Meilleur que le Bye Bye?

Je ne veux sur­tout pas pré­su­mer de ce que se­ra le pro­chain Bye Bye de la SRC, mais après avoir vu 2010 re­vue et cor­ri­gée au théâtre Ou­tre­mont de Mon­tréal, je trouve que la barre est haute pour Vé­ro­nique Cloutier et Louis Morissette. De­puis que le monde es

Le Journal de Quebec - Weekend - - TÉLÉVISION - Guy Four­nier Col­la­bo­ra­tion spé­ciale gfour­nier@jour­nalmtl.com

Au Québec, jour­naux et ma­ga­zines ont tou­jours pu­blié des re­vues de l’an­née. Dès la fin du XIXe siècle (eh oui, dé­jà…), les ca­ba­rets de la Main (la rue Saint-Laurent) pré­sentent des spec­tacles de fin d’an­née dans les­quels ils ca­ri­ca­turent les po­li­ti­ciens et les prin­ci­paux évé­ne­ments de l’ac­tua­li­té, mais c’est Gra­tien Gélinas, en 1938, qui ins­ti­tue une vé­ri­table re­vue de l’an­née sur scène. Dé­gui­sé en ga­min des rues, chan­dail du Ca­na­dien de Mon­tréal sur le dos, cas­quette de tra­vers sur la tête et sling shot en main, Fri­do­lin tire sur tout ce qui a « bou­gé » au cours de l’an­née. En scène, Fri­do­lin est en­tou­ré des meilleurs co­mé­diens de l’époque : Ju­liette Bé­li­veau, Fred Bar­ry, Ju­liette Huot, Oli­vette Thi­bault et quelques autres.

LA TÉ­LÉ­VI­SION EN 1956

En 1946, Gra­tien met fin à ses re­vues et il faut at­tendre dix ans et Sa­lut 57!, dif­fu­sé au ca­nal 2, le 31 dé­cembre 1956, pour qu’une re­vue de l’an­née té­lé­vi­sée voie en­fin le jour. Les an­nées sui­vantes, Le p’tit ca­fé prend le re­lais, puis Les couche-tard et, en 1968, l’ère des Bye Bye com­mence en­fin. Avec ses hauts et ses bas. Nor­ma­le­ment, la té­lé de­vrait mar­quer la dis­pa­ri­tion dé­fi­ni­tive des re­vues de l’an­née sur scène.

Mais c’est comp­ter sans l’au­dace du Théâtre du Ri­deau Vert, qui dé­cide de re­prendre le flam­beau lais­sé par Gra­tien Gélinas. En dé­cembre, on pré­sente sur la scène du pe­tit théâtre de la rue Saint-De­nis une re­vue sa­ti­rique de l’an­née. Len­te­ment, la re­vue se bâ­tit un pu­blic, mais c’est avec Yvon Bi­lo­deau à la mise en scène qu’elle prend son en­vol et, l’an der­nier, 2009 re­vue et cor­ri­gée est pré­sen­tée au théâtre Ou­tre­mont, une salle beau­coup plus spa­cieuse.

AUS­SI VI­VANT QU’À LA TÉ­LÉ

Le spec­tacle mis en scène par Yvon Bi­lo­deau doit beau­coup à la té­lé­vi­sion. Sans la tra­di­tion des Bye Bye, 2010 re­vue et

cor­ri­gée, qu’on pré­sente à l’Ou­tre­mont de­puis le 30 no­vembre, n’au­rait pas cette re­mar­quable fac­ture vi­suelle.

La re­vue est un vrai feu rou­lant et les co­mé­diens, qui ca­ri­ca­turent ceux et celles qui ont fait la man­chette, com­posent avec des pro­jec­tions vi­déo, des ef­fets mu­si­caux et so­nores qui ponc­tuent leurs nu­mé­ros avec une pré­ci­sion d’hor­lo­ge­rie. Comme dans les Bye Bye, les chan­ge­ments de cos­tumes, de ma­quillage et de per­ruques se suc­cèdent à un rythme qui fait pen­ser à Ar­tu­ro Bra­chet­ti.

Vé­ro­nique Cla­veau, Marie-Mi­chelle Ga­ron, Martin Hé­roux, Be­noît Pa­quette, Marc St-Martin et Tam­my Verge ca­ri­ca­turent plus de 90 per­son­na­li­tés. Quelle que soit la qua­li­té du pro­chain Bye Bye, je doute fort qu’un nu­mé­ro puisse ap­pro­cher l’ir­ré­sis­tible duo de Martin Hé­roux et Marc St-Martin en Alain Gold­berg et Claude Mail­hot. Un très grand mo­ment de bur­lesque! Olivier Guimond et De­nis Drouin n’au­raient pu mieux faire.

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