La rafle: dif­fi­cile mais es­sen­tiel

Le Journal de Quebec - Weekend - - NEWS - Sophie Du­ro­cher Col­la­bo­ra­tion spé­ciale

Pour­riez-vous voir un film qui est un mé­lange entre La liste de Schind­ler et Le choix de Sophie? Par­fois, les films les plus dif­fi­ciles à re­gar­der sont ceux qui nous marquent à tout ja­mais. C’est le cas du film La rafle qui a pris l’af­fiche hier.

Le film ra­conte l’épi­sode le plus ignoble, le plus odieux et le plus hon­teux de l’his­toire ré­cente de la France. Le 16 juillet 1942, 15 000 Juifs ont été ar­rê­tés par les au­to­ri­tés fran­çaises, sé­ques­trés dans le vé­lo­drome d’hi­ver de Paris, puis li­vrés aux na­zis qui les ont tous ex­ter­mi­nés dans le camp d’Au­sch­witz. Une page d’his­toire d’une tris­tesse in­ouïe, ra­con­tée avec pu­deur dans ce film qui met en ve­dette Jean Re­no en mé­de­cin juif qui tente de soi­gner ses co­re­li­gion­naires et Gad El­ma­leh en père de fa­mille dé­vas­té parce qu’il a fait confiance à la France et n’a pas pu pro­té­ger ses en­fants et sa femme contre le dan­ger des na­zis.

Plu­sieurs scènes du film sont dé­chi­rantes, voire ac­ca­blantes. Voir des femmes se sui­ci­der plu­tôt que de tom­ber aux mains des na­zis ou en­tendre hur­ler des en­fants qui sont sé­pa­rés de leurs mères, ce­la glace le sang. Mais pour ho­no­rer la mé­moire de tous ceux qui ont pé­ri aux mains des Al­le­mands, nous avons ce de­voir de mé­moire. Et à tous ceux qui ont li­vré des in­no­cents aux mains des bour­reaux, nous nous de­vons de dire : « L’his­toire n’a pas ou­blié ce que vous avez fait. »

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