aR­veen­co­lueer avec le suc­cès « Quand

À 61 ans, Jeff Bridges connaît une pé­riode faste dont il n’au­rait pas rê­vé il y a trois ans à peine, alors qu’il tour­nait des films qui ne fai­saient plus cou­rir les foules.

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Ke­vin William­son

La gloire sem­blait alors un phé­no­mène ré­vo­lu pour le grand ac­teur aux yeux per­çants, qui avait brillé dans Contre toute at­tente en 1985 et dans Le

mi­roir à deux vi­sages en 1996. En mars der­nier, le fils des ac­teurs Lloyd et Do­ro­thy Dean Bridges a pour­tant confon­du les scep­tiques et ren­ver­sé la va­peur en rem­por­tant son pre­mier os­car, ce­lui du meilleur ac­teur, pour le rôle d’un chan­teur coun­try al­coo­lique et pau­mé dans Cra­zy Heart.

De­puis, sa car­rière semble bel et bien re­lan­cée, bien qu’il n’ait ja­mais vrai­ment ces­sé de tour­ner. Tout est donc ques­tion de mode et de cir­cons­tances fa­vo­rables pour que son étoile brille à Hol­ly­wood.

Ce mois-ci, non pas un, mais deux de ses films sortent coup sur coup. Le 17 dé­cembre, on re­trou­ve­ra l’ac­teur dans

Tron : L’hé­ri­tage, la suite de Tron dans le­quel Bridges avait joué en 1982, et le 25 dé­cembre, on le ver­ra dans le nou­veau film des frères Coen, True Grit, aux cô­tés de Matt Da­mon. Bridges a dé­jà tour­né un film culte avec ces der­niers, soit Le grand Lebowski.

Avec le suc­cès qui est à nou­veau au ren­dez-vous, Bridges n’a pas peur de vieillir. « C’est cool d’être jeune, mais j’ap­pré­cie aus­si de vieillir, dit-il. Je tra­verse ac­tuel­le­ment une pé­riode mer­veilleuse et les choses com­mencent à fleu­rir pour moi. »

Bridges n’a ja­mais rom­pu les ponts avec Hol­ly­wood. L’ac­teur a ce­pen­dant élar­gi sa pa­lette et mon­tré quel ar­tiste com­plet som­meillait en lui : il s’est adon­né à la pho­to­gra­phie, à la mu­sique et même au mi­li­tan­tisme. Sans comp­ter qu’il a éle­vé trois filles, qui sont toutes dans la ving­taine au­jourd'hui, avec sa femme des 33 der­nières an­nées, Su­san.

DEUX RÉ­COM­PENSES

L’an­née 2009 au­ra tou­te­fois mar­qué un tour­nant par­ti­cu­liè­re­ment gra­ti­fiant pour Bridges, ce­lui de Cra­zy Heart, un drame poi­gnant qui lui a va­lu l’os­car, mais aus­si le Gol­den Globe du meilleur ac­teur.

« C’était gé­nial, a-t-il re­la­té à pro­pos des deux ré­com­penses ve­nues sur le tard. Être re­con­nu par ses pairs, par les gens qui font le même mé­tier que toi, c'est mer­veilleux. Et, par­ti­cu­liè­re­ment pour ce film qui re­pose sur la mu­sique.»

De plus, Bridges, qui joue de la mu­sique de­puis sa plus tendre en­fance, a en­re­gis­tré un al­bum avec T-Bone Bur­nett, qu’il dé­crit comme son «vieux co­pain». «C’est ce que ça prend, du temps et de la constance. Et ne pas lais­ser le muscle de la mu­sique s’atro­phier. »

Sur grand écran, il est tout aus­si oc­cu- pé avec les films Tron : L’hé­ri­tage et

True Grit. En plus de faire leur pro­mo­tion, il est aus­si oc­cu­pé par le film Pa­blo, mê­lant do­cu­men­taire et ani­ma­tion, dont il as­sure la nar­ra­tion.

