POUR LES EF­FETS SPÉ­CIAUX ET NON POUR LE SCÉ­NA­RIO

Les chro­niques de Nar­nia : l’odys­sée du pas­seur d’au­rore 3D

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Isabelle Hontebeyrie

Film de Mi­chael Ap­ted met­tant en ve­dette Geor­gie Hen­ley, Skan­dar Keynes et Ben Barnes. À l’af­fiche pré­sen­te­ment. Réa­li­sé par Mi­chael Ap­ted, Les chro­niques de Nar­nia: l’odys­sée du pas­seur d’au­rore, troi­sième vo­let de l’adap­ta­tion des ro­mans de C.S. Le­wis, dé­çoit consi­dé­ra­ble­ment.

Les adap­ta­tions de Nar­nia semblent vouées à connaître des dif­fi­cul­tés lors de leur trans­crip­tion au grand écran. Si le pre­mier film, sor­ti en 2005 sous la ban­nière des stu­dios Dis­ney, avait été un suc­cès au box-of­fice avec des re­ve­nus mon­diaux de 739 mil­lions de dol­lars, le deuxième, en 2008, n’en avait en­gran­gé que 419 mil­lions.

Du coup pour ce troi­sième long mé­trage ra­con­tant les aven­tures des en­fants Pe­ven­sie dans le royaume de Nar­nia, ce sont les stu­dios Fox qui en ont re­pris les droits. Et trois scé­na­ristes se sont pen­chés sur cette his­toire, réa­li­sée par Mi­chael Ap­ted (qu’on connaît sur­tout pour Go­rilles dans la brume et Le monde ne suf­fit pas).

Si on peut com­prendre qu’il n’est ja­mais fa­cile d’adap­ter un ro­man pour le ci­né­ma (il suf­fit de se rap­pe­ler des chan­ge­ments ap­por­tés à l’ex­cellent La nos­tal

gie de l’ange, qui était de­ve­nu une oeuvre to­ta­le­ment dif­fé­rente – et aus­si bonne – au grand écran), force est d’ad­mettre que cette ré­écri­ture de L’odys­sée du pas

seur d’au­rore manque sé­rieu­se­ment de punch. Lu­cy (Geor­gie Hen­ley) et Ed­mund Pe­ven­sie (Skan­dar Keynes), ac­com­pa­gnés de leur dé­tes­table cou­sin Eus­tace Scrubb (Will Poul­ter) sont ra­me­nés à Nar­nia afin d’ai­der le prince Cas­pian (Ben Barnes) à éli­mi­ner les forces du mal qui me­nacent le royaume. Voi­là pour le ré­su­mé. Et la pre­mière heure du long mé­trage de 115 mi­nutes, qui de­vrait ser­vir à nous plon­ger au coeur de ce monde de faunes, d’ani­maux par­lants et de magie, ne fait qu’éti­rer in­uti­le­ment la sauce.

Les ré­pé­ti­tions abondent, comme les nom­breuses sé­quences met­tant en scène Eus­tace, jeune bri­tan­nique mal éle­vé et au sale ca­rac­tère. On sent aus­si la vo­lon­té de l’en­semble de l’équipe de faire ad­mi­rer la qua­li­té des ef­fets spé­ciaux − je pense no­tam­ment aux su­perbes si­rènes trans­lu­cides, à Ree­pi­cheep (dont la voix est in­ter­pré­tée par Si­mon Pegg) ou aux drôles de créa­tures à un pied −, mal­heu­reu­se­ment, ces mo­ments durent beau­coup trop long­temps et fi­nissent par en­nuyer.

La der­nière de­mi-heure, elle, est par­fai­te­ment réus­sie. Le com­bat des ré­gents de Nar­nia, l’ap­pa­ri­tion de la Sor­cière blanche (Til­da Swin­ton) et du lion As­lan (dou­blé par Liam Nee­son) et les ma­gni­fiques ef­fets spé­ciaux sont une pure mer­veille. Mal­heu­reu­se­ment, pour le ci­né­phile, c’est trop peu... trop tard.

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