pas ne pas tra­vailler”. Mais je suis en train de leur prou­ver le contraire », a confié Jack Ni­chol­son lors de la confé­rence de presse à pro­pos de Com­ment sa­voir, la der­nière comédie ro­man­tique de James Brooks.

« Je lis de nom­breux scé­na­rios, mais ils sont tous pa­reils. J’aime ne pas tra­vailler. Je sais que ce­la ne se dit pas, mais j’aime vrai­ment ça. » Il ajoute même que sa phi­lo­so­phie com­mence à conta­mi­ner d’autres per­sonnes. « J’ai eu une conver­sa­tion avec Leo (DiCa­prio, sa co­ve­dette dans le film de Scor­sese Agents troubles) et il m’a avoué : “J’aime ne pas tra­vailler!” »

Mal­gré la vo­lon­té ma­ni­feste de Ni­chol­son de se la cou­ler douce, James Brooks était sans doute le seul à pou- voir lui faire re­non­cer aux matchs de son équipe fé­tiche, les La­kers de Los An­geles.

Brooks et Ni­chol­son ont dé­jà tour­né trois films en­semble : Tendres pas­sions, Pour le pire et pour le meilleur et Broad­cast News. Les deux pre­miers ont d’ailleurs per­mis à Ni­chol­son de rem­por­ter des os­cars, res­pec­ti­ve­ment ce­lui du meilleur ac­teur dans un se­cond rôle et ce­lui du meilleur ac­teur.

« Il est pro­ba­ble­ment l’un des meilleurs scé­na­ristes du monde. C’est aus­si un ami très cher… Et quelques os­cars aident aus­si à ci­men­ter cette ami­tié », plai­sante-t-il.

TA­LENTS CO­MIQUES

Le rôle qui l’a ra­me­né de­vant les ca­mé­ras est le pre­mier du genre en 55 ans de car­rière. En ef­fet, Jack Ni­chol­son n’avait ja­mais in­car­né un père jus­qu’à pré­sent. Dans Com­ment sa­voir, il en­dosse le rôle de Charles Ma­di­son, un PDG à l’éthique dou­teuse prêt à lais­ser son naïf de fils George (Paul Rudd) prendre le blâme et al­ler en pri­son pour mal­ver­sa­tion.

Bien que pré­oc­cu­pé et tour­men­té, George se rend à un ren­dez-vous avec la tout aus­si tour­men­tée Li­sa (Reese Wi­thers­poon), une ve­dette du soft­ball qui vient tout juste d’être lâ­chée par l’équipe na­tio­nale amé­ri­caine. Elle se pré­sente éga­le­ment au ren­dez-vous, bien qu’elle soit dé­jà en re­la­tion avec Mat­ty (Owen Wilson), lan­ceur dans une ligue de ba­se­ball ma­jeure.

« Ce sont les trois plus grands ta­lents co­miques du pays. J’ai ap­pris plein de choses sur la comédie grâce à eux », in­dique Ni­chol­son.

Par­lant de James Brooks, il ajoute que ce der­nier sait écrire les co­mé­dies comme nul autre. « Dans ce film, on parle de la vie, de la mort, de crime en col blanc, de pa­ter­ni­té, de ma­ter­ni­té, au­tant de su­jets très sé­rieux, mais qu’il réus­sit à rendre amu­sants.

« J’ai sou­vent en­dos­sé des rôles de mé­chants et, en temps qu’ac­teur, il faut tou­jours être du cô­té de son per­son­nage. J’ai ai­mé jouer le rôle du père, et ce, même s’il ne s’agit pas d’un très bon père… Mal­gré tout, on peut voir qu’il aime son fils, même s’il lui

pré­fère son en­tre­prise. »

VIE DE RE­TRAI­TÉ

En dé­pit de sa ré­ti­cence à ac­cep­ter un rôle, il af­firme que le plai­sir de tour­ner de­meure. « Voyages, belles femmes, com­pa­gnons de bar… c’est vrai­ment un mi­lieu ex­tra­or­di­naire. »

Bien que son tra­vail d’ac­teur soit ter­mi­né, en de­hors de quelques ac­ti­vi­tés de pro­mo­tion, Ni­chol­son peut re­tour­ner à sa vie de drôle de re­trai­té. « J’adore me le­ver entre 11 h et 13 h… », dit-il. Que fait-il de ses jour­nées ? « Je joue au golf. J’ai quelques en­fants à l’uni­ver­si­té; aus­si, je passe beau­coup de temps au té­lé­phone. Je vais voir des amis, je pour­chasse des femmes. Je parle à mon re­pré­sen­tant au Congrès. Je vais à des en­ter­re­ments… » Et qu’en est-il des La­kers? « C’est pra­ti­que­ment un tra­vail. Il faut que je sois là », conclut-il.

PHOTO COUR­TOI­SIE

Jack Ni­chol­son joue un père, pour la pre­mière fois de sa car­rière, dans la comédie de James Brooks, Com­ment sa­voir.

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