PLUS TARD

80000 PAGES

Le Journal de Quebec - Weekend - - TÉLÉVISION - Mi­chelle Coudé-Lord MCLORD@JOUR­NALMTL.COM

MON­TRÉAL | Jeu­di soir pro­chain, Fa­bienne La­rouche écou­te­ra la der­nière de Vir­gi­nie dans un stu­dio ré­ser­vé pour l’oc­ca­sion à Ra­dioCa­na­da. Elle se­ra émue, certes, mais prête à fer­mer ce cha­pitre de sa vie. 15 ans et 80000 pages plus tard, ce tra­vail au quo­ti­dien lui au­ra mon­tré la dis­ci­pline, la dé­ter­mi­na­tion et au­ra to­ta­le­ment nour­ri sa pas­sion d’au­teure.

«Je suis prête à pas­ser à autre chose. Je me par­tage ac­tuel­le­ment entre la sai­son 3 de Trauma, la fi­na­li­sa­tion de la sai­son 2 en montage et 30 Vies, ma nou­velle quo­ti­dienne qui conti­nue de trai­ter du mi­lieu de l’édu­ca­tion que j’ai com­men­cé à tour­ner avec Ma­ri­na, qui a ac­cep­té de me don­ner quatre mois de sa vie. Car, chaque an­née au­ra un pro­fes­seur nou­veau», confie Fa­bienne La­rouche, se­reine face à ce grand chan­ge­ment dans la vie de l’au­teure. Elle a ter­mi­né l’écri­ture de la fi­nale de

Vir­gi­nie sur la route de la Flo­ride. On sait qu’elle a peur de l’avion, donc, Fa­bienne roule et ne vole pas.

« Il y au­ra une pe­tite sur­prise, mais j’ai vou­lu vivre ce­la comme de belles re­trou­vailles avec des ac­teurs qui m’ont tant don­né du­rant toutes ces an­nées. Il y a même un beau clin d’oeil à Claude Blanchard. Vir­gi­nie au­ra fait de moi une meilleure au­teure, mais avant tout une meilleure per­sonne, je crois. Je suis plus culti­vée, car tous les su­jets trai­tés à cette émis­sion, j’ai dû les étu­dier, les en­quê­ter, les maî­tri­ser. Je fai­sais mes de­voirs », dit celle qui se nour­rit d’écri­ture au quo­ti­dien.

CONSEIL DE MA­DAME PAYETTE

Elle se rap­pelle ce conseil de Mme Lise Payette, l’au­teure de la quo­ti­dienne Ma

ri­lyn.

« Elle m’avait dit : “Fa­bienne, il faut tou­jours que tu en fasses une par jour, car ce que tu ne fais pas s’ac­cu­mule.” Donc, je suis une fille su­per dis­ci­pli­née. Et je suis très fière de dire qu’en 15 ans, même avec Vir­gi­nie, j’ai par­ti­ci­pé à deux films, ai écrit For­tier, Un homme mort,

Trauma. » Par­ti­ci­per au ju­ry des Em­my, les meilleures émis­sions de té­lé­vi­sion à l’échelle in­ter­na­tio­nale, au cours des deux der­nières an­nées, l’a ai­dée à prendre sa dé­ci­sion de mettre un terme à Vir­gi­nie pour ou­vrir un autre cha­pitre en pro­duc­tion té­lé­vi­suelle.

« 30 Vies, c’est du té­lé­film au quo­ti­dien. Les moyens tech­niques nous le per­mettent. On peut faire mieux au­jourd’hui avec le même mon­tant d’ar­gent que pour

Vir­gi­nie, soit 95 000 $ par de­mi-heure. »

VIR­GI­NIE QUI A RÉ­SIS­TÉ À LA COM­PÉ­TI­TION

D’ailleurs, en té­lé­vi­sion, sur ce point, Fa­bienne La­rouche a fait école. C’est fou ce qu’elle a don­né en qua­li­té aux té­lé­spec­ta­teurs avec 80 000 $ la de­mi-heure, ce qui n’était pas sans dé­ran­ger quelques pro­duc­teurs.

Vir­gi­nie au­ra fait sa place mal­gré une com­pé­ti­tion fé­roce des autres ré­seaux.

« Je suis fière de ter­mi­ner avec une moyenne de 650 000 fi­dèles. Je crois qu’ils se­ront là pour 30 Vies. Ra­dio-Ca­na­da, que je re­mer­cie d’ailleurs, tient à ou­vrir sa soi­rée té­lé­vi­suelle en par­lant du mi­lieu de l’édu­ca­tion, d’où le pro­jet 30 Vies qui est en conti­nui­té avec Vir­gi­nie puisque ça se passe dans une po­ly­va­lente. L’écri­ture est tout à fait dif­fé­rente, car une his­toire peut du­rer maxi­mum deux se­maines et ça concerne un ou une élève de la classe. Je dois dire que Ma­ri­na Or­si­ni est très ins­pi­rante comme femme et pro­fes­seure. » Vir­gi­nie l’a-t-elle ren­du mil­lion­naire? Fa­bienne La­rouche n’aime pas par­ler d’ar­gent.

« Di­sons que je tra­vaille très fort et l’ar­gent que je gagne me per­met de gâ­ter les gens que j’aime. »

FA­BIENNE LA­ROUCHE… LA FEMME

À 52 ans, elle se dit plus en forme que ja­mais. Oui, elle a en­core peur de la mort; à cha­cune de nos en­tre­vues, on en parle d’ailleurs, car nous par­ta­geons la même han­tise; elle vit plei­ne­ment, sa­voure chaque ins­tant, tra­vaille au cô­té de son homme, Mi­chel Tru­deau, qui l’ac­com­pagne dans tous ses pro­jets; s’oc­cupe de ses pa­rents au quo­ti­dien, ses pre­miers fans; pra­tique le yo­ga et la marche pour se gar­der en forme et sur­tout res­ter bien vi­vante. Le mot vieillir ne fait pas par­tie de son vo­ca­bu­laire. Elle fait beau­coup d’ef­forts pour s’en éloi­gner. Fa­bienne La­rouche rime tout sim­ple­ment avec la vie.

Et si un jour elle est à la re­traite, même s’il est dif­fi­cile de se l’ima­gi­ner ain­si, que fe­ra-t-elle?

« Je me vois al­ler ser­vir des re­pas le mi­di dans une école ou don­ner de l’aide aux de­voirs. » Comme si Vir­gi­nie ne l’avait vrai­ment ja­mais quit­tée.

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