`DANS L'UNI­VERS DE FRANḈOIS GI­RARD

MON­TRÉAL | Après avoir don­né Zed aux Ja­po­nais, François Gi­rard s’ap­prête à don­ner Zar­ka­na aux NewYor­kais.Yor­kais. Créa­teur ta­len­tueux,ta­len­tueux, do­té d’une concen­tra­tion à toute épreuve, François Gi­rard est ce­lui par qui le Cirque du So­leil compte conqué

Le Journal de Quebec - Weekend - - LA UNE - Da­ny Bou­chard DBOU­CHARD@JOUR­NALMTL.COM

François Gi­rard est calme, po­sé. As­sis dans la pe­tite salle de confé­rence, dans les lo­caux du Cirque, le met­teur en scène gère ap­pa­rem­ment bien la pres­sion.

« Oui, je sens la pres­sion, mais c’est une pres­sion po­si­tive, on sent que Guy (La­li­ber­té) est der­rière le pro­jet, que tout le monde est der­rière le pro­jet. On sent que c’est un pro­jet im­por­tant pour l’en­tre­prise, pour nous tous. On va là-bas pour ga­gner. »

François Gi­rard tra­vaille sur Zar­ka­na de­puis un an et de­mi. Le spec­tacle s’ins­tal­le­ra au Ra­dio Ci­ty Mu­sic Hall, à New York, en mai pro­chain. Après quoi il vi­si- te­ra­te­ra dif­fé­rents théâtres, dont ce­lui du Krem­lin, à Mos­cou.

« On est par­ti de Ra­dio Ci­ty. On s’est de­man­dé qui on était là-bas, dans le pay­sage new-yor­kais, dans le pay­sage de Broad­way. Le Cirque du So­leil dé­barque. Qu’est-ce qu’on fait? On est qui? Qu’est-Qu’estce qu’on veut dire? On est re­ve­nu vers un show très, très « cirque », qui est ins­pi­ré des cirques tra­di­tion­nels, de Co­ney Is­land, de l’âge d’or du cirque amé­ri­cain, dans les an­nées 30, qui est la pé­riode où l’on a construit Ra­dio Ci­ty. C’est un spec­tacle qui a des ra­cines dans les an­nées 30 et qui est dans la tex­ture du cirque des an­nées 30, avec ce que ça com­porte de per­son­nages acro­ba­tiques, mais aus­si de freaks. »

« Pour nous, le dé­fi, c’est d’être par­mi les New-Yor­kais, avec les New-Yor­kais, de faire un spec­tacle qui ré­sonne là-bas, et aus­si d’ha­bi­ter ce théâtre-là, qui est plus grand que na­ture. »

De fait, François Gi­rard a de quoi s’amu­ser avec le Ra­dio Ci­ty Mu­sic Hall.

« C’est la plus grande salle à l’ita­lienne du monde. C’est une cage de scène énorme, une ou­ver­ture de scène énorme. C’est un théâtre très in­té­res­sant, parce que c’est un théâtre qui est plein de fan­tômes, qui a une âme. C’est une lé­gende et ça trans­porte toutes sortes de choses. Il est très beau et il est très bien conçu. C’est d’une grande qua­li­té. »

À OR­LAN­DO

Les ar­tistes de Zar­ka­na com­mencent tout juste à ar­ri­ver dans les lo­caux du Cirque du So­leil, dans le quar­tier Saint-SaintMi­chel.Mi­chel. Les ré­pé­ti­tions com­men­ce­ront au mois de jan­vier.

« C’est ex­ci­tant, parce qu’on ar­rête d’êt-d’être dans des salles de confé­rences et de dis­cu­ter au­tour d’un tas de feuilles », confie François Gi­rard avec un large sou­rire.

Les ar­tistes et les concep­teurs se­ront à Mon­tréal jus­qu’en mars, après quoi ils dé­mé­na­ge­ront pour un mois à Or­lan­do, dans un an­cien aré­na.

« On a be­soin d’un lieu qui est suf­fi­sam­ment grand. (...). On construit une cage de scène dans la cage de scène. On a notre propre struc­ture et il faut la mon­ter ailleurs, ex­plique le met­teur en scène. C’est un aré­na qui de­vrait être dé­mo­li main­te­nant et sur le­quel on a mis un hold. Il se­ra dé­mo­li quand on sor­ti­ra. »

Les re­pré­sen­ta­tions de Zar­ka­na dé­bu­te­ront en mai, mais la pre­mière du spec­tacle est pré­vue le 29 juin.

CON­CEN­TRÉ

D’ici là, François Gi­rard reste con­cen­tré sur ce qu’il a à faire.

« Je suis plu­tôt in­dif­fé­rent face à l’am­pleur des pro­jets et je pense que c’est une bonne chose. (…) Je viens de faire unun spec­tacle de théâtre qui est mi­nus­cule et c’est tou­jours le même pro­blème: tu as un ac­teur sur scène, tu as du monde as­sis dans la salle et il faut que le spec­tacle vive. C’est ça mon tra­vail; qu’on soit dans un pe­tit dé­cor ou dans un grand théâtre avec 75 ar­tistes, c’est tou­jours le même pro­blème à la base. (…) Je suis as­sez in­sen­sible à l’échelle des choses et je pense que ça m’aide. »

Même la cri­tique new-yor­kaise, ré­pu­tée pour ses com­men­taires acides et ses cri­tiques vi­ru­lentes, ne vient pas em­brouiller son plan de match.

« C’est tou­jours la même chose. Que ce soit un spec­tacle du Cirque ou un film, on s’ex­pose in­évi­ta­ble­ment à la cri­tique, ça fait par­tie du jeu du spec­tacle. Ce qu’on doit faire, c’est un spec­tacle qui marche pour le pu­blic, et s’il marche pour le pu­blic, il va mar­cher pour la cri­tique. À New York, il y a une ten­sion par­ti­cu­lière, c’est peut-être le vol­tage le plus éle­vé si on parle du théâtre. Mais ça joue des deux cô­tés; c’est à la fois ex­ci­tant, mais ça peut aus­si être dur. Il y a un mo­ment où il faut faire abs­trac­tion de tout ça et il faut le faire mar­cher pour soi-même. Dans tous les pro­jets, on peut se sou­cier de la cri­tique, on peut se sou­cier de toutes sortes de choses, mais il y a un mo­ment où il faut re­ve­nir à soi-même, faire mar­cher le spec­tacle pour soi-même, et c’est ce que je fais pré­sen­te­ment. »

FRANÇOIS GI­RARD

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