Tant Tron : L’hé­ri­tage que True Grit sont em­blé­ma­tiques d’Hol­ly­wood à l’heure ac­tuelle. Ce sont des films connus des ci­né­philes.

Et Bridges dit que dans le cas de Tron, le film évé­ne­ment de l’hi­ver, il était par­ti­cu­liè­re­ment ner­veux à l’idée qu’on ex­ploite la lé­gende de l’ori­gi­nal. « J’étais in­quiet à ce su­jet. Ils ont main­te­nant la tech­no­lo­gie pour faire pa­raître l’his­toire plus fan­tas­tique. Mais je ne sa­vais pas si je vou­lais faire ce film. Puis, il y a eu des ru­meurs qu’il y au­rait ef­fec­ti­ve­ment une suite. Je suis vrai­ment heu­reux que Dis­ney ait at­ten­du que tous les élé­ments tombent en place, qu’on trouve le bon réa­li­sa­teur et le bon scé­na­rio. »

Dans Tron : L’hé­ri­tage, Gar­rett Hed­lund joue le fils du per­son­nage de Bridges, dont il cherche la trace. Oli­via Wilde, Mi­chael Sheen et Bruce Box­leit­ner par­tagent éga­le­ment l’écran.

ils sont ve­nus vers moi avec Tron : L’hé­ri­tage, j’ai vu le vrai Joe (le réa­li­sa­teur Jo­seph Ko­sins­ki) et j’ai été très im­pres­sion­né par ce qu’il était ca­pable d’ac­com­plir et son sens du de­si­gn, et le fait qu’il était un ar­chi­tecte », a dit Brigdes.

« Je l’ai ren­con­tré et il sem­blait être un homme très ou­vert et in­clu­sif. Une autre équipe au­rait pu dire : “Ne rap­pe­lons pas le gars (le réa­li­sa­teur Ste­ven Lis­ber­ger) qui a fait le pre­mier film, nous n’avons pas be­soin de lui. S'il vous plaît, ne com­pli­quons pas notre pro­jet”. Mais ils l’ont ra­me­né, ce qui a été mer­veilleux. » Lis­ber­ger a par­ti­ci­pé au scé­na­rio de Tron : L’hé­ri­tage en plus d’ap­pa­raître dans le film.

DU BON TEMPS

«Bien que ce film soit une oeuvre en soi, ceux qui au­ront vu l’ori­gi­nal re­plon­ge­ront ra­pi­de­ment dans l’his­toire qui coule de source et qui tient du mythe créé en 1982, a pour­sui­vi l’ac­teur. Mais il y avait cette idée de créer un mythe mo­derne sur notre si­tua­tion avec la tech­no­lo­gie d’au­jourd’hui et Dis­ney était très ou­vert à pro­pos de mon ap­port à ce su­jet. Ils vou­laient faire la même chose. »

Pour­tant, le stu­dio était hé­si­tant au dé­part. Bridges se rap­pelle com­ment ils ont concoc­té une bande-an­nonce avant même que le pro­jet n’ait été ap­prou­vé. L’ac­cueil par­ti­cu­liè­re­ment en­thou­siaste que ce court clip a re­çu en 2008 au Co­mic-Con à San Die­go a convain­cu la di­rec­tion de Dis­ney de faire le saut et de re­dé­mar­rer la fran­chise qui dor­mait de­puis 28 ans.

«La ré­ac­tion des gens a pous­sé le stu­dio à dire: “Nous al­lons fi­nan­cer ce pro­jet”. C’était en quelque sorte une nais­sance », a dit Bridges.

L’ac­teur, si vous ne l’avez pas de­vi­né, est ra­vi. «Mon per­son­nage de Dude (dans Le grand Lebowski) se­rait heu­reux de tout ce qui se passe: la mu­sique, les fêtes avec mes amis. J’ai vrai­ment droit à du bon temps en ce mo­ment», a conclu Jeff Bridges.

En mars der­nier, Jeff Bridges a re­çu l’os­car du meilleur ac­teur pour son rôle dans Cra­zy Heart.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